Le Pay Research Bureau dépassé: le gouvernement penche pour une commission salariale

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La publication du dernier rapport PRB remonte à 2016.

La publication du dernier rapport PRB remonte à 2016. 

L’avenir du Pay Research Bureau (PRB) est-il menacé ? L’idée avancée par la consultante canadienne Kelly Susan Culver, sur la réforme de la fonction publique, pour remplacer cette institution par une commission salariale, a fait son petit bonhomme de chemin. Un consensus semble se dégager à l’hôtel du gouvernement pour remplacer cette institution vieille d’une quarantaine d’années, car elle au- rait fait son temps. Si elle est appliquée, une commission salariale devrait ainsi être en mesure de proposer un seul quantum d’augmentation, évitant ainsi la grogne chez les fonctionnaires, comme après la publication de chaque rapport du PRB. 

Bien qu’aucune décision finale n’ait été prise sur ce sujet, à l’hôtel du gouvernement, on insiste sur le fait que le PRB possède deux faiblesses distinctes : il n’arrive pas à évaluer l’emploi de façon scientifique et la performance des corps parapublics sont déjà sous la responsabilité d’autres instances. 

Dans les milieux concernés, on souligne que l’idée proposée par la consultante canadienne n’est pas mauvaise. Une chose est sûre cependant, il faudrait absolument revoir le rôle du PRB car la situation dans le pays a beaucoup évolué depuis 1978. «On ne peut pas continuer avec le modèle car la structure salariale ainsi que les principes liés à la gestion des affaires ont beaucoup changé. On ne peut continuer à faire la même chose tout en espérant qu’on aura des résultats différents», dit-il. 

À ce jour, le PRB se concentre sur la révision salariale et sur les conditions des employés de pas moins de 150 corps parapublics, de la totalité des fonctionnaires et des employés des collectivités locales. L’instance s’occupe aussi du salaire des parlementaires et des conseillers, entre autres. «Il existe la crainte de tomber dans l’anarchie si jamais le PRB est éliminé. Les syndicalistes seront-ils d’accord avec la fermeture de cette institution ?», se demande-t-on. 

«Le PRB a jusqu’ici été utilisé par le gouvernement comme un bouclier pour se protéger contre la grève dans la fonction publique et des litiges industriels. Il n’y a pas eu de litige industriel depuis 1978», précise-t-on. Pour Radhakrishna Sadien, président de la Government Servants Employees Association (GSEA), la Banque mondiale a proposé le remplacement du PRB depuis un moment déjà. «La GSEA est résolument contre la fermeture du PRB. Nous lancerons un mot d’ordre pour que tous les syndicats unissent leurs forces et réclament le maintien du PRB»,a-t-il ajouté. 

Il fait également ressortir qu’il soupçonne une démarche du gouvernement, à travers le National Wage Consultative Council, de mettre de côté le PRB. Ce, avec l’idée de mettre sur pied une instance nationale pour la révision des salaires. Le syndicaliste souligne que le PRB est actuellement une entité indépendante et, avec l’éventuelle fermeture de celle-ci, le gouvernement pourrait avoir une mainmise sur le salaire des fonctionnaires. 

Le PRB compte quarante années d’existence 

C’est 1978 qu’a eu lieu la première publication du rapport du PRB. En raison du mécontentement des fonctionnaires par rapport à la grille salariale proposée, le gouvernement d’alors avait fait appel au Britannique Donald Chesworth pour présider une commission sur la révision des grilles salariales et des conditions de services des fonctionnaires. Son rapport fut plus au moins bien reçu par ces derniers. Chesworth avait quand même préconisé que le gouvernement devait maintenir le PRB, avec un cahier des charges bien défini. Depuis, huit rapports ont été publiés. 

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