Me Marc Hein: «Le président de la FSC ne participe pas à l’octroi des licences»

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Me Marc Hein était président de la FSC. Le point avec le «Senior Counsel».

Me Marc Hein était président de la FSC. Le point avec le «Senior Counsel».

Son nom a été cité avec insistance dans l’affaire Quantum Global. Car au moment de l’octroi des premières licences à la compagnie de Jean-Claude Bastos, Me Marc Hein était président de la FSC. Le point avec le «Senior Counsel».

Vous avez été président de la FSC de mars 2012 à mai 2014. Vous étiez à ce moment directeur et actionnaire de JurisTax Ltd ainsi que d’autres «global business companies». Veuillez nous expliquer comment vous avez géré tout cela...
J’ai, en premier lieu, refusé cette présidence car j’étais impliqué dans le global business, surtout comme avocat, et cela aurait affecté mon travail. Mes amis m’ont persuadé d’accepter ce poste, en insistant sur mes compétences. Et finalement, j’ai humblement accepté. J’ai donc démissionné, en 2012, de toutes les compagnies global business où j’agissais comme directeur ainsi que de JurisTax Ltd pour éviter tout conflit d’intérêts éventuel. Des amis parlementaires britanniques m’ont conseillé de créer un trust pour y transférer certains de mes avoirs, comme le veut la pratique en Grande-Bretagne. J’ai ainsi transféré à ce trust mon portefeuille d’actions à la bourse et mes actions chez JurisTax Ltd. Le trustee est un notaire. Je n’étais donc plus actionnaire et directeur de JurisTax Ltd. J’étais indépendant, comme le veut la bonne gouvernance. Je ne connais aucun ministre ou président de corps parapublic qui n’ait jamais poussé le sens de l’éthique autant que je l’ai fait.

Vous démissionnez de la présidence de la FSC en mai 2014 et reprenez vos actions chez JurisTax Ltd. Trois mois plus tard, les services de cette firme dont vous êtes actionnaire sont retenus par la FSC. Est-ce éthiquement correct ?
Je n’étais depuis longtemps plus mêlé au management de JurisTax, étant seulement un passive investor. De mars 2012 à ce jour, je n’ai pas participé au management de cette compagnie et je n’en suis pas un directeur. Et quant à mon rôle à la FSC, de toutes les façons, la règle d’or est de ne pas utiliser la fonction que l’on détient pour pratiquer du népotisme ou du favoritisme. J’ai toujours respecté cette règle. Dans le moindre cas de conflit au sein d’un conseil d’administration, on déclare ses intérêts et on s’abstient du débat et du vote.

Comment se passe l’octroi des licences à la FSC ?
Toute demande de licence à la FSC va vers un personnel spéciali- sé, qui détermine si elle est bien faite et complète. Le dossier s’achemine ensuite vers l’Application Committee, qui est constitué de tous les chefs de département de la FSC et où siège le Chief Executive. Ce comité décide si la demande sera acceptée ou non. Si oui, le permis est alors émis et signé par le Chief Executive. Quant au conseil d’administration, il siège une fois par mois et reçoit la liste des licences émises. Ce n’est ni le président, ni le vice-président ni le board qui octroient les licences. J’espère que cela est clair et net. Je répète que le président de la FSC est un président non-exécutif qui ne participe pas à l’octroi des licences.

La FSC a octroyé différentes licences à Quantum Global au fil des années. Quel est le lien entre Quantum Global et le fonds souverain angolais ?
Je ne peux répondre pour la FSC, mais je n’ai aucune raison de douter que le travail de due diligence a été fait comme il le fallait. Quantum Global est le gérant (asset manager) du fonds souverain de l’Angola. La Banque de Maurice a alors donné son feu vert pour le transfert de capitaux ainsi que des banques commerciales locales après leurs exercices de due diligence. Et je pense que rien ne semblait anormal.

Je ne peux répondre pour la FSC, mais je n’ai aucune raison de douter que le travail de due diligence a été fait comme il le fallait. Quantum Global est le gérant (asset manager) du fonds souverain de l’Angola. La Banque de Maurice a alors donné son feu vert pour le transfert de capitaux ainsi que des banques commerciales locales après leurs exercices de due diligence. Et je pense que rien ne semblait anormal.

Le fonds souverain a surtout investi en Afrique et les placements dans des banques ou dans des entreprises diverses sont là. Rien n’a disparu à ce que je sache. Selon moi, notre juridiction était fière d’accueillir son premier fonds souverain. Vers la fin de 2017 sont arrivés les Paradise Papers et un changement de régime en Angola. Sont alors apparues des informations et des contre-informations difficiles à déchiffrer ; tout cela, sur fond de conflits politiques actuels en Angola.

On évoque le fait que Xavier-Luc Duval était aux finances à l’époque et la FSC était sous son ministère. Quel a été son rôle dans l’octroi des licences ?
Oui, Xavier-Luc Duval était ministre des Finances et je vous certifie qu’il n’intervenait pas dans l’administration de la FSC. Et certainement pas dans la délivrance des permis. Nous avions un board foncièrement indépendant avec des personnalités fortes des secteurs public et privé – toutes nommées par des précédents ministres des Finances, pas par Xavier-Luc Duval. Même la Chief Executive (NdlR, Clairette AhHen) avait été nommée par les précé- dents ministres des Finances (NdlR, aujourd’hui notre Premier ministre). La FSC, en tant qu’institution, fonctionnait correctement avec un très bon personnel – que je salue d’ailleurs, ici, tout bas.

On vous dit proche de Xavier-Luc Duval et du Parti mauricien social-démocrate. Est-ce la raison pour laquelle il vous a nommé président de la FSC ?
Je pense bien avoir été nommé pour ma connaissance des services financiers mauriciens. Je tiens à préciser que ce n’est pas le ministre des Finances, mais le Premier ministre qui nomme le président de la FSC. Donc, je n’ai pas été nommé par Xavier-Luc Duval. Ce dernier est un ami et je précise avoir aussi plusieurs amis tant au niveau de la majorité gouvernementale qu’au niveau de l’opposition. Je ne suis membre d’aucun parti politique et je ne fais plus de politique depuis longtemps. Et je n’ai pas l’intention d’en refaire, un point c’est tout.

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