Les Italiens, rois des cuisines et pas seulement dans l’assiette

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Visiteurs de Veneta Cucine lors du Salon du meuble de Milan le 17 avril 2018.

Visiteurs de Veneta Cucine lors du Salon du meuble de Milan le 17 avril 2018.

Si les Italiens sont reconnus pour leur gastronomie, ils le sont aussi pour les écrins où elle se prépare: ils figurent sur le podium mondial pour l’exportation de cuisines, grâce à une alliance entre design, qualité et sur-mesure.

Alors que Milan, avec son Salon du meuble, célèbre jusqu’à dimanche ses artisans, la filière des cuisines se félicite d’avoir vu ses exportations progresser de 3,2% l’an passé, même si le marché intérieur demeure atone.

Avec 779 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisé à l’étranger, l’Italie est le 3e exportateur mondial, derrière l’Allemagne et la Chine.

Le secteur sort d’années difficiles, frappé de plein fouet par les conséquences de la crise économique en Italie entre 2007 et 2014.

«Nous avons alors compris que c’était le moment de miser sur l’export. Avant, pour nous, le marché intérieur était plus que suffisant. Mais le pouvoir d’achat dans notre pays a diminué et la compétition y est très forte», explique à l’AFP Paolo Zampieri, à la tête d’une entreprise de 34 employés.

Quasi absente à l’étranger il y a encore 7 ou 8 ans, Zampieri Cucine y réalise désormais 35% de ses ventes et y connaît une croissance à deux chiffres. Un pari gagnant qu’ont fait de nombreuses autres entreprises italiennes.

«Elles ont trouvé dans l’export une soupape. Même des petites entreprises ont trouvé des niches à l’étranger», essentiellement dans le haut de gamme, de l’Asie à l’Europe, note Aurelio Volpe, directeur de recherche au Centre pour les études industrielles (CSIL), basé à Milan.

La crise a dans le même temps accéléré la concentration du secteur. «Il y a une vingtaine d’années, l’Italie comptait 300 entreprises fabriquant des cuisines. Aujourd’hui, elles sont une centaine. Six entreprises représentent environ 50% de la production et 30% de l’export», ajoute-t-il.

Parmi ces six «grandes»: Veneta Cucine. «Les entreprises ayant réussi à survivre à la crise sont devenus plus grosses, plus flexibles au niveau productif et plus technologiques», souligne une de ses dirigeants, Denise Archiutti.

Détail, innovation, qualité

«La logique de production a changé, avec des produits toujours plus personnalisés et réalisés juste à temps et sur mesure», explique-t-elle.

Avec la crise, «nous avons réalisé des investissements importants sur le produit, la recherche, l’innovation, pour pouvoir différencier notre offre» en terme de design, de contenus et de matériaux, explique aussi Alberto Scavolini, patron du fabricant Ernestomeda, qui a connu une forte croissance l’an passé en Turquie et en Iran.

Même discours chez Zampieri Cucine, qui note l’importance de travailler «sur le détail, l’innovation, la qualité du service».

Et la filière profite à plein de l’image de qualité que la péninsule a su garder: «Le Made in Italy est une marque en soi, on lui attribue toute une série de valeurs: le design, le style...», souligne Mme Archiutti.

La dirigeante de Veneta Cucine remet même en question «la suprématie en terme de technologie» de l’Allemagne, partie plus massivement et plus tôt que les Italiens à la conquête de l’étranger.

«Aujourd’hui, les cuisines italiennes ne sont pas seulement belles et bien faites, mais elles sont aussi à l’avant-garde en terme technologique», assure Mme Archiutti, en notant le rôle clé des «districts», ces territoires où se concentrent les savoirs-faire, pour les synergies et collaborations entre fabricants et fournisseurs, comme celui de la Vénétie.

Les cuisines italiennes ne vont pas forcément très loin: la France est leur principal marché à l’étranger, avec une hausse de 10,7% des ventes l’an passé, suivie des Etats-Unis et de la Suisse.

La Chine, premier exportateur mondial, joue elle sur un autre terrain, avec des cuisines à bas coûts, exportés en particulier vers les Etats-Unis, note M. Volpe.

Mais, dans le même temps, les Italiens conquièrent du terrain dans ce pays: les exportations y «ont enregistré une hausse enthousiasmante de 50% en un an», souligne-t-il.

Et les Italiens espèrent continuer à profiter du gâteau qui continue de grandir... Selon le CSIL, les exportations mondiales de cuisines devraient atteindre 6,7 milliards de dollars en 2021, soit une hausse de quelque 20% par rapport à 2016.

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