Surinam: un handicapé «battu avec une lance par son père»

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Captures d’écran de la vidéo montrant la violence que semble subir le jeune handicapé (en T-shirt orange).

Captures d’écran de la vidéo montrant la violence que semble subir le jeune handicapé (en T-shirt orange).

Traumatisé, ce jeune de 23 ans raconte que son père le frappe souvent. Une vidéo montre d’ailleurs le père lui assénant des coups de pied. Celui-ci a été arrêté vendredi 27 avril.

Il vivrait dans des conditions inhumaines et serait victime de maltraitance. Un handicapé, qui souffre aussi de problèmes de santé, a été admis à l’hôpital Jawaharlal Nehru, à Rose-Belle, jeudi après-midi. L’habitant de Surinam, âgé de 23 ans, soutient que son père le frappe souvent. Ce dernier, un homme de 49 ans, nie les allégations. Il a été arrêté hier soir. Il sera traduit devant la Bail and Remand Court aujourd’hui.

Nous avons visionné une vidéo où le jeune homme était à terre. Son père lui donnait des coups de pieds et le frappait à coups de tuyau d’arrosage. «Pa bat li. Pa bat li», criaient les gens autour d’eux. Mais personne ne pouvait s’interposer.

Suivant une requête, la police de Souillac a été appelée chez le jeune homme. Ce dernier, qui ne peut se déplacer et circule sur une chaise roulante, était seul et livré à lui-même. Interrogé, il a demandé aux policiers de le sortir de là, indiquant être victime de maltraitance de la part de son père.

En débarquant chez le jeune handicapé, les policiers ont fait un constat accablant. Le jeune homme vit dans une modeste pièce privée de fourniture d’eau et d’électricité. Il n’a ni toilettes ni salle de bain. C’est dans un ustensile qu’il fait ses besoins. L’enquête est menée par le sergent Cheetamum et la police de Souillac, sous la supervision du chef inspecteur Baureck.

Le jeune handicapé, enfant unique, vit seul avec son père depuis le décès de sa mère, il y a huit ans. Parfois, sa grand-mère, qui vit à quelques pas de chez lui, vient s’occuper de lui. Mais, selon lui, la plupart du temps il est seul. Il raconte aux enquêteurs que son père, qui travaille comme maçon, quitte la maison tous les jours à 6 heures et ne rentre qu’à 21 heures.

De son côté, le père que nous avons rencontré chez lui avant son arrestation, nie maltraiter son enfant. «Mo zanfan so latet fatigé, sa mem li dir sa parfwa, mé mwa zamé mo pa bat mo zanfan. Mo travay mo viv pou mo zanfan. Ou krwar mo pou bat li avek enn lans ?» relate-t-il.

Selon lui, parce qu’il a eu un problème de voisinage, des gens veulent lui faire avoir des ennuis. «Mo mizer, mo pa kapav fer otreman, mé mo okip li, selman mwa ek mo mama», poursuit-il.

Le jeune homme, que nous avons rencontré à l’hôpital, nous a expliqué que son père le frappait. Toutefois, lorsque son père est arrivé, il a eu l’air traumatisé et a dit que son père ne le frappait pas.

 
 
 
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