Kugan Parapen: «La libération de la plage de Pomponette est un acte politique»

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Rassemblement des Mauriciens à la plage de Pomponette le mardi 1er mai.

Rassemblement des Mauriciens à la plage de Pomponette le mardi 1er mai.

«Pa ti éna “damaging property by band”, ti éna “liberation of public beach by the people”.» Et Kugan Parapen insiste sur un point en particulier : «La libération de la plage de Pomponette, c’est avant tout et surtout un acte politique.» C’était ce samedi 5 mai, lors de la conférence de presse de Rezistans ek Alternativ (REA).

C’est lors du rassemblement organisé par Aret Kokin Nu Laplaz (AKNL), REA et la General Workers Federation (GWF), le mardi 1er mai, à la plage de Pomponette que ceux présents ont fait tomber les barrages érigés autour du projet hôtelier de Clear Ocean Hotel and Resorts. Kugan Parapen est catégorique. «Il n’a jamais été question de violence gratuite, comme certains l’ont dit.»

«Si l’État, le gouvernement et Pravind Jugnauth pansé ki zot pou vinn pourswiv bann héros et héroïnes ki finn défan zot léritaz, fodé li’nn très mal conseillé ou li pé rod enn suicide politique.»

La violence gratuite, dit-il, c’est celle qui prive les Mauriciens d’une vie décente, celle qui les empêche de pouvoir nourrir leurs familles, celles qui leur arrache leur droit aux loisirs. «La décision de faire tomber les barrages à Pomponette était une décision collective, prise à main levée et cela s’est fait dans la discipline», souligne le membre de REA.

D’ajouter que ce n’était pas par plaisir, mais pour faire un «statement». «Les Mauriciens ne reculeront pas pour protéger leurs plages et leurs biens communs», fait-il valoir. Kugan Parapen a salué, dans la foulée, ces personnes, membres de REA, d’AKNL, de la GWF, ces Mauriciens engagés qui «ont eu le courage de mettre en jeu leur liberté personnelle pour défendre ce en quoi ils croient».

«Des centaines de Mauriciens ont revendiqué publiquement, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la presse, la libération de la plage de Pomponette.»

Sept membres d’AKNL et de REA ont été interpellés après que les barrages à Pomponette ont été enlevés. Il s’agit de Kugan Parapen lui-même, Yan Hookoomsing, Carina Gounden, Vela Gounden, Jean-Yves Chavrimootoo, Ashok Subron et Stefan Gua. Malgré des actes d’intimidation, ils ont quitté le poste de police de Chemin-Grenier sans qu’aucune accusation ne soit retenue contre eux, jeudi 3 mai.

Et si les autorités pensent qu’en arrêtant des activistes, ils effrayeront les autres et que ces derniers feront marche arrière, «ils font une grave erreur». Kugan Parapen fait valoir que «des centaines de Mauriciens ont revendiqué publiquement, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la presse, la libération de la plage de Pomponette».

Tout cela démontre clairement que «nous sommes prêts à assumer les conséquences de nos actes. Nous en sommes fiers». Donc, poursuit-il, si l’État veut aller de l’avant et inculper formellement les centaines de Mauriciens présents ce jour-là à Pomponette, «li most welcome».

«Le 1er mai 2018, REA, AKNL, la GWF et tous les Mauriciens qui ont à coeur leur pays ont enregistré une victoire. Pomponette, après le 1er mai 2018, est une plage libérée et qui restera libre.»

Reste que «si l’État, le gouvernement et Pravind Jugnauth pansé ki zot pou vinn pourswiv bann héros et héroïnes ki finn défan zot léritaz, fodé li’nn très mal conseillé ou li pé rod enn suicide politique», met en garde Kugan Parapen.

D’autant que le 1er mai, un «déclic» s’est produit, affirme-t-il. «Le 1er mai 2018, REA, AKNL, la GWF et tous les Mauriciens qui ont à coeur leur pays ont enregistré une victoire. Pomponette, après le 1er mai 2018, est une plage libérée et qui restera libre.» Et cette action collective ayant mené à la «libération» de la plage, dit-il, est la preuve qu’en agissant ensemble, les Mauriciens pourront réaliser leurs aspirations pour une societé meilleure.

Néanmoins, avance Kugan Parapen, il n’a rien contre la construction des hôtels. Il fait cependant ressortir que nous sommes arrivés à un point de saturation. «C’est le modèle de développement touristique qu’il faut revoir. Pa pé dir bizin aret konstrir lotel. Ce que nous contestons, ce sont la construction d’hôtels sur les plages publiques.»

De son côté, Stefan Gua est revenu sur la Déclaration de Pomponette. «Pomponette cristallise le combat sur la question écologigue. Pomponette cristallise l’inégalité sociale à Maurice.» Et c’est pourquoi REA demande à tous ceux qui aspire à une société meilleure de «se rallier derrière la Déclaration de Pomponette. Cela jettera les bases d’une nouvelle politique concernant nos biens communs».

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