Origines: La fusillade de Flacq SE, déclic de la célébration des travailleurs

Avec le soutien de
Le 1er mai 1938, les travailleurs se réunissent au Champ-de-Mars pour célébrer pour la première fois la Fête du travail.

Le 1er mai 1938, les travailleurs se réunissent au Champ-de-Mars pour célébrer pour la première fois la Fête du travail. 

Mardi ce sera la grande bataille des foules. La Fête du travail, tellement symbolique et fruit de la lutte des salariés, n’est pourtant pas de leur fait. Brin d’histoire. 

On célèbre, cette année, les 80 ans de la Fête du travail à Maurice. Or, durant ces 20-25 dernières années, les partis politiques volent la vedette aux syndicats. Cette année encore, les politiciens vont marquer leur présence mardi. 

Pourtant, comme dans beaucoup de pays, c’est la lutte des travailleurs, notamment ceux de l’industrie sucrière, et leurs leaders syndicaux, qui a conduit à la célébration du 1er-Mai chez nous. Dev Luchmun, ancien conseiller au ministère du Travail et des relations industrielles et aujourd’hui consultant en relations industrielles, nous fait le récit de l’origine de la Fête du travail à Maurice. 

Tout commence en août 1937, lors d’une fusillade à l’établissement sucrier de Flacq Sugar Estate (Flacq SE). Quatre travailleurs y perdent la vie. Le gouvernement nomme une commission d’enquête pour faire la lumière sur cet événement. 

C.A. Hooper, procureur, préside cette commission d’enquête. Il fait une série de recommandations en avril 1938, dont la plus importante est la création d’un département du travail, qui voit le jour. Celui-ci est dirigé par H.T. W Oswell.

Ce département allait devenir le ministère du Travail en 1957. Le Dr Edgar Millien sera nommé le premier ministre du Travail. Parmi les six inspecteurs de ce ministère, se trouvent, entre autres, Kissoonsing Hazareesingh et Jay Narain Roy.

Entre-temps le 1er mai 1938, Maurice Curé, fondateur du Parti travailliste, rassemble plus de 25 000 travailleurs au Champ-de- Mars. La mobilisation a commencé depuis la veille. 

Le Dr Maurice Curé prenant la parole en 1938.

Des travailleurs, venant de tous les coins du pays, se rendent dans la capitale à pied, à bicyclette ou par charrette et train. Devant cette manifestation populaire, le département du Travail nomme Abdool Rahman Osman, du Parquet, pour rédiger des règlements sur les conditions de travail des employés. 

Il prépare ainsi l’Industrial Association Ordinance, qui permet aux travailleurs du pays de se regrouper au sein d’associations pour la première fois. Auparavant, il était illégal de se retrouver au sein des associations. 

Toujours en 1938, le gouvernement introduit le Labour Ordinance, qui apporte des changements importants aux conditions de travail et aux salaires (Voir les décisions les plus importantes plus loin). 

Par la suite, plusieurs leaders syndicaux se signalent, dont les plus connus sont le pandit Harryparsad Ramnarain, Sharma Jugdambi qui mobilisent les travailleurs agricoles, et Emmanuel Anquetil, qui se concentre sur les conditions d’emploi des artisans. 

Le 29 décembre 1946, survient le décès d’Emmanuel Anquetil. Guy Rozemont porte le flambeau de l’Engineering and Technical Workers Union, fondée par le tribun, qui deviendra l’Artisans General Workers Union. 

Le 29 avril 1949, grâce à une motion de Guy Rozemont, membre du conseil législatif, le 1er mai est déclaré jour férié. En 1950, les Mauriciens ont ainsi un congé à cette date pour la première fois. Le flambeau du syndicalisme est repris une vingtaine d’années plus tard par le Mouvement militant mauricien et Paul Bérenger. 

Dev Luchmun, consultant en relations industrielles
Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires