Privatisation de la CWA: «Pas possible de laisser à des multinationales la responsabilité de l’eau»

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Selon Ivan Collendavelloo, les tarifs de l’eau seront revus, une fois que le Conseil des ministres aura donné son aval.

Selon Ivan Collendavelloo, les tarifs de l’eau seront revus, une fois que le Conseil des ministres aura donné son aval.

Un partenaire sera trouvé pour la Central Water Authority (CWA) d’ici la fin de l’année. Le ministre de l’Énergie, Ivan Collendavelloo, en a fait l’annonce officielle, le 28 mars, à Rose-Hill. Ce partenariat devrait permettre un meilleur service et une aide technique et technologique pour la distribution d’eau à Maurice. 

Cependant, depuis cette annonce, les critiques fusent. C’est du côté des syndicats et de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM), que se dressent la majeure partie des contestations. Radhakrishna Sadien, le président de la Gouvernment Services Employees Association, n’en démord pas, la privatisation des services de la CWA n’est pas la solution. «Nous ne pouvons pas laisser privatiser la CWA. Il est impossible de laisser à des multinationales la responsabilité de l’eau à Maurice», s’insurge-t-il. 

Et d’ajouter : «Il y a un travail à faire au niveau de la distribution de l’eau. La remise en état du système de tuyauterie, par exemple. Mais cela ne doit pas faire pencher la balance en faveur de la privatisation.» Radhakrishna Sadien soutient que sous le Build Mauritius Fund, des fonds ont été récoltés pour rénover la tuyauterie. 

«C’est une façon déguisée de préparer la privatisation de la CWA. Avec cette majoration, le repreneur privé n’aurait pas à le faire immédiatement»

Par ailleurs, il rappelle que Maurice fait partie des pays en négociation pour l’accord sur le commerce des services (NdlR, Trade in Services Agreement (TISA)). Cet accord, selon les autres syndicats, mènerait à la privatisation des services publics, projet auquel ils s’opposent. «Si la privatisation a lieu, en plus du TISA, alors ce sera impossible de faire machine arrière. Une entité comme la CWA doit rester sous le contrôle du gouvernement», martèle Radhakrishna Sadien. «Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura une majoration des prix», déplore-t-il. 

De son côté, Jayen Chellum, de l’ACIM, est d’avis que l’augmentation des tarifs annoncée par le ministre dans les mois à venir n’est qu’un pas de plus vers la privatisation. «C’est une façon déguisée de préparer la privatisation de la CWA. Avec cette majoration, le repreneur privé n’aurait pas à le faire immédiatement», déclare-t-il. «Le besoin d’une compagnie est de faire des profits. De plus, les profits seront à la compagnie et non pas au gouvernement», souligne-t-il. 

D’autre part, les contestataires se demandent pourquoi l’État veut à tout prix l’expertise étrangère pour faire fonctionner la CWA. «Les Mauriciens ne sont-ils pas assez compétents pour cela ? Dans ce raisonnement, il faut revoir tout le système, qui dépend du gouvernement», lance Radhakrishna Sadien. 

L’express a contacté le ministre de tutelle pour en savoir davantage sur la privatisation. Toutefois, le ministre Ivan Collendavelloo a répliqué qu’il «ne parle pas à n’importe qui». Le mail et les messages envoyés à la direction de la CWA sont restés sans réponses.

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