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Jean-Claude Bastos de Morais, fondateur de Quantum Global.

Jean-Claude Bastos de Morais, fondateur de Quantum Global.

25 février 2014 : la Financial Services Commission (FSC) reçoit quatre demandes de permis pour des sociétés offshore. Le nom de la compagnie : Quantum Global Investments Africa Management Ltd, une branche de la compagnie Quantum Global (QG), basée à Zoug, en Suisse. Le fondateur et directeur : Jean-Claude Bastos de Morais, 50 ans.

Ce dernier est Suisse-Angolais et est très proche du pouvoir angolais. Les médias angolais disent même qu’il est le bff (best friend forever) de Jose Filomeno Dos Santos, fils de l’ancien président angolais.

D’ailleurs, Jean-Claude Bastos est très controversé dans ce pays. La raison ? En 2012, le gouvernement décide de fonder un fonds souverain angolais. Le Chairman de ce fonds est José Filomeno Dos Santos. Qui est choisi pour gérer ce fonds ? Jean-Claude Bastos, à travers QG. Les médias crient au favoritisme. Mais personne n’entend.

C’est pour gérer ce fonds que Jean-Claude Bastos ouvre, en 2014, des sociétés offshores à Maurice.

Placements suspects

La gestion du fonds ne fait, cependant, pas que des heureux. QG semble effectuer plusieurs placements de ce fonds souverain angolais… dans des compagnies qui lui appartiennent.

Par exemple, en septembre 2014, QG investit Rs 671 millions du fonds souverain angolais dans une compagnie qui s’appelle Capoinvest. En janvier 2017, elle investit encore Rs 6 milliards. La compagnie est celle de Jean-Claude Bastos.

Des investissements sont aussi faits dans d’autres compagnies appartenant à Jean-Claude Bastos, telles qu’Afrique Imo Corporation S.A ou encore Messo Mi Tchoa. En sus de recevoir de l’argent du fonds dans ses propres compagnies, le Suisse-angolais reçoit de grosses sommes en guise de Management Fees pour ses services de gestion du fonds souverain. En 2014, il obtient Rs 973 millions.

En 2011, Jean-Claude Bastos est condamné à payer 160 000 francs suisses pour gestions déloyales. Or quand il fait ses demandes à la FSC, il omet ce petit détail. Mais la commission s’en rend vite compte et Jean-Claude Bastos explique que le jugement ne figure plus dans les données de l’office fédéral suisse de la justice. Jean-Claude Bastos s’est défendu dans plusieurs médias internationaux d’avoir menti à la FSC.

Transfert frauduleux

Plus récemment, le nom de Jean-Claude Bastos a été mêlé à une affaire de transfert frauduleux. En effet, $ 500 millions (environ Rs 16,8 milliards) auraient été transférés du fonds souverain angolais par José Filomeno Dos Santos sur un compte à Londres. Les autorités angolaises enquêtent sur ce transfert qu’elles ont entre-temps récupéré. Mais QG nie vigoureusement être impliqué dans cette transaction.

Toutefois les autorités angolaises se sont déplacées à Maurice pour une réunion avec la Financial Intelligence Unit (FIU), ainsi que le Premier ministre. Suivant celle-ci, la FIU et le Prime Minister’s Office ont demandé que 33 comptes de QG soient gelés. C’était le 7 avril. Depuis, 58 autres comptes ont subi le même sort. La raison ? Personne ne le sait. Même pas QG, affirme la société elle-même.

Entre-temps, QG a aussi perdu la responsabilité du fonds souverain quand l’administration de ce dernier a décidé de résilier le contrat avec QG en Suisse. Cependant, QG a retenu les sept fonds d’investissements basés à Maurice. Eux, sont toujours sous la responsabilité de QG. Ce qui fait sourciller dans les milieux.

Pourquoi les autorités angolaises ont-elles résilié le contrat en Suisse et pas à Maurice ? Et pourquoi se sont-elles ruées à Maurice pour faire geler les comptes de ces sept fonds d’investissements ?

Qu’est-ce qu’un fonds souverain ?

C’est un fonds mis en place par un État pour gérer les épargnes nationales. L’argent est investi dans des placements variés pour le faire fructifier. Maurice n’a pas de fonds souverain.

La FIU et la FSC en cour le 25 avril

Confiante. C’est le mood au sein de QG. La compagnie a comparu en cour jeudi dernier face à la FSC et la FIU. Mais l’affaire ne sera prise sur le fond que mercredi, le 25 avril.

«C’était surtout une étape procédurale», fait-on savoir du coté de QG. Cependant, dans un communiqué émis jeudi, la direction de la compagnie fait valoir qu’elle est satisfaite de «la procédure équitable de la cour». Elle déplore, cependant, que la FIU refuse de diffuser l’affidavit ou de laisser connaître les raisons pour lesquelles elle a demandé la suspension de ses licences.

«Ce n’est pas seulement une question de banquiers ou d’avocats. Il y a plusieurs milliers de familles africaines qui souffrent de ces décisions injustifiées des autorités mauriciennes», déclare Jean-Claude Bastos, fondateur du groupe, dans un communiqué. La compagnie déplore ne pouvoir payer ses membres du personnel depuis que les 91 comptes de la compagnie ont été gelés.

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