Roland Chane See Chu: «Nous invitons les trailers à marcher sur les pas des premiers guides du Piton de la Fournaise

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Roland Chane See Chu organisateur du Trail du Volcan.

Roland Chane See Chu organisateur du Trail du Volcan.

Roland Chane See Chu : le patronyme évoque, à l’île de la Réunion, l’athlétisme et le journalisme. Fasciné par le Piton de La Fournaise, c’est tout naturellement qu’à son départ à la retraite en 2011, il s’est lancé dans la création du Trail du Volcan. Le projet est devenu réalité en 2014. C’est sa façon à lui de rendre hommage, le 1er mai, à cette force de la nature qui est «le premier site touristique» de l’île soeur et d’entraîner les participants «sur les pas des anciens guides du volcan».

Comment est né le Trail du Volcan dont la première édition a eu lieu le 1er mai 2014 ?
Le volcan de la Réunion m’a toujours fasciné. Cette force de la nature nous rend tellement petit, et puis un volcan en pleine éruption, c’est magnifique. Le trail étant tendance, et ayant un peu plus de temps depuis ma retraite en 2011, je me suis mis en tête de rendre hommage, à ma façon, à ce sacré Piton de La Fournaise. C’était compliqué au début, car il fallait convaincre ceux qui allaient devenir mes collaborateurs dans cette belle aventure. Il fallait aussi convaincre les institutionnels, les partenaires. Et ça a marché du premier coup, avec la participation de 500 coureurs.

Avez-vous toujours été animé de ce désir de passer de l’autre côté de la barrière et d’être correspondant de presse aussi bien qu’organisateur d’épreuves sportives ?
En fait, je suis devenu correspondant de presse par hasard. Le Quotidien m’avait demandé de réaliser quelques comptesrendus sur la vie sportive et associative de ma commune de la Plaine-des-Palmistes où je travaillais. C’était au milieu des années 80. Je me suis pris au jeu, j’ai appris à écrire dans le style journalistique et à faire des photos, à rencontrer plein de gens et c’est cet aspect-là qui me plaît beaucoup. J’ai aussi été au JIR, au Quotidien, à Télé- Mag, tout en continuant ma carrière au sein de l’administration communale de la Plaine-des-Palmistes. En 1989, j’ai rejoint la ville du Tampon, année de création du Club d’Athlétisme de la Plaine-des-Cafres.

Pourriez-vous nous décrire le Trail du Volcan, cette épreuve longue de 21 km qui débute aux Grands Kiosques de Bourg Murat et qui s’étire jusqu’au Pas de Bellecombe après la traversée de la Plaine-des- Sables ?
Le Trail du Volcan est un format court de 21 km avec un dénivelé de 1 262 mètres. Je le voulais à la portée du plus grand nombre. Sur le thème Sur les pas des anciens guides du volcan, Sully Damour, qui est un ami, m’a fourni pas mal d’infos à ce sujet, notamment sur le parcours que l’on a tracé ensemble, et il m’a fait rencontrer Alfred Picard, un ancien guide. La traversée de la Plaine-des-Sables est un moment privilégié pour les coureurs, c’est un lieu unique et magique à la Réunion.

Comment a évolué cette manifestation au fil des années ? 
On est passé de 500 coureurs à la première édition, à 700 à la deuxième, puis 800. Il y a une forte demande. À ce sujet, nous souhaitons augmenter ce quota progressivement, jusqu’à 1 000, pas au-delà. Mais cela dépend du Parc National des Hauts de la Réunion qui délivre les autorisations et fixe le nombre de concurrents à ne pas dépasser. L’année dernière, il y a eu environ 150 demandes non satisfaites. Cette édition 2018 sera placée sous le signe de la Chine. Nous aimerions, par conséquent, recevoir des coureurs de la Chine, mais aussi de l’île Maurice, de Rodrigues, sachant que quelques métropolitains participent déjà à cette course.

Les acteurs principaux du Trail du Volcan à l’heure de la remise des récompenses
l’année dernière.

Le Trail du Volcan n’est pas seulement une épreuve sportive. Il participe à la promotion touristique de la Réunion et entraîne les participants à la découverte de la région du Piton de La Fournaise…
En effet, l’équipe d’organisation souhaite associer le sport au développement durable et à la promotion de la Réunion à travers le Piton de la Fournaise, qui est le premier site touristique de notre île. De plus en plus, les Réunionnais et les visiteurs ont pris conscience que nos cirques et remparts, en un mot les «hauts», sont une richesse de notre «île intense», à partager sans modération. C’est une valeur hautement ajoutée pour notre économie touristique. Il emprunte notamment plusieurs sentiers qu’utilisaient les anciens guides du volcan.

