Krish Ponnusamy: «Il faut une réforme électorale pour faire entendre toutes les voix»

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Krish Ponnusamy, ancien haut fonctionnaire et ex-président du «National Pay Council».

Krish Ponnusamy, ancien haut fonctionnaire et ex-président du «National Pay Council».

Krish Ponnusamy semble ne pas connaître le mot retraite. L’ancien grand commis de l’État ne peut rester inactif. Quand il atteint l’âge de la retraite, en 2008, il s’inscrit pour un Master en Corporate Social Responsibility à l’université de Technologie. «Je suis entré dans la fonction publique très jeune. À l’époque, je n’avais pas les moyens pour entreprendre des études universitaires. À ma retraite, je me suis rattrapé, pour mon plaisir», confie l’exSenior Chief Executive au ministère des Infrastructures publiques.

Après sa retraite, Krish Ponnusamy s’est engagé au sein de plusieurs organisations. Membre de Transparency Mauritius, il trouve également le temps pour s’activer au sein de Democracy Watch et de la Mauritius Renewal Society. «Les membres de ces organisations réfléchissent aux problèmes de société et font des propositions. C’est dommage que ces think tanks ne soient pas écoutés.» Le citoyen expérimenté trouve que les politiciens se privent de grandes compétences en se limitant à leurs proches quand ils choisissent leurs conseillers.

Observateur attentif de l’évolution de la société mauricienne, Krish Ponnusamy reconnaît que les animateurs des formations considérées comme de petits partis politiques font des propositions qui pourraient contribuer au progrès social. Toutefois, leurs idées ne sont pas prises en compte par des partis du mainstream. «C’est pourquoi je pense qu’il nous faut une réforme électorale pour faire entendre toutes les voix. C’est quand on entendra des opinions autres que celles des principaux partis que notre démocratie gagnera en maturité», ajoute-t-il.

Depuis longtemps, Krish Ponnusamy nourrit une passion pour les affaires de l’État. Il a tout juste 18 ans quand il est recruté comme Clerical Assistant dans la fonction publique. «J’ai eu la chance de me retrouver à l’Establishment Division, donc au cœur de l’administration.» Il est amené à côtoyer les collaborateurs des Britanniques qui géraient, avec rigueur, les services de l’État. «Parfois, je pouvais voir le secrétaire colonial, Tom Vickers, à l’œuvre. À cette époque, il y avait une discipline de fer.»

Le jeune clerc a de l’ambition. Il ne veut pas rester simple rond-decuir. «Je bouquinais beaucoup afin de pouvoir rivaliser avec les universitaires lors des examens.» Les efforts du jeune portlouisien sont récompensés. Il gravit très vite les échelons.

En 1972, Krish Ponnusamy devient le plus jeune Executive Officer. Puis, il obtiendra d’autres promotions. C’est en 1991 qu’il est nommé Permanent Secretary. Il est affecté au ministère du Tourisme. Plus tard, il tournera dans plusieurs ministères et sera le principal collaborateur de personnalités de premier plan : Paul Bérenger, Ramduth Juddoo et Anil Gayan aux Affaires étrangères, Rashid Beebeejaun aux Infrastructures publiques.

C’est sans doute cette expérience accumulée qui pousse Rama Sithanen, alors ministre des Finances, à nommer Krish Ponnusamy à la présidence du National Pay Council en 2008. Ce dernier y restera deux ans.

Aujourd’hui, le retraité garde toujours une grande disponibilité. En dépit de ses multiples engagements, il répond à l’appel de deux anciens ministres: Ramduth Juddoo pour la Mauritius Economic Society et Armoogum Parsuramen pour la Global Rainbow Foundation. Et il ne néglige pas, non plus, ces cinq petits enfants.

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