Volley-ball: Prisca Seerungen, un conte de fées qui ne fait que commencer

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Pour Prisca Seerungen, la discipline et la rigueur sont essentielles si l’on veut connaître la réussite dans le sport.

Pour Prisca Seerungen, la discipline et la rigueur sont essentielles si l’on veut connaître la réussite dans le sport.

Des obstacles, il y en a eu. Mais l’association entre Prisca Seerungen et le Quatre-Bornes VBC s’apparente davantage à un conte de fées. Jugez-en vous-mêmes : en un peu plus de deux ans, l’entraîneur a mené l’équipe à deux titres de championnes de Maurice, une Coupe de la République, une Charity Cup et désormais un Championnat des clubs de la zone 7 (CCZ7). Ce dernier succès étant acquis en terre seychelloise le 10 mars dernier.

C’est en janvier 2016 qu’Alison Labour, capitaine du QBVC, approche Prisca Seerungen et lui propose d’entraîner l’équipe vu que Lindsay Wilson avait quitté son poste. «Mais moi, en raison de certains événements dont une grave blessure en 2014 (lors d’un match comptant pour les Jeux des Villes), j’étais dégoûtée du volley. Je n’avais eu aucun soutien financier pour mes soins malgré de belles promesses et j’avais pris la décision de prendre mes distances. Toutefois, vu qu’Alison avait été mon élève au collège de Lorette de Quatre-Bornes où j’enseigne l’Education physique et sportive, je l’ai écoutée», se remémore Prisca.

«La mort du club»

Celle-ci se souvient encore des propos que lui avait tenus Alison Labour : «Tu es notre seul espoir. Si tu ne nous aides pas, le club va être dissous. Tu ne peux pas permettre la mort du club. Je te laisse réfléchir mais tu n’as pas le droit de dire non.»

Prisca Seerungen avait d’autres projets en tête mais touchée par les paroles d’Alison Labour, elle finit par accepter la proposition. «Plusieurs de ces jeunes filles avaient été mes élèves. Il existait un lien entre elles et moi», souffle Prisca.

Trois heures d’entraînement par session

Une fois en poste, notre interlocutrice pose ses conditions : elle exige de la discipline et de la rigueur de la part des joueuses. «Nous commençons à nous entraîner trois fois par semaine à raison de trois heures par session plus un match d’entraînement. Et Patrick (Seerungen) entre en jeu et apporte son aide en tant que préparateur physique», rappelle-t-elle.

Il y a trop de choses à gérer autour du club et Prisca ne peut pas tout faire. «J’avais besoin d’aide et c’est là que je me tourne vers mon groupe d’amies pour solliciter leur aide. C’est ainsi que Cherry-Anne Besnard accepte de nous aider au niveau de la communication et que Joana Lamy accepte de filmer nos matches.»

Le Quatre-Bornes VBC célébrant son sacre dans le CCZ7 au Palais des Sports de Roche Caïman, le 10 mars dernier, en compagnie des finalistes, Praslin Girls.

Au cours de cette saison 2016, après la phase aller, Prisca Seerungen procède à des changements de poste qui allaient s’avérer déterminants. «Nous avions besoin d’une attaquante puissante et c’est là que j’annonce à Alison (Labour) qu’elle quittera le poste de contreuse centrale pour être attaquante poste 4. Je demande à Stacy (Armoogum) de délaisser le poste d’attaquante pour devenir libéro, chose qu’elle ne voulait pas faire mais qu’elle finira par accepter après réflexion. Notre jeu a pris une autre dimension et ça a payé puisque nous avons décroché notre premier titre de champion.» Le QBVC atteint la finale du CCZ7 devant le public mauricien mais est battu par le champion des Seychelles, Anse Royale, en trois sets.

En 2017, l’équipe se renforce avec l’arrivée d’Angélique Ramdoss et remporte logiquement son titre de champion. Elle veut briller au niveau régional et se fixe comme objectif de remporter le CCZ7. Le tournoi initialement prévu en décembre est renvoyé en raison de l’épidémie de peste qui sévit et a lieu du 3 au 10 mars. L’objectif est atteint avec la manière. Malgré un public hostile qui est à fond derrière ses équipes, le QBVC fait la leçon à Anse Royale en demi-finale avant de disposer de Praslin Girls en finale.

«Confirmer notre statut»

Mais les choses ne s’arrêtent pas là. «Individuellement, il y a encore beaucoup à faire. Les filles doivent être constantes et commettre moins de fautes directes. Nous devons confirmer notre statut également et devenir encore plus fortes. On doit arriver à mettre en place des combinaisons au niveau de l’attaque et faire évoluer notre jeu à un niveau supérieur», analyse Prisca.

La technicienne tient à préciser que cette réussite n’est pas uniquement la sienne mais le fruit d’un travail d’équipe. «C’est avec le soutien des parents des joueuses, des personnes qui nous suivent et nous soutiennent à travers notre page Facebook que nous avons pu en arriver là. On doit dire un grand merci à nos sponsors : La Prudence Life Insurance, Le groupe Ciel, Go Sport, Mario Ramsamy, Marine Technical Supply Ltd de nous avoir soutenu financièrement pour notre déplacement aux Seychelles et toutes les personnes qui ont cru en nous», précise-t-elle.

