Asile politique: le phénomène des réfugiés dérive à La Réunion

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Les Sri Lankais ont été retrouvés à seulement une demi-heure d’avion de Maurice, le 21 mars. © CROSS

Les Sri Lankais ont été retrouvés à seulement une demi-heure d’avion de Maurice, le 21 mars. © CROSS

Cette scène de réfugiés fuyant leur pays et dérivant à bord d’embarcation de fortune atteint les îles Mascareignes. Six Sri Lankais ont été secourus au large de La Réunion le 21 mars. Ils demandent l’asile politique.

Plus de dix jours depuis que six Sri Lankais ont trouvé refuge dans un ashram dans la ville du Port, à La Réunion. Le 21 mars, ils ont été secourus au large de l’île soeur, à seulement une demi-heure d’avion de Maurice. Ils dérivaient à bord d’un radeau de fortune.

Dans un premier temps, ces étrangers étaient sous le coup d’une obligation de quitter le territoire. Lundi, le tribunal administratif a décidé un non-lieu. Défendus par Me Ali Mihidoiri, spécialisé en droit des étrangers, les six rescapés plaident des persécutions dans leur pays d’origine. Ils demandent l’asile politique. Ils disposent de 20 jours pour compléter leur dossier (voir encadré)

Serge Chiarovano, directeur adjoint du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) à l’île soeur, parle d’une première de ce genre à La Réunion. Il a déjà participé à une opération de récupération en 2013 sur l’île de Mayotte (il s’agissait de pêcheurs qui avaient dérivé durant deux semaines).

Interrogé par l’express, Serge Chiarovano raconte avoir reçu le 21 mars, vers 8 heures, un appel d’un touriste qui était à bord d’un navire de plaisance de location. «Il nous a signalé avoir vu des gens sur un radeau faisant des signes. Lorsqu’il s’est approché d’eux, il leur a proposé de l’eau et des sandwichs.»

Serge Chiarovano, a, à son tour, informé la gendarmerie nationale qui a déployé des membres de la garde-côte pour ramener les Sri Lankais à terre. «Après un premier bilan médical, les pompiers ont constaté qu’ils étaient sur le radeau peu de temps puisqu’ils n’étaient pas déshydratés», poursuit le directeur adjoint du CROSS. Les naufragés ont par la suite été pris en charge par la gendarmerie.

Par ailleurs, l’embarcation initiale des Sri Lankais a été aperçue quelques heures après leur sauvetage, à une quinzaine de milles nautiques de l’endroit où ils ont été retrouvés. La découverte a été faite par Pierre Ulrich, un pêcheur professionnel que nous avons joint par Messenger.

Ce dernier raconte avoir aperçu un bateau de pêche en bois, à moitié chaviré, au large de Pointe-de-la-Rivièredes- Galets. Il faisait entre dix et douze mètres, et selon le pêcheur, pouvait accommoder une quarantaine de personnes, dont 20 sur le pont. L’embarcation portait des inscriptions cinghalaises et était couverte de gasoil. «J’ai alors plongé à la recherche d’éventuelle vie humaine».

Pierre Ulrich n’y trouvera rien sauf du fil de pêche : «Ni homme, ni algue et encore moins des coquillages. Ce qui pour moi, signifie que le naufrage remontait à moins d’une semaine.»

Pierre Ulrich est tout de suite remonté sur son bateau avant de signaler l’épave au CROSS. «Je leur ai donné les coordonnées GPS pour qu’ils puissent localiser l’embarcation.» À ce moment-là, Pierre Ulrich n’était pas au courant que six Sri Lankais avaient été secourus plus loin.

La France, signataire de la convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, a pris l’engagement de protéger les réfugiés et surtout ceux qui ne le sont pas encore, de les accueillir et d’instruire leur demande. Cette convention interdit aussi de refouler un demandeur d’asile tant que sa demande n’est pas instruite. Dans le respect de ces engagements, ces six demandeurs d’asile sont accueillis et hébergés à La Réunion.

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