Accident en mer: la famille Duchenne prend Steeve Adeline à contre-pied

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Steeve Adeline a été libéré sous caution le lundi 7 mai.

Steeve Adeline a été libéré sous caution le lundi 7 mai.

La famille Duchenne réfute la version donnée par Steeve Adeline, dans sa déposition au poste de police de Blue-Bay, dimanche 6 mai, sur l’accident en mer à l’île-aux-Aigrettes. Un accident qui a eu lieu vers 11 h 30 dimanche, et qui a coûté la vie à Hervé Duchenne, âgé de 68 ans, et fait plusieurs blessés.

Steeve Adeline a soutenu que le bateau de la victime venait à grande vitesse alors que son hors-bord s’était engagé dans une passe. «Ma mère m’a confié qu’ils n’allaient pas vite. C’est l’autre bateau qui arrivait à grande vitesse», affirme Gaël Duchenne, le fils de la victime.

Le skipper de l’Horizon, un habitant de St-Hubert,  avait aussi expliqué aux enquêteurs avoir complètement ralenti mais qu’il n’a pu éviter la collision. Or Gaël Duchenne soutient que ses parents «étaient presque à l’arrêt et étaient près d’arriver à terre lorsqu’ils ont été percutés de plein fouet». Il a expliqué que la famille a retenu les services d’un homme de loi et qu’elle se battra pour que la vérité éclate afin que justice soit rendue à son père.

Steeve Adeline, 40 ans, a comparu devant le tribunal de Mahébourg, lundi après-midi. Une accusation provisoire d’homicide involontaire a été retenue contre lui. Le skipper du hors-bord a été libéré après avoir fourni une caution de Rs 20 000.

L’épouse de la victime, Maria Duchenne, 67 ans, a subi de graves blessures à la tête. Le speedboat de son époux se dirigeait vers Pointe-d’Esny lorsque le drame a eu lieu. La collision, survenue à une distance de 100 mètres de l’île-aux-Aigrettes, a projeté le couple Duchenne dans l’eau. Hervé Duchenne s’est blessé avec l’hélice du bateau.

L’autopsie pratiquée par le chef du service médicolégal de la police, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a attribué la mort du sexagénaire à de multiples blessures. L’enquête est menée par l’inspecteur Deewoo et la police de Blue-Bay, sous la supervision de l’assistant commissaire de police Ramsurrun, Divisional Commander Southern.

Et la limite de vitesse ?

Bien que dans plusieurs régions de l’île, il y ait une limite de vitesse à respecter en mer, la prudence reste de mise. Une limitation de vitesse est à respecter dans sept régions à travers l’île. À Blue-Bay, elle est de trois nœuds, à Trou-d’Eau-Douce, Grande-Rivière-Sud- Est et Belle-Mare, elle est de 10 nœuds alors qu’au Morne, Flic-en-Flac et Bel-Ombre, la limite est de cinq nœuds.

Un garde-côte explique que la vitesse autorisée dans les endroits safe est de 15 à 20 nœuds. Il faut, toutefois, que le skipper puisse contrôler et maitriser son bateau pour parer à toute situation. Une quarantaine de skippers par an sont pris en contravention pour excès de vitesse. L’amende varie de Rs 3 000 à monter, dépendant du nombre d’infractions commises. C’est à travers le Falcon radar que la NCG peut détecter les bateaux qui sont en excès vitesse. Les autorités envisagent d’installer des caméras afin de contrôler le mouvement des bateaux de plaisance dans les lagons à Maurice.

Que dit la loi

La sécurité est la priorité des skippers

Comme sur la route, la navigation est régie par des lois. Tout skipper doit, avant tout, être en possession d’un permis délivré par la Tourism Authority après des examens théorique et pratique. Selon le capitaine Mahendra Babooa, Private Marine Surveyor, n’importe quel Mauricien, à partir de l’âge de 18 ans, a le droit de faire une demande pour passer le permis.

«Cela dit, à partir de 60 ans, il faut un certificat médical pour conserver son permis», fait valoir le capitaine. «Cependant les skippers doivent être plus responsables lors de leurs activités en mer.» Mahendra Babooa indique qu’au cours de la navigation, il revient au skipper de conserver une vitesse minimale pour manier son embarcation et éviter les collisions. Cela, tout en prenant en compte les conditions en mer. «Lors de l’embarcation, le skipper doit être plus attentif. Il y a des lois que l’on met en place et il faut que les skippers les respectent. Au cas contraire, la Tourism Authority peut suspendre leur permis», ajoute Mahendra Babooa. Depuis que «nous avons mis en place des règlements nous avons beaucoup moins d’accidents. Mais un accident est toujours un de trop.»

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