Poursuivi à la place d’un autre: «Mo sagrin enn érer inn gat mo lavi…»

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Le constable Raj Kumar Iramon dit qu’il a clamé son innocence depuis le début de cette affaire.

Le constable Raj Kumar Iramon dit qu’il a clamé son innocence depuis le début de cette affaire.

Il a perdu sept ans de sa vie… à cause d’une erreur judiciaire. Le constable Raj Kumar Iramon se dit amer. Triste, surtout. «Une fausse charge pesait sur moi depuis 2011. Mo sagrin enn érer inn gat mo lavi…»

C’est en 2011, plus précisément le 16 août, que sa vie bascule. Âgé de 28 ans, le constable Raj Kumar Iramon était alors affecté à la Special Mobile Force. Il est suspendu quand une accusation provisoire de complot est déposée contre lui. Il lui est reproché d’avoir ourdi un complot avec un dénommé Khemraj Boolaky pour entraver une enquête policière à Gros-Billot.

«Au début, on m’avait accusé d’homicide involontaire. J’avais été détenu pendant une semaine», révèle Raj Kumar Iramon. Au bout de cinq ans, il est informé qu’une accusation formelle de complot a été déposée contre lui par le Directeur des poursuites publiques.

Le procès a été appelé en mars devant la cour intermédiaire. En présence de son homme de loi, Me Anupam Kandhai, le constable devait insister qu’il n’était nullement concerné par cette affaire. «J’ai clamé mon innocence depuis le début de l’enquête. J’ai aussi sollicité la justice, expliquant qu’il devait s’agir d’une erreur.»

Réputation ternie

Après vérification, le State Law Office a concédé qu’il s’agissait, en effet, d’une erreur. Et que c’est une autre personne qui devait être poursuivie à la place de Raj Kumar Iramon. L’affaire a donc été classée.

Pourtant, le constable ne peut tirer un trait aussi facilement sur cette affaire. D’autant qu’il a perdu sept ans de sa vie. «Ce procès a affecté ma carrière, ma famille et mon moral», confie l’habitant de Plaine-Magnien. Et d’ajouter qu’il n’a pu se marier à cause de cette erreur judiciaire. «Personne ne voulait d’un homme qui faisait face à un procès.»

Et même s’il continuait à toucher son salaire, cette accusation a gâché sa réputation. «J’étais mal vu parmi mes collègues.» Idem pour ses voisins qui laissaient entendre qu’il était un criminel.

Et maintenant, que compte-t-il faire ? «Je n’écarte pas la possibilité d’entamer des poursuites à cause de cette erreur.»

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