Affaire Sobrinho: la Financial Services Commission de retour à la commission anticorruption

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Des membres de la Financial Services Commission (FSC) devraient faire leur retour à l’Independent Commission against Corruption (ICAC) dans les jours à venir. Si au début de l’enquête de l’ICAC, le 29 mars, quatre fonctionnaires avaient été entendus sur l’affaire Álvaro Sobrinho, cette fois ce sont de hauts responsables de la FSC qui seront appelés à fournir certaines informations relatives aux permis d’opération de l’homme d’affaires angolais dans le secteur offshore.  

L’un des récents coups d’éclat de la FSC sur cette affaire a été de suspendre, le 27 mars dernier, l’Investment Banking Licence d’Alvaro Sobrinho Africa Limited après des investigations menées par la police depuis mars 2017. La FSC pourrait se retrouver en mauvaise posture, surtout liée aux allégations de pressions politiques exercées sur le conseil d’administration.  

Le conseil aurait accordé des permis à l’homme d’affaires angolais malgré des rapports défavorables venant d’experts, notamment Kroll, et contre l’avis de certains membres du board, dont le Solicitor General, Dhiren Daby. Alors qu’il était question d’approuver les demandes de licences des compagnies de l’homme d’affaires controversé, au total quatre membres de la FSC avaient démissionné en une semaine, en juin 2017. Parmi eux, Warda Dulmar Ebrahim, Rhoy Ramlackhan et Jacques Li Chung.  

La commission anticorruption, qui mène l’enquête, devra établir si des membres du gouvernement, de hauts fonctionnaires et des institutions du pays ont reçu des pots-de-vin d’Álvaro Sobrinho contre les permis accordés à sa compagnie. C’est du moins ce qu’allègue l’expéditeur de la lettre anonyme en possession du Premier ministre.  

Ce volet financier devrait aussi concerner l’implication de la State House, qui s’est intéressée de près à ce que le milliardaire angolais obtienne ses licences au plus vite. L’ancien secrétaire à la Présidence, Dass Appadu, est celui qui pourrait éclairer les enquêteurs, surtout sous les provisions de la Prevention of Corruption Act. Le fonctionnaire avait pris un congé sans solde de la Fonction publique, pour aller travailler dans une des compagnies de Sobrinho.  

Immobilier  

Les hommes de Navin Beekarry prévoient également de poursuivre leurs investigations sur l’aspect des investissements immobiliers de l’homme d’affaires angolais. Après une descente au complexe Royal Park, à Balaclava, jeudi dernier, le président du board de ce projet immobilier, Sydney Bathfield, pourrait retourner pour la troisième fois dans les locaux de l’ICAC, à Réduit. La commission serait peu satisfaite jusqu’ici de la collaboration de la société immobilière, qui a déjà vendu 12 villas à Álvaro Sobrinho, pour Rs 355 millions, sous le Property Development Scheme et deux autres sous le Real Estate Scheme.  

Autre déposition très attendue, celle de Bernard Maigrot, directeur exécutif de Royal Park. Il serait celui qui aurait agi comme facilitateur et aurait fait le lien entre l’Angolais et des membres du gouvernement, pour accélérer l’implantation du businessman à Maurice.  

Dans le cadre de cette enquête, l’ancien directeur du Board of Investment (BoI), Ken Poonoosamy, devrait également revenir au siège de l’ICAC cette semaine. Il sera appelé à confirmer les dires de René Leclézio, ancien membre du conseil d’administration du BoI, qui avait démissionné le 21 septembre dernier. 

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