Kushal Lobine: «Je ne me suis pas engagé au sein du PMSD pour obtenir un ticket»

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Kushal Lobine, nouveau porte-parole du PMSD.

Kushal Lobine, nouveau porte-parole du PMSD.

Vous êtes le nouveau porte-parole du PMSD. Comment êtes-vous arrivé à ce poste? 
Ma nomination est passée par toutes les instances du parti. Le leader, Xavier-Luc Duval, m’a choisi. Il a présenté son choix au bureau politique du PMSD qui l’a avalisé à l’unanimité. Ensuite, les membres, lors du congrès du 1er-Mai, ont ratifié ma nomination. 

Est-ce un choix pour rassurer ceux qui ne font pas partie des minorités, car, comme on le sait, le PMSD est un parti des minorités? 
Non, je ne suis pas d’accord avec vous. Le PMSD ne représente pas uniquement les minorités. Depuis quelque temps, le parti a recruté des professionnels et accorde toute son importance à la compétence. C’est dans ce sillage que le choix du leader s’est porté sur moi. 

«Il y a trop d’hypocrisie autour du Best Loser System. Tous les partis traditionnels ont obtenu des sièges avec ce système.»

Pourtant, vous n’êtes au PMSD que depuis deux ans, alors qu’on vous connaît comme un «die hard» du Parti travailliste (PTr)... 
C’est juste après le départ du PMSD du gouvernement, en décembre 2016, que je me suis joint aux Bleus. Je considère la Constitution du pays comme un livre sacré. Déjà, quand le gouvernement envisageait d’amender la Constitution, en décembre 2016, pour réduire le rôle du Directeur des poursuites publiques, je me suis élevé contre cela. 

En 2003, j’étais l’avocat de Raju Mohit, qui avait déposé une Private Prosecution contre Paul Bérenger dans l’affaire Toorab Bissessur. On ne peut pas prendre la Constitution à la légère. Donc, comme le PMSD est un parti qui réfléchit deux fois avant tout amendement à la Constitution, j’ai préféré m’associer à ce parti. 

Et pourtant, vous avez trouvé que l’ancienne présidente de la République avait raison quand elle avait décidé de mettre sur pied une commission d’enquête, alors qu’on sait que la Constitution ne le permet pas… 
Je maintiens ma position. Personne, ni vous ni moi, ou encore aucun homme de loi n’a prouvé que cela ne peut se faire. Les clauses de l’article 64 de la Constitution n’ont pas été testées en Cour suprême. 

«Nous ferons alliance avec un parti qui a, dans son projet de société, par exemple, la mise sur pied d’un comité constitutionnel pour décider de toutes les nominations politiques.»

Revenons au «Best Loser System». Le PMSD est qualifié de parti rétrograde quand son leader dit qu’il est en faveur du maintien de ce système, de même que de la réintroduction du recensement ethnique, aboli en 1982. Qu’en pensez-vous? 
Il y a trop d’hypocrisie autour du Best Loser System. Tous les partis traditionnels ont obtenu des sièges avec ce système. Ces partis placent des candidats dans des circonscriptions selon leur appartenance ethnique et font des calculs afin de pouvoir obtenir un siège de député correctif. 

Quant au recensement ethnique de la population, déjà dans le questionnaire de Statistics Mauritius, il y a des questions à ce sujet. On vous demande votre religion. Comme l’a expliqué Xavier-Luc Duval, plusieurs pays, dont l’Angleterre et le Canada, veulent connaître l’appartenance ethnique de leur population. Cela, pour les besoins d’un meilleur service de santé, pour un emploi ou pour un logement. On peut connaître les manquements des minorités d’un pays à travers ce genre de recensement. 

Donc, Kushal Lobine va sûrement obtenir un ticket pour les prochaines élections générales? 
Non, je ne me suis pas engagé au sein d’un parti pour obtenir un ticket. Déjà, au collège Royal de Curepipe, où j’ai fait mes études secondaires, j’étais intéressé par la politique. Je demeure un passionné de la chose. J’ai des amis au sein du PTr et du MSM. C’est la première fois que j’adhère à un parti politique. Oui, j’étais proche du PTr dans le passé, mais je n’en faisais pas partie.

Avez-vous un choix de parti avec lequel le PMSD ferait alliance? 
Nous ferons alliance avec un parti qui a, dans son projet de société, par exemple, la mise sur pied d’un comité constitutionnel pour décider de toutes les nominations politiques. Et puis, au sein du PMSD, nous sommes en faveur d’un Premier ministre qui ne devrait pas dépasser plus de deux mandats successifs. 

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