Affaire Sobrinho: l’étau se resserre autour de certains membres du gouvernement

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René Leclézio (à g.) au quartier général de l’ICAC à Réduit, jeudi 19 avril, avec son avocat, Me Patrice Doger de Spéville

  René Leclézio (à g.) au quartier général de l’ICAC à Réduit, jeudi 19 avril, avec son avocat, Me Patrice Doger de Spéville  

Une réunion convoquée par un Senior Minister le 20 septembre, des appels téléphoniques venant des hautes sphères du gouvernement… L’étau se resserre-t-il autour des membres du gouvernement qui auraient exercé des pressions politiques sur le conseil d’administration du Board of Investment (BOI) dans le cadre du dossier Álvaro Sobrinho ?

La question reste posée, surtout après l’audition de René Leclézio dans les locaux de l’Independent Commission against Corruption (ICAC) hier, jeudi 19 avril. Il a été convoqué pour expliquer sur ce qui a mené à sa démission du BOI. Son interrogatoire a duré quatre heures et demie. Il doit retourner à l’ICAC pour poursuivre ses explications.

Mais ce que la commission anticorruption veut surtout savoir, c’est s’il y aurait eu ingérence politique au sein du BOI afin que l’homme d’affaires angolais Álvaro Sobrinho soit autorisé à investir dans l’immobilier à Maurice. Les enquêteurs de l’ICAC sont d’ores et déjà en présence d’informations confirmant la tenue d’une réunion, le 20 septembre, convoquée par un Senior Minister à ce sujet.

Appels téléphoniques…

Réunion à laquelle ont assité les membres représentant le gouvernement sur le conseil d’administration du BOI. D’ailleurs, Ken Poonoosamy, l’ancien directeur de l’organisme, l’aurait mentionnée lors de son interrogatoire du 13 avril.

En outre, des appels téléphoniques venant des hautes sphères du gouvernement auraient été passés aux membres représentant le privé sur le board du BOI concernant le dossier Álvaro Sobrinho. Lors de cet appel, on leur a simplement rappelé que Maurice avait besoin d’investissement.

René Leclézio, qui est aussi le Chief Executive Officer de Property and Development Ltd (PAD), a-t-il, lui aussi reçu cet appel ? Et s’il l’a reçu, en a-t-il parlé devant les agents de la commission anticorruption hier ? L’express n’a pu avoir de réponses à ces questions…

 Le mystère reste entier

C’est accompagné de son avocat, Me Patrice Doger de Spéville, qu’il est arrivé dans les locaux de l’ICAC, à Réduit, vers 15 heures. Il a, entre autres, été interrogé sur sa lettre de démission, datée du 21 septembre dernier. Dans celle-ci, que l’express a pu consulter, René Leclézio explique clairement que sa décision survient après que le board du BOI a décidé d’autoriser Álvaro Sobrinho à se procurer 12 villas au sein du projet immobilier Royal Park, à Balaclava.

Dans sa lettre, René Leclézio fait ressortir qu’il était le seul à voter contre cette décision. Cependant, l’express apprend, de sources sûres, que deux autres membres du board s’étaient violemment opposés à cette décision durant la réunion du 20 septembre. Ils ont toutefois fini par se raviser. Qu’est-ce qui les a poussés à changer d’avis ? Le mystère reste entier.

Au sujet des 12 villas achetées par Álvaro Sobrinho, la commission anticorruption devrait aussi bientôt convoquer Bernard Maigrot. Ce dernier, qui est un actionnaire de Royal Park, aurait été désigné par Sydney Bathfield, président du conseil d’administration de cette société, comme celui qui aurait introduit le milliardaire angolais à la compagnie.

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