Promenade Roland Armand: l’arbre épargné par les tronçonneuses suscite des interrogations

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«L’arbre de pluie d’or» est le seul encore debout, ses congénères ne sont plus que des souches.

«L’arbre de pluie d’or» est le seul encore debout, ses congénères ne sont plus que des souches.

Calme «presque» plat à la promenade Roland Armand en ce début d’après-midi de jeudi. En prélude à une nouvelle nuit sonore sous les coups des pelleteuses et autres engins de construction, place aux allers-retours sporadiques d’une mini-chargeuse et de quelques rares passants. Après les cris du cœur contre l’abattage des arbres et les contestations contre la pollution sonore, retour sur le lieu à cause d’un… miraculé.

En bordure de la promenade, il est le seul à avoir été épargné. Côté riverains du moins, lorsque l’on descend du collège Lorette de Rose-Hill jusqu’au bout de la rue Charles de Gaulle. Rue parallèle à la route Vandermeersch. On parle là d’un casse jaune, qui se dresse sur le même alignement que la barrière métallique de délimitation en voie d’installation, les piliers ayant déjà pris racine dans le bitume.

Connu comme «l’arbre de pluie d’or», en raison des magnifiques grappes jaunes qui se laissent admirer durant la floraison, il a vu ses voisins, les flamboyants, les manguiers, tulipiers du Gabon et jacarandas, entre autres, tomber à terre, décimés à coups de tronçonneuse. Au total, 134 arbres, dont pour certains il ne reste que la souche, y ont laissé leur sève. Et 100 palmiers, numérotés comme il se doit, ont été transplantés à plus de 500 mètres plus loin, en face de l’Ébène State Secondary School. Mais revenons-en à notre loup solitaire. Notre arbre semble avoir perdu de sa superbe. Les feuilles, les longues gousses marron et les quelques petites fleurs jaunes sont couvertes, ici et là, de résidus de terre. Lorsque l’on sait que le chantier du Metro Express a pris le dessus sur ce qui était jusqu’à tout récemment l’un des plus beaux parcours de santé du pays.

 Si cet arbre-là en particulier attire l’attention, c’est aussi parce qu’il se trouve presque en face de la maison familiale d’une conseillère du Premier ministre. Nous avons frappé au portail gris et vert de la résidence. À l’exception des chiens, aucun autre signe de vie.

Plus tard, au téléphone, nous avons pu avoir l’un des voisins, qui souhaite toutefois garder l’anonymat. «Beaucoup de personnes trouvent cela bizarre qu’il soit le seul à n’avoir pas été abattu. D’autant plus que deux grands flamboyants et un manguier, qui se trouvaient sur le même alignement et qu’on aurait pu sauver en élaguant les branches qui s’étendaient sur la promenade, ont, pour leur part, été coupés», laisse entendre la voix au bout du fil… Avant d’ajouter aussitôt après : «Je ne dis pas que ça ne révèle pas ‘quelque chose’, mais je n’ai pas envie d’en faire toute une histoire et qu’on focalise l’attention sur cet arbre-là, car il y a tellement de choses à dire, sur le tapage nocturne qui persiste, surtout». Ou encore, «la manière de faire des autorités qui encouragent des démarches individuelles et pas collectives»

Interrogée, la conseillère en question trouve «cette allégation infondée des plus perturbantes». Elle ajoute qu’elle n’a rien à voir avec ça. «À aucun moment je n’ai usé de ma position afin d’épargner cet arbre.» Avant de conclure qu’elle consulte ses conseils légaux sur la nature et l’impact d’une «telle insinuation»

Metro Express Ltd : «Dix-neuf arbres n’ont pas été abattus»

Interrogé, Dev Beekharry, l’un des directeurs de Metro Express Ltd, explique qu’il n’y a pas qu’un arbre qui n’a pas été abattu le long de la promenade Roland Armand, mais 19. «Ces arbres sont intacts car ils ne gênent pas le tracé», soutient l’un des porte-parole de Metro Express Ltd. Y a-t-il eu une demande particulière pour que ce casse jaune ne soit pas abattu ? «À ma connaissance, non.» Dev Beekharry rappelle que pour chaque arbre abattu, trois autres arbres seront plantés, «pas nécessairement là-bas mais aussi au parc qui est en train d’être aménagé à Ébène».

«L’arbre de pluie d’or» est le seul encore debout, ses congénères ne sont plus que des souches.

Brin(dille) d’histoire

La promenade Roland Armand figure parmi les premiers parcours de santé aménagés à Maurice. Elle a été réhabilitée entre 2000 et 2005, tout comme celle du Dauguet, située non loin du Champ-de-Mars et celle de la montagne des Signaux. C’est le ministère de l’Environnement, alors occupé par Rajesh Bhagwan et feu inspecteur Bhoyjoo, responsable de l’inspectorat, qui avait chapeauté le projet. Feu Patrick Leal avait, quant à lui, financer les panneaux indicateurs et les bancs.

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