À la Réunion aussi le trail s’affirme comme une activité multisectorielle et réunit dans un même espace et une même pratique sport, environnement, histoire, culture, santé, tourisme et vivreensemble…
Il y a ceux qui viennent pour la performance et la gagne et aussi ceux qui viennent pour l’évasion, la découverte des paysages et de ces sentiers qui, à une certaine époque, constituaient de véritables expéditions et il fallait bien s’y préparer. Les plus nantis se déplaçaient en chaises à porteur, avec des guides. Aujourd’hui les sentiers sont balisés et justement, nous invitons les trailers à «marcher sur les pas des premiers guides du Piton de la Fournaise». En plus de découvrir de magnifiques paysages, ils partagent entre eux, dans la convivialité, tout en forgeant leur organisme. Que du bénef donc !

La fameuse traversée de la Plaine-des-Sables.

Le fait de courir en pleine nature contribuet- il à rendre les Réunionnais plus conscients de la nécessité de préserver leur environnement ?
Je souhaite rappeler que le terme «développement durable», nous l’avons pleinement adhéré à notre premier Ekomarathon organisé au Tampon en 2008. À l’époque les gens se posaient la question de savoir ce que c’était, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, puisque nombre d’épreuves ont adopté ce concept lancé par le maire tamponnais de l’époque, Didier Robert. Les Réunionnais sont fiers de leur Parc National qui présente leur île comme une magnifique destination, avec sa biodiversité unique et qu’il faut donc préserver. Il y a un petit hic, les contraintes sont trop nombreuses et ne permettent pas, par exemple, de booster l’économie touristique à l’intérieur de ces zones. Certains estiment même que les Hauts de la Réunion sont une sorte de no man’s land que se sont «accaparé» certains décideurs.

Pourquoi est-ce que le nombre de places au Trail du Volcan est limité à 800 ? Simple question de gestion ou nécessité de limiter l’impact environnemental ?
C’est le Parc National des Hauts de la Réunion qui attribue le quota de places, afin de préserver les sentiers. Au départ, on avait démarré avec 500 participants, chiffre qui est passé à 700, puis à 800. Il y avait, l’année dernière, près d’un millier de demandes et ceux qui n’ont pas été retenus ont été déçus. On a demandé au Parc National de nous accorder 900 places pour cette édition 2018, on attend la réponse, sachant que nous respectons toutes les préconisations nécessaires à la protection des sites traversés.

Le fait que le Trail du Volcan soit jumelé au Trail de Rodrigues depuis novembre dernier, apporte-t-il cette dimension régionale supplémentaire à cette épreuve qui vous est chère ?
Plus globalement, de nombreux échanges ont pu se faire entre Rodrigues et le Tampon, sur le plan culturel, économique et sportif. Depuis la deuxième édition du Trail de Rodrigues, on est resté fidèle à cette très belle course «authentique». On envoie des coureurs là-bas et l’inverse est également vrai, car un billet d’avion est offert par Air Mauritius de Rodrigues à l’un des participants du Trail du Volcan. Cette année nous recevons Arnaud Meunier, qui est l’un des piliers du Trail de Rodrigues et Liraud Flore, le champion de cette île. Nous avons, par ailleurs, eu l’occasion d’organiser un séjour touristique et sportif là-bas, avec des jeunes du Club d’Athlétisme de la Plaine-des-Cafres.

Le Trail du Volcan comporte-t-il aussi une dimension internationale ? Comptez-vous inviter des pointures de renommée mondiale le 1er mai à Bourg Murat ?
Nous avons déjà reçu quelques coureurs métropolitains et belges, de Maurice et de Rodrigues. On veut s’ouvrir davantage à l’international, par exemple cette année, nous espérons recevoir quelques coureurs venant de Chine. Nous invitons des coureurs d’origine chinoise de l’île Maurice à venir participer à la course, un dossard sera offert aux dix premiers inscrits de votre île et d’origine chinoise. Cette cinquième édition est, de fait, placée sous le signe de la Chine. Par ailleurs, la championne de Suisse de ski-alpinisme, Jennifer Fietcher, et le champion français, Alexis Sevennec, ont donné leur accord de principe pour venir au Trail du Volcan. J’attends sous peu une confirmation de leur part. Il ne faut pas oublier le Rodriguais Liraud Flore.– Nous avons déjà reçu quelques coureurs métropolitains et belges, de Maurice et de Rodrigues. On veut s’ouvrir davantage à l’international, par exemple cette année, nous espérons recevoir quelques coureurs venant de Chine. Nous invitons des coureurs d’origine chinoise de l’île Maurice à venir participer à la course, un dossard sera offert aux dix premiers inscrits de votre île et d’origine chinoise. Cette cinquième édition est, de fait, placée sous le signe de la Chine. Par ailleurs, la championne de Suisse de ski-alpinisme, Jennifer Fietcher, et le champion français, Alexis Sevennec, ont donné leur accord de principe pour venir au Trail du Volcan. J’attends sous peu une confirmation de leur part. Il ne faut pas oublier le Rodriguais Liraud Flore.

