L’ICAC cible le bras droit d’Álvaro Sobrinho

Avec le soutien de
Les limiers de l’ICAC lors d’une descente à Vango Properties, à Ébène, dont José Pinto est le directeur.

Les limiers de l’ICAC lors d’une descente à Vango Properties, à Ébène, dont José Pinto est le directeur.

Branle-bas de combat à la villa de José Pinto en début de soirée, ce mardi 10 avril. Pendant pas moins de trois heures, les limiers de la commission anti-corruption (ICAC) se sont livrés à une véritable fouille au domicile du bras droit d’Álvaro Sobrinho, José Pinto. Qu’espéraient-ils y trouver ?

Tout porte à croire que c’est l’autorisation de quitter le pays octroyée par la magistrate Adeela Hamuth en cour intermédiaire, ce mardi 10  avril qui aurait provoqué une telle hâte. Mais il ressort que ce directeur de l’Álvaro Sobrinho Africa (ASA) Ltd n’est pas à Maurice. Il a quitté le pays il y a quatre jours, soit dimanche. Pourtant, ce mardi 10 avril, en cour, les débats ont bien porté sur la demande d’un ordre d’interdiction de quitter le pays que réclamait la police à son encontre depuis octobre 2017 (voir plus loin). En l’absence de José Pinto, c’est son épouse, Marcia Cross Pinto, qui a assisté les limiers de la commission anticorruption.

Outre Bernard Maigrot, patron de la promotion du luxueux projet immobilier Royal Park, José Pinto est aussi un maillon important dans l’affaire Sobrinho. Ce dernier, aidé de Mauricio Fernandes, un autre directeur de l’ASA, est l’auteur des demandes auprès de la Financial Services Commission (FSC) pour l’obtention d’une Investment Banking Licence. José Pinto a, aussi, tissé des liens avec d’influents membres du gouvernement.

Quant à Bernard Maigrot, il est actuellement à l’étranger et devrait rentrer au pays cette semaine. Il devrait alors être entendu par l’ICAC.

Les limiers ont aussi procédé à l’interrogatoire de Sachin Mohabeer, l’ex-Assistant Director du Board of Investment (BoI), et à deux autres descentes rien que dans la journée d’hier. Notamment à la State House et dans les locaux de Vango Properties, à Ébène.

L’avocat de Sachin Mohabeer, Me Ajay Daby, a soutenu ce mardi 10 avril que son client a été convoqué en tant que témoin. Il a expliqué que les enquêteurs veulent surtout évaluer les procédures du BoI dans le cadre de l’autorisation d’effectuer des investissements fonciers dans le sillage de l’affaire Álvaro Sobrinho. L’ex-no 2 du BoI aurait aussi remis à l’ICAC des dossiers se rapportant à l’application d’Álvaro Sobrinho pour l’achat de 12 villas au sein de Royal Park.

Dans les milieux, on souligne que ce sont les interrogatoires de Sachin Mohabeer et de Ken Poonoosamy, ex-no 1 du BoI, lundi, qui auraient mené à la perquisition des locaux de Vango Properties, dont José Pinto est aussi le directeur. C’est, du reste, à travers cette société qu’Álvaro Sobrinho a fait une demande au BoI pour l’achat de 12 villas au sein de Royal Park.

La cour permet à José Pinto de voyager

La motion contre José Manuel Pinto visant à l’interdire de quitter le pays a été rejetée en cour, ce mardi 10 avril. La magistrate Adeela Hamuth, siégeant en cour intermédiaire, a statué que la police n’a pu soutenir sa motion d’accusation. De ce fait, l’ordre d’interdiction de quitter le pays, réclamé le 2 octobre 2017, ne peut être émis à l’encontre de l’un des directeurs de l’ASA, a statué la cour.

La magistrate Adeela Hamuth a précisé que l’accusée dans cette affaire est la compagnie ASA, dont il est reproché d’avoir fourni de fausses informations à la FSC, le 7 novembre 2016 à Ébène, pour obtenir une «Investment Banking Licence». José Manuel Pinto est uniquement la personne habilitée à représenter la compagnie lors de ce procès. Il n’est, par conséquent, pas poursuivi à titre personnel.

L’accusation était représentée par Me Keshri Soochit, Acting Senior State Counsel. Quant à la défense de la compagnie ASA, elle était assurée par Me Moorari Gujadhur.

Les «tentatives de récupération politique» agacent l’ICAC

Les limiers de l’ICAC se disent «agacés». Et ce, à cause des informations «incorrectes» qui auraient été rapportées dans certains médias. Au sein de l’ICAC, on fait comprendre que ces éléments ont été relayés dans la presse dans une tentative de «récupération politique» de l’affaire Álvaro Sobrinho.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires