Plaisance Shopping Village: Apavou, un groupe avec ses déboires

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San Cooroopdass (en médaillon), d’Apavou Immobilier, parle de «succès» pour l’ouverture du Plaisance Shopping Village.

San Cooroopdass (en médaillon), d’Apavou Immobilier, parle de «succès» pour l’ouverture du Plaisance Shopping Village.

Sourire à Maurice, grimace à La Réunion. C’est ainsi qu’on peut résumer les opérations du groupe Apavou, qui vient d’ouvrir un centre commercial à Rose-Belle, mais qui cumule des millions d’euros de passifs à l’île soeur…

En eaux troubles à La Réunion pour des problèmes financiers, le groupe Apavou est venu investir à Maurice, malgré son passé controversé dans le secteur du tourisme chez nous. Depuis mercredi, le nouveau centre commercial, baptisé Plaisance Shopping Village, est opérationnel dans le Sud.

Apavou Immobilier Ltée a investi la bagatelle de Rs 700 millions dans Plaisance Shopping Village, à Rose-Belle. Ce projet, aménagé sur un terrain de 80 000 mètres carrés, dispose de 130 boutiques, une vingtaine de restaurants, 3 000 mètres carrés de supermarchés, 5 000 mètres carrés de parcs de loisirs et un espace de parking pour 800 véhicules.

Or, à pratiquement 200 kilomètres de là, à La Réunion… Le groupe Apavou est devant le Tribunal du commerce, qui a mis neuf de ses onze sociétés en liquidation pour des dettes (des passifs) de 130 millions d’euros, soit environ Rs 5,2 milliards, principalement pour une ligne de crédit et des sommes non payés au fisc et à la Sécurité sociale pour la cotisation salariale. Ce qui a provoqué le licenciement de 80 salariés.

Ce tribunal a jugé que le plan de redressement proposé par le groupe, pour une période de dix ans, n’est pas soutenable. Après que le tribunal du commerce a mis en liquidation ses sociétés, le groupe Apavou a fait appel devant la cour de St-Denis. L’affaire sera prise en juin, nous explique Julien Delarue, journaliste au Journal de l’île de La Réunion (JIR).

À la suite de cette décision du tribunal, le groupe Apavou avait émis un communiqué, pour dire que «le groupe Apavou, à La Réunion, ce sont 425 millions d’euros d’actifs pour 130 millions d’euros de dettes». La liquidation de l’hôtel Saint-Denis, fleuron du groupe et de l’hôtellerie, a conduit à sa vente. Sur quatre offres déposées pour son rachat, c’est le groupe malgache Enac et son offre de 8 millions d’euros qui a été retenue.

Le JIR s’étonne, d’ailleurs, dans son édition d’hier, du contraste entre la situation ici et là-bas. Sous le titre «dans la tourmente à La Réunion, Apavou voit les choses en grand à Maurice», il explique que «si le groupe Apavou est en pleine déconfiture à La Réunion, tout va pour le mieux chez nos voisins mauriciens»

Mais, à Maurice également, dans le passé, le groupe Apavou avait connu des difficultés financières. En 2014, il avait dû abandonner quatre hôtels en raison des difficultés financières. Il s’agit de La Plantation Resort & Spa, Indian Resorts & Spa, Le Mornea et le Moreva. Les tentatives de sauver ces quatre hôtels, par le biais d’une prise en charge judiciaire de l’administration, n’avaient pas abouti.

Mais, à Maurice également, dans le passé, le groupe Apavou avait connu des difficultés financières. En 2014, il avait dû abandonner quatre hôtels en raison des difficultés financières. Il s’agit de La Plantation Resort & Spa, Indian Resorts & Spa, Le Mornea et le Moreva. Les tentatives de sauver ces quatre hôtels, par le biais d’une prise en charge judiciaire de l’administration, n’avaient pas abouti.

Finalement, le groupe a été contraint de s’en séparer, en les offrant à la vente. Le groupe avait également cédé l’hôtel Ambre, en 2011, en raison des difficultés financières. Quand les hôtels ont été mis en liquidation, les employés craignaient pour leur emploi car ils avaient été mis devant le fait accompli une semaine avant leur fermeture.

Toutefois, ces déboires ne semblent pas nuire aux finances personnelles d’Armand Apavou. Sa fortune a été estimée à 500 millions d’euros (Rs 21 milliards) par le magazine Challenges pendant deux années consécutives, 2016 et 2017. Apavou et sa famille étaient 169e au rang des plus grandes fortunes de France l’an passé, et il en est le premier Réunionnais.

Un bâtiment forcé à la fermeture pour manque de sécurité

Le groupe Apavou ne connaît pas que des déboires financiers. Quelques jours après la décision du Tribunal du commerce, le JIR révèle une affaire concernant l’immeuble Futura, considéré comme le fleuron du groupe. Le journal fait état du fait que la préfecture et la marie de Saint-Denis avaient servi un arrêt de fermeture au propriétaire du bâtiment en mars 2017, mais qu’il n’a jamais été appliqué. Les inspections, écrivent les journalistes, avaient noté des manquements au niveau de la sécurité, surtout en cas d’incendie, de ce bâtiment fréquenté par 700 personnes quotidiennement. En réaction, le groupe Apavou a apporté des éléments complé- mentaires au JIR, expliquant que «sur les cinq problèmes, quatre ont été levés au moment de l’arrêté». «Alors pourquoi la mairie a pris tout de même un arrêté de fermeture ?» se demande le JIR. Olivier Moshirpur, le directeur administratif et financier du groupe, «met en avant des échanges “oraux” avec la municipalité qui n’ont pas été forcément formalisés».

Le marché mauricien intéresse de plus en plus l’investisseur

 Il se propose d’investir une somme de Rs 9,6 milliards dans une Smart City à Petite-Rivière, plus précisément à La Joliette. Sur 25 hectares, il ambitionne de développer un nouveau centre urbain écologique et créer 1 500 emplois. La nouvelle ville fera la part belle à plus de 1 600 unités résidentielles (nommées «Terre d’été») et environ 190 logements pour les étudiants, un centre commercial pourvu d’un supermarché, des espaces bureaux, des clubs de sport et un hôpital. «Le gouvernement mauricien a déjà donné son accord pour la réalisation de ce projet. Apavou Immobilier en est d’ailleurs déjà à un stade avancé dans la finalisation de son dossier, qui sera ultérieurement déposé pour un Environmental Impact Assessment, auprès du ministère de l’Environnement. Les travaux devront en outre commencer dès 2018», écrivait le site web «Immobilier île Maurice», en décembre dernier. À Ébène, le groupe Apavou ambitionne de lancer un projet immobilier à la Cybercité.

San Cooroopdass, d’Apavou immobilier: «Reculer pour mieux sauter»

 «On a reculé pour mieux sauter.» C’est ce qu’a déclaré à «l’express», hier, San Cooroopdass, directeur général d’Apavou Immobilier Ltée, à la suite de l’ouverture du centre commercial de Rose-Belle. «Il est vrai que dans le passé on a connu des déboires avec la vente de quatre hôtels, maintenant, c’est chose du passé. On regarde l’avenir avec sérénité. On a démarré le projet immobilier à Ébène et nous finalisons le projet de Smart City.» Il a aussi affirmé que ce qui se passe actuellement à La Réunion n’a rien à faire avec les activités à Maurice. «Bien qu’on fasse partie du même groupe, on est une entité séparée.» Parlant du centre commercial de Rose-Belle, il estime que celui-cia connu un immense succès dès son ouverture. «Nous connaissons actuellement un succès d’affluence à cet endroit.»

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