Michel Chong Fah Shen, trésorier du Club Passion Rando
Run et du Comité de la Randonnée pédestre de la Réunion.

Quelle place occupent dans le Trail du Volcan les randonnées pédestres mises en place par le Comité de la Réunion de la Fédération française de la randonnée pédestre ?
Depuis deux éditions maintenant, le Comité de la Réunion de la Fédération française de la randonnée pédestre met en place, en parallèle, diverses randonnées. S’ils parviennent à rassembler 500 marcheurs, auxquels on ajoute les 800 coureurs, on sera au total 1 300 participants, ce qui est très positif pour nous.

Votre souhait à quelques jours maintenant de la tenue de cette cinquième édition ?
Que le Parc National des Hauts de la Réunion nous accorde les 900 places demandées par notre organisation et que la météo soit avec nous ce mardi 1er mai 2018. Cela s’est toujours bien passé, et la formule «on croise les doigts» est de circonstance. Maintenant, si le volcan entre en éruption le mardi 1er mai pour l’arrivée des coureurs, on ne pourra demander mieux !

Portrait: Retraité de la fonction publique territoriale

Roland Chane See Chu est retraité de la fonction publique territoriale. Il est actuellement responsable du magazine «Run-Sport» et secrétaire du Club d’Athlétisme de la Plaine-des-Cafres. Auparavant, il était responsable de la communication à la mairie du Tampon. «J’ai toujours fait du sport, au niveau scolaire, puis j’ai pratiqué du judo. J’ai joué au football, pour finir par rejoindre le milieu de la course à pied en 1978, un peu par hasard», confie-t-il. Roland Chane See Chu est marié à la célèbre Marlène Chane See Chu. Il est père de deux enfants. «Mon épouse s’est découverte des qualités naturelles en course à pied, et à partir de là, je suis resté fidèle à cette discipline. Comme elle est meilleure que moi, j’ai l’habitude de dire que “cela fait plus de 40 ans que je cours après ma femme”.»

Les Randonnées du Volcan

Le départ des randonneurs.

Les Randonnées du Volcan tiennent une place importante dans le trail du même nom, car cette manifestation permet à tous ceux qui accompagnent les coureurs de s’occuper et de s’adonner, par la même occasion, à une pratique sportive plus douce, pendant qu’un membre de sa famille est aligné sur le trail.

Parallèlement, c’est également un tremplin qui donne la possibilité aux personnes n’ayant pas obtenu de place sur la course, de participer autrement à cet événement fétiche à la Réunion. Nées d’une idée de Roland et Marlène Chane See Chu, ces randonnées ont été concrétisées sur le terrain par le Club Passion Rando Run (PRR) et le Comité de la Randonnée pédestre de la Réunion (CRPR), il y a trois ans. Elles restent pilotées, depuis, par Michel Chong Fah Shen, trésorier de PRR et du CRPR, et Max Hébert, président du CRPR.

Cette manifestation a été initiée en 2016 avec une seule randonnée en boucle de 8 km qui a suscité d’emblée l’intérêt d’environ 250 personnes. Elle ne cesse, depuis, d’attirer de plus en plus d’adeptes. En 2017, trois boucles différentes ont été proposées: une randonnée familiale de 5 km, un parcours moyen de 10 km avec 350m de D+ et un grand circuit de 15 km pour marcheurs confirmés, avec 600M D+. Le nombre de participants a dépassé les prévisions des organisateurs lors de cette deuxième édition.

Max Hébert, président du CRPR.

Ils étaient environ 300 à répondre présent. Cette année, il y aura un itinéraire de plus, soit pas moins de quatre randonnées qui seront proposées au public: une rando familiale de 7 km avec 200m de D+ au Piton Dugain pour admirer ses magnifiques paysages et pâturages, deux randos moyennes de 10 km et 13 km qui permettront aux participants de découvrir le Piton Guichard et le Trou blanc avec 300 ou 500 m de D+ en fonction de la distance choisie et un parcours sportif qui ira boucler au Piton Textor et retour avec environ 750m D+.

Ce circuit, qui s’adresse aux très bons marcheurs, offre des vues imprenables et exceptionnelles. Tous les départs et arrivées se feront aux Grands Kiosques à la Plaine-des-Cafres. Le tarif unique de 10 € donne droit à un tee-shirt sérigraphié et un petit-déjeuner.

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