Affaire Gaiqui: les règlements de la police seront revus

Avec le soutien de
Le rapport de la National Human Rights Commission condamne la fouille à nu effectuée sur David Gaiqui.

Le rapport de la National Human Rights Commission condamne la fouille à nu effectuée sur David Gaiqui.

La soumission du rapport de la National Human Rights Commission (NHRC) sur l’affaire David Gaiqui à la Disciplined Forces Service Commission n’est pas restée lettre morte. Le commissaire de police, Mario Nobin, a été sommé, vendredi 30 mars, d’initier des actions contre les trois policiers impliqués dans le cas de maltraitance sur David Gaiqui.

La Disciplined Forces Service Commission a aussi demandé au State Law Office de mettre sur pied un comité qui va, notamment, revoir les règlements (standing orders) de la police. En effet, selon le rapport de la NHRC, ceux-ci ont été bafoués dans le cas de David Gaiqui.

Sollicité, Mario Nobin a confirmé que «la machinerie a déjà été enclenchée en vue de prendre des actions» contre les policiers incriminés. Lesquelles ? On n’en saura pas plus.

Quant à la révision des règlements, elle constitue un exercice régulier, indique le commissaire de police. «Toute organisation progressiste tire des leçons à partir des événements qui se produisent, afin que ceux-ci ne se reproduisent pas. La révision des standing orders s’insère dans le cours normal des choses», déclare-t-il.

Au niveau de la Disciplined Forces Service Commission, on fait également ressortir qu’il faut revoir la formation des enquêteurs. «Pourquoi ne recrute-t-on pas des hommes de loi qui pourront mener des enquêtes et représenter la poursuite ?» lance-ton. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut assurer une formation en continu, tout en s’appuyant sur des techniques modernes, fait-on valoir.

En effet, le rapport de la Police Complaints Division de la NHRC révèle que David Gaiqui n’a pas été sujet à des brutalités policières, mais qu’il a été soumis à un traitement «humiliant» lorsqu’il a été dénudé et enchaîné à une chaise au poste de police de Curepipe. Sans compter que les agents de la Criminal Investigation Division ont laissé la porte ouverte, permettant de le voir dans cet état.

Il a aussi été conclu que la police n’avait aucune raison d’effectuer la fouille à nu (strip search). Raison : cette pratique est permise uniquement dans des cas où un suspect est soupçonné de porter des armes et/ou de la drogue. Or, David Gaiqui avait été arrêté pour vol.

Outre les trois policiers impliqués dans l’affaire Gaiqui, les cinq officiers concernés dans le dossier Toofany ont été sanctionnés. Ces huit agents sont les seuls cas où des actions disciplinaires ont été entreprises sur les 541 plaintes de brutalités policières enregistrées à la NHRC, de janvier 2015 à hier.

 Dans le cas Iqbal Toofany, mort en détention en 2015, les policiers ont été interdits de leurs fonctions le 4 mars 2015 et une charge provisoire de torture by public official pèse sur eux. Le 12 février dernier, le cas a été soumis à nouveau au bureau du Directeur des poursuites publiques. Ce dernier avait demandé une enquête plus approfondie la première fois.

En ce qui concerne le cas Eddyssen Pachee, la Police Complaints Division enquête toujours.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires