Loterie vert: les espoirs des fidèles, les questions des vendeurs

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Au marché de Port-Louis, les revendeurs comme les clients appréhendent les changements annoncés.

Au marché de Port-Louis, les revendeurs comme les clients appréhendent les changements annoncés.

Coronation pris de court

L’express s’est rendu au marché de Port-Louis, siège de Coronation, soit le plus grand revendeur de la «Loterie Vert», hier, lundi 2 avril. C’est business as usual. Ce, même si le matin, ils ont appris la privatisation imminente des Government Lotteries, à travers notre journal. Une nouvelle qui les a pris de court.

Deva Curpanen, un des plus anciens employés de Coronation, ne cache pas son étonnement. «La Loterie Vert fait partie de notre culture. Je connais des gens qui achètent leurs billets depuis que j’ai pris de l’emploi au sein de l’entreprise, soit plus de 40 ans de cela. La plupart sont des gens plutôt âgés, vu que c’était le premier jeu de hasard à Maurice. Et au fil des années, ils sont restés fidèles à la Loterie Vert», affirme-t-il. Ses collègues se posent, eux, des questions quant à leur avenir professionnel et la sécurité d’emploi.

Satish Moher, propriétaire de Coronation, se veut rassurant. «On va essayer de préserver les emplois. Mais si on se trouve dans le rouge, on n’aura pas le choix», indique-t-il. En effet, Coronation compte une trentaine d’employés, dont huit femmes qui travaillent à domicile et 24 autres qui vendent des billets. Lui se pose plutôt des questions concernant la manière dont la nouvelle loterie en ligne va opérer.

«C’est complexe. On part chercher les billets, on emmène chez nous, on met de côtés les billets réservés par des associations, qui représentent 20 % de notre vente. Nounn mir dan sa sistem-la. Reste à savoir comment Lottotech va gérer tout cela», souligne Satish Moher.

Le rêve du gros lot

Nous avons aussi rencontré des fidèles de la Loterie Vert. Parmi eux, Prakash Coolall, un habitant de Brisée-Verdière. Cela fait 20 ans qu’il achète ces billets dans l’espoir de remporter le gros lot un jour. Jusqu’à présent, il n’a remporté que Rs 5 000.

«C’était le 3 octobre 1990. On était à trois personnes. De fait, on a eu Rs 1 500 chacun et on a dépensé Rs 500 pour faire la fête. Mon père avait mis ma part sur mon compte bancaire. Je m’en suis servi lorsque j’ai atteint mes 18 ans», se souvient ce policier.

D’ajouter, qu’à présent, il tente sa chance au sein d’un groupe de 20 personnes. «On a déjà raté le gros lot par deux billets», fait-il ressortir.

Plus loin, on rencontre Sakoobye Ramtohul, 63 ans. Elle joue aux Government Lotteries depuis les dix dernières années. Si la chance ne lui a pas encore souri, elle ne baisse pas les bras. «J’achète des billets pour la somme de Rs 700 à Rs 1 000 chaque mois. Sa sé enn gran rev. J’ai quatre enfants. Je veux préparer leur avenir», affirme cette habitante de Camp-de-Masque, Petite-Cabane.

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