Secteur financier: «Des articles de presse donnent trop dans le sensationnalisme», dit Sesungkur

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Sudhir Sesungkur, ministre des Services financiers et de la bonne gouvernance.

Sudhir Sesungkur, ministre des Services financiers et de la bonne gouvernance. 

Dans quelle mesure les différents scandales financiers (Álvaro Sobrinho, Quantum GlobalJean-Claude Bastos, etc.) sont-ils venus fragiliser la juridiction mauricienne ?  

Nous avons fait un long chemin depuis le lancement du secteur financier. Aujourd’hui, Maurice a une réputation mondiale. La juridiction mauricienne est davantage sous pression à cause des articles de presse qui donnent trop dans le sensationnalisme sans s’appuyer sur des analyses de fond.  

Je persiste et signe : Maurice n’est pas un paradis fiscal. Il n’y a qu’à voir notre réputation sur le plan mondial comme centre financier. D’ailleurs, nous sommes en règle avec les normes et standards au niveau international, surtout les normes imposées par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Union européenne.  

Le centre financier mauricien a plus de 25 années d’existence. Le secteur offshore jouit d’une solide réputation. Il est actuellement en plein essor, avec 22 094 compagnies réparties dans deux types de sociétés opérant dans le secteur local du Global Business. La première catégorie, le Global Business Companies 1, se compose de 11 686 compagnies et la seconde, le Global Business Companies 2, en compte 10 408. 

En dépit de la rigueur exercée pour contrôler les activités des sociétés du Global business, est-il possible que des «brebis galeuses» aient pu passer à travers les mailles du système de contrôle comme c’est le cas dans d’autres secteurs ? 

Il y a sûrement parmi quelques compagnies des brebis galeuses qui ne respectent pas toutes les conditions. Cela ne devrait pas constituer une raison suffisante pour classifier le centre mauricien des services financiers comme un centre de blanchiment. Maurice a un ensemble de lois et de règlements qui régissent les activités du secteur financier. Il existe plusieurs garde-fous.  

Les compagnies qui veulent s’implanter ont l’obligation de respecter les lois. L’organisme régulateur est, lui, tenu de rapporter les cas douteux. Il faut accepter qu’aucune juridiction n’est à l’abri de l’élément risque qui est toujours présent et ne peut être totalement éliminé.  

Le gouvernement et le ministère des Services financiers comptent bien préserver et protéger la réputation de Maurice comme un centre financier transparent et sans reproche. Ils continueront à améliorer l’encadrement légal et technique. Je veux que Maurice se positionne pour devenir le premier centre financier de l’hémisphère Sud. 

La Financial Services Commission (FSC), l’organisme régulateur du secteur des services financiers, a pris un certain nombre de mesures parmi lesquelles le gel de comptes dans le but d’éviter le pire et protéger l’intérêt et la réputation du centre financier. La FSC a-t-elle été suffisamment proactive ? 

Un exercice de capacity building est en cours. Il s’agit d’une importante somme de travail qui, à terme, va permettre d’abandonner les habitudes du passé. Il y aura un changement de style. Je ne vais pas tolérer des actions et des pratiques qui pourront entacher la réputation du centre financier mauricien.  

Par ailleurs, je suis pleinement confiant que la FSC est capable de devenir un organisme régulateur qui n’aura rien à envier aux régulateurs internationaux. Nous avons signé plusieurs accords notamment avec le Dubai International Finance Centre et celui de Londres. Le travail est en bonne voie et je pense que la FSC est bien partie pour se ranger au niveau des autres régulateurs internationaux. 

Pensez-vous que le Blueprint et l’étude McKinsey comprennent des mesures pour protéger notre centre financier et le positionner dans une nouvelle étape de son développement ? 

J’ai eu des discussions fructueuses avec les représentants de McKinsey en vue de finaliser le Blueprint. Le but recherché est d’améliorer l’image de Maurice sur le forum international. En même temps, ce Blueprint devrait contenir des dispositions favorisant plus de collaboration entre institutions financières et organismes régulateurs. Le Blueprint sera un excellent outil capable de contribuer à davantage consolider les assises du centre financier tout en éliminant les faiblesses existantes. 

Le succès d’un centre financier repose sur la confiance. Dans le cas de Maurice, que faire pour rétablir cette confiance après l’éclatement de certaines affaires ? 

Je ne cesserai de le répéter : il est primordial de ne pas faire du tort au centre mauricien des services financiers. Sa réputation et son image doivent être vigoureusement protégées. Il faut des actions concrètes. Un ensemble d’initiatives qui devraient nous permettre d’envoyer le bon signal en direction d’opérateurs potentiels qui souhaitent investir à Maurice.  

Quand un investisseur constate que les autorités n’hésitent pas à prendre des actions appropriées contre ceux qui ne respectent pas les règles et ne jouent pas le jeu, il sera davantage mis en confiance pour venir investir. C’est ainsi qu’il est assuré de ne pas être floué.  

Nos principales forces résident, entre autres, dans le déploiement d’un cadre réglementaire solide. Il faut que les investisseurs viennent à Maurice en toute confiance et ne soient soumis à aucune autre forme de contrainte sauf à celle qui les oblige à respecter les lois du pays. 

Maurice a signé de multiples accords commerciaux bilatéraux à travers l’Afrique. Ce qui signifie que les investisseurs mondiaux, les commerçants et les sociétés constituées sous le régime de «private equity» qui installent leur base d’opération à Maurice peuvent bénéficier d’un accès préférentiel à un certain nombre de marchés africains clés et des centaines de millions de clients. 

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