Un entraîneur de club qui a connu du succès peut légitimement aspirer à occuper le poste d’entraîneur de la sélection nationale. Est-ce le cas de Prisca Seerungen ? «Je suis très attachée à mon pays et suis fière d’avoir porté le quadricolore sur la plus haute marche lors du Championnat des clubs de la zone 7 aux Seychelles. Le plus important pour moi aujourd’hui est de partager ma passion et ma connaissance. Je vais me consacrer à mon équipe afin de continuer à briller sur le plan local et international sachant que huit joueuses du QBVC ont été présélectionnées pour les JIOI 2019», répond-elle.

Objectif : l’or aux JIOI

Mais elle souhaite de tout cœur que la sélection féminine de Maurice remporte la médaille d’or aux 10e Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) l’an prochain. «Nous avons un très bon Directeur technique national en la personne de Zoran Kovacic. L’équipe a bénéficié de sa grande expérience avant le CCZ7. J’ai beaucoup de respect pour lui. Mais ce n’est pas un magicien. Je souhaite que les instances dirigeantes lui donnent les moyens de mener à bien sa mission. Il faut aussi donner aux filles tout ce dont elles ont besoin», observe Prisca.

En attendant, le travail se poursuit au sein du club avec sérieux. Il n’est pas question de s’endormir sur ses lauriers…



Palmarès

Un premier titre majeur à seulement 15 ans…

Prisca Seerungen est une championne précoce. En effet, elle décroche son premier titre majeur à seulement 15 ans. Elle faisait partie de la sélection nationale qui remporta les Jeux des îles de l’océan Indien en 1993 aux Seychelles. C’est, du reste, la dernière fois que notre sélection féminine est montée sur la plus haute marche du podium. L’année suivante, elle prend part au Championnats d’Afrique au Nigeria. En août 1995, elle joue un grand rôle dans la victoire de l’équipe de Maurice aux premiers Jeux de la Commission Jeunesse et Sports de l’océan Indien (CJSOI) qui se tiennent sur notre sol. Elle décroche le titre de Most Valuable Player (MVP). En 1996, Prisca brille de nouveau, cette fois au niveau continental, au sein de la sélection junior qui décroche l’or en Egypte. Un an après, elle est de l’aventure aux Championnats du monde junior en Pologne. 

Sportive dans l’âme, Prisca avait touché à plusieurs disciplines, notamment l’athlétisme et le football, avant de se consacrer au volley. A 11 ans, elle jouait avec un groupe de jeunes encadrés par Daniel Viriginie à Rose-Hill avant de se joindre à l’équipe Les Flamants de Quatre-Bornes. «Je me souviens encore de mon premier match avec les Flamants. C’était contre les Jaimies, l’équipe championne de l’époque. J’avais défendu un smash de Deborah Lily qui était l’une des meilleures joueuses à l’époque. J’étais impressionnée par sa force de frappe et je voulais devenir aussi bonne qu’elle sur le terrain», confie-t-elle.

Prisca Seerungen (3e à partir de la dr.) aux côtés du ministre de la Jeunesse et des Sports de l’époque, Michael Glover, après le sacre de la sélection féminine aux JIOI de 1993 aux Seychelles.

En 1991, Prisca intègre le premier centre de formation sous la férule de George Appadoo et du Français Denis Cès avant de faire partie de Maurice Espoir de 1993 à 1997. C’est ainsi qu’à 14 ans, elle est appelée pour la première fois en présélection senior en vue des JIOI de 1993. «Là, j’ai participé à des sessions d’entraînement intensif à Maurice aussi bien qu’en stage en France. Très jeune, j’ai donc connu cette rigueur et j’ai eu la chance d’évoluer aux côtés des meilleures volleyeuses de cette génération dont Deborah Lily, Christine Moonisamy, Danielle Sinassamy, Nathalie Soopaya, Liseby Chellumben, Sonia Thélémaque, Ariane Félix, Joyce Iyanassee, Marjorie Nadal entre autres. J’ai aussi eu Aurore Lacloche comme entraîneur. Les côtoyer m’a beaucoup apporté. Je dois aussi bien faire ressortir que l’ancien Directeur technique national, Christian Marty, m’a énormément appris. Il a été mon mentor», relate celle qui dit avoir toujours été portée pour la réception et la défense.

Prisca Seerungen portera successivement les couleurs de plusieurs clubs locaux que sont la Fire Brigade (1998-99), l’Union de Curepipe (2000-2004), Azur SC (2005-2006), Vallijee Citizens (2007-2008), Tranquebar Black Rangers (2010-2011). Elle a été championne de Maurice avec les quatre dernières formations citées. Elle a aussi été finaliste de la Coupe des clubs champions de l’océan Indien (NdlR : aujourd’hui rebaptisé Championnat des clubs de la zone 7) avec Azur SC et Tranquebar Black Rangers.

Elle s’essaye aussi au beach volley. Avec succès puisqu’elle contribue à la qualification de la paire Natacha Rigobert et Elodie Li Yuk Lo pour les Jeux olympiques de Londres en 2012. En effet, elle faisait partie de l’équipe B de Maurice avec Heidy Bauda. Les deux paires mauriciennes s’étaient imposées lors de la Continental Cup au Mozambique pour décrocher le précieux sésame.

En 2012, Prisca rejoint le Curepipe Starlight SC en tant qu’entraîneur-joueuse. Elle mène l’équipe de la Ville lumière à deux titres de champion de Maurice consécutifs (2012 et 2013).

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