Caudan Arts Centre: le projet de balcon surplombant le ruisseau du Pouce abandonné

Avec le soutien de
Impression d’artiste du Caudan Arts Centre.

Impression d’artiste du Caudan Arts Centre.

«Cela a suscité trop de polémique.» Raison pour laquelle PAD Ltd «abandonne le projet de balcon (cantilever)», dans le cadre de la construction du Caudan Arts Centre dont une partie doit surplomber le ruisseau du Pouce. Déclaration de René Leclézio, Chief Executive Officer (CEO) de la compagnie, suivant les débats, hier au Parlement, autour du Pouce Stream (Authorised Construction Amendment) Bill. 

Au dire de René Leclézio, «il s’agit d’un projet communautaire qui va bénéficier aux artistes et à l’ensemble des écoles à Port-Louis». Il insiste qu’il ne s’agit nullement d’un «projet commercial». «Cela me dépasse pourquoi les politiciens s’acharnent dessus», souligne-t-il.

Quid du fait que toute construction dans une rivière, un ruisseau ou cours d’eau doit avoir l’autorisation de la Cour suprême, comme stipulé dans l’article 25 de la Rivers and Canals Act ? Hier, au Parlement, le député rouge, Shakeel Mohamed a fait ressortir que le promoteur n’a pas suivi cette procédure. Le CEO de PAD Ltd renvoie la balle au ministère du Logement et des terres. «Le ministère nous a induits en erreur en nous faisant croire qu’il ne s’agissait que d’un simple règlement.» 

L’architecture du Caudan Arts Centre est signée Maurice Giraud, décédé récemment. René Leclézio déclare : «Je suis content qu’il ne soit pas là pour voir ça.»

«Privatisation» d’un bien public

Au Parlement, lors des débats autour du Pouce Stream (Authorised Construction Amendment) Bill, les députés de l’opposition sont, en effet, revenus sur le Caudan Arts Centre. Et plus particulièrement sur les autorisations obtenues par le promoteur PAD Ltd.

Shakeel Mohamed a déposé des photos du chantier du Caudan Arts Centre, qu’il a affirmé avoir faites hier. On y voit quatre piliers plantés dans le ruisseau, pour soutenir la construction de la partie du Caudan Arts Centre qui doit surplomber le ruisseau du Pouce (cantilever multi-storey building). Osman Mahomed, député de la circonscription n°2, Port-Louis Sud–Port-Louis Central, s’est, de son côté, demandé si la construction ne se faisait pas à la mauvaise période de l’année, c’est-à-dire durant la saison des pluies. 

Tandis que le député du MMM, Reza Uteem, a fait valoir que cet amendement équivaut à «privatiser un bien public». Se demandant, dans la foulée, pourquoi pareille «largesse» était accordée à un promoteur privé et ce que cela rapportait à l’État. Patrice Armance, du PMSD, a, lui, été interpellé par le fait que la municipalité de Port-Louis a donné son aval au projet de balcon au-dessus du ruisseau du Pouce avant même que la loi ne soit amendée. 

La police informée

Au moment de résumer les débats, le ministre Mahen Jhugroo a annoncé qu’il a donné des instructions pour une descente sur les lieux. Les fonctionnaires ont constaté qu’il y a bien quatre piliers temporaires dans le ruisseau du Pouce. «Le State Law Office a confirmé les dispositions de l’article 25 de la Rivers and Canals Act, ce qui constitue une infraction.» 

Selon le ministre du Logement et des terres, le promoteur «a dit que les quatre piliers seront enlevés». Avant d’ajouter que «la police a été informée de la situation. Nous lui avons demandé d’agir en conséquence». 
 

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires