Dr Satish Boolell: «Une exagération dans les cas de brutalité policière»

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 Le Dr Satish Boolell, médecin légiste.

Le Dr Satish Boolell, médecin légiste.

«À Maurice, les policiers n’ont pas eu de formation adéquate en ce qui concerne la manière de faire lors d’un interrogatoire.»

Des cas de brutalité policière alléguée sont rapportés fréquemment depuis quelque temps… Et selon le ministre mentor, mardi 3 avril, au Parlement, 541 plaintes ont été enregistrées auprès de la Police Complaints Division de la National Human Rights Commission

Je suis contre toute forme de brutalité, y compris celle-ci. Cependant, par expérience, je peux vous dire qu’à Maurice, les policiers n’ont pas eu de formation adéquate en ce qui concerne la manière de faire lors d’un interrogatoire. Par exemple, lorsqu’il y a une affaire urgente ou que l’opinion publique est mise en avant, ils doivent accélérer les procédures.

N’empêche que tous les cas rapportés par les victimes de brutalité policière alléguée ne sont pas forcément vrais. Lorsqu’elles sont arrêtées, ces personnes font parfois de la résistance et en voyant leur avocat, elles affirment avoir été battues.

Étant donné que le travail de l’homme de loi consiste à défendre son client, c’est ce qu’il fait. Selon moi, il y a une exagération dans le nombre de cas rapportés.

Quelles sont les solutions pour y remédier ?

J’ai déjà suggéré un recrutement massif de psychologues qui seraient mis à la disposition des officiers de police. La raison étant que ces derniers sont souvent confrontés à des cas délicats. Ce sont des êtres humains qui ont des frustrations comme tout le monde, voire plus.

Par exemple, se retrouver au bout de plusieurs années de service à fer gardien dévan laport minis peut s’avérer frustrant. Mé zot finn pran enn sel psykolog pou bann problem koup…

Il faut des têtes pensantes pour diriger la police. Un esprit indépendant pour gérer.

La famille d’Eddysen Pachee a eu recours à une contre-autopsie. Le Dr Jean-Marie Bethezene a confirmé qu’il a été victime de brutalités. Qu’est-ce qui, selon vous, poussent des familles à avoir recours à une contre-autopsie ?

Toutes les institutions n’inspirent pas confiance. Un professionnel aspire à un service impeccable que l’on ne peut remettre en cause. Une contre-autopsie coûte beaucoup d’argent et pour moi, en tant que médecin légiste, il faut absolument qu’il y ait une dimension sociale conséquente ou un vrai sentiment d’injustice pour que j’accepte de le faire.

Le rapport du Forensic Science Laboratory confirme la présence de drogue synthétique dans l’urine d’Eddysen Pachee. Comment définiriez-vous la drogue synthétique ?

Avant toute chose, la drogue synthétique est une substance qui produit une addiction qui s’avère dangereuse. À la base elle n’est pas mortelle, mais désormais c’est une drogue «fourre-tout», composée de plusieurs produits chimiques mortels. Par exemple, ceux utilisés pour désinfecter les cuisines, les salles de bains et WC, entre autres.

À l’opposé des drogues dites de synthèse, il y a les drogues «naturelles» comme le cannabis, l’opium, etc., qui, elles, ne sont pas fabriquées à base de produits chimiques, mais qui restent dangereuses dans certains cas.

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