Me Hervé Duval Jr: «Le Bar Council ne défend pas les avocats de l’ex-présidente»

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Me Hervé Duval Jr: Senior Counsel et président du Bar Council

Me Hervé Duval Jr: Senior Counsel et président du Bar Council

Est-ce l’ouverture d’une enquête policière sur les dessous de la commission d’enquête sur certains aspects des affaires Platinum Card et Sobrinho qui est à l’origine du communiqué du Bar Council, vendredi ?

Pas du tout. Je n’avais pas entendu parler d’enquête policière. Le but principal du communiqué est de rappeler à tous les membres de la profession le devoir des avocats quand ils participent à un débat public. Il y a des avocats de tous les bords. Chacun s’exprime pour ou contre une commission d’enquête. Le Bar Council a aussi voulu rappeler l’importance qu’on devrait attacher au principe de confidentialité et au «legal privilege».

En soutenant qu’«any attempt to dilute the essence of a barrister’s function and the fundamental right of the barrister to confidentiality is bound to set an evil precedent», le Bar Council prend-il position en faveur des représentants légaux de l’ex-présidente de la République ?

Le Bar Council ne vient pas à la défense des avocats de l’ex-présidente. Les avocats sont des grands, capables de se défendre eux-mêmes. La seule position que nous prenons c’est que le principe de confidentialité concerne avant tout l’avocat et le client.

Que répondez-vous à cette perception de conflit d’intérêts en ce qui concerne Me Yanilla Moonshiram (membre du Bar Council) et vous, étant donné que vous faisiez tous deux partie du panel légal d’Ameenah Gurib-Fakim?

En ce qui concerne notre participation éventuelle dans l’équipe qui aurait assisté la présidente devant un tribunal, ni Me Moonshiram ni moi ne nous sommes exprimé lors des débats publics sur la question qui est d’actualité. Bien entendu, tout avocat, y compris Me Moonshiram et moi, a un intérêt direct à ce qu’on protège la confidentialité et le legal privilege.

Me Moonshiram et vous ne vous êtes pas exprimés à ce moment-là parce qu’il y avait un Lead Counsel, en la personne de Me Yousuf Mohamed …

Bien sûr, quand vous faites partie d’une équipe et qu’il y a un Lead, on s’accorde souvent sur comment s’organiser pour la prise de parole publique ou autre chose. Dans ce cas-ci, Me Moonshiram et moi, qui avons des fonctions au niveau du Bar Council, avons fait le choix délibéré de ne pas nous exprimer. Et personnellement, pour m’être publiquement exprimé dans une lettre ouverte au président de la République (alors Kailash Purryag) de ce que je pensais des pouvoirs du président pour l’institution d’une commission d’enquête, en mars 2013, cela ne doit laisser aucune place à quelque perception de conflit. (NdlR, dans cette lettre, Me Hervé Duval écrit qu’il “prefer to read the Constitution as meaning that when the President feels he ought to act, he should seek the advice of the Cabinet as to whether he may act”).

Le Bar Council attire aussi l’attention des hommes de loi pour qu’ils ne dénigrent pas ceux qui ne partagent pas la même opinion. Qu’encourent ceux qui ne respectent pas cela ?

Le code prévoit une réprimande ou une sévère réprimande pour violation de l’étiquette. Au préalable, le plaignant doit saisir le Bar Council et déposer une plainte formelle de Breach of etiquette. Dans des cas sérieux, la loi prévoit qu’on envoie l’affaire à la Cour suprême.

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