Ça roule pour les moto-écoles

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Les cours dispensés dans les moto-écoles abordent plusieurs thèmes, dont les marquages routiers, la conduite en état d’ébriété, l’entretien de la moto, les distances d’arrêt, de freinage, entres autres.

Les cours dispensés dans les moto-écoles abordent plusieurs thèmes, dont les marquages routiers, la conduite en état d’ébriété, l’entretien de la moto, les distances d’arrêt, de freinage, entres autres.

Trônant fièrement ses 110 mètres de long et six mètres de large, la piste se pare d’une dizaine de cônes de signalisation. Rangées sur le côté, les motocyclettes s’alignent, les moteurs s’échauffent et vrombissent à Richelieu. En ce mercredi, on passe à la vitesse supérieure.

Casque vissé sur la tête, Didier Lam Vohee suit les directives de Devraj Deeljur, son formateur. Il enfourche l’engin et exécute des passages entre les petites balises. «Avec un learner, on pense qu’on sait bien conduire sa motocyclette. Mais ce n’est pas le cas. Maintenant, je suis plus à même de contrôler les manœuvres avec la pratique à l’école», déclare-t-il. Ce dernier fait partie de la cinquantaine d’élèves de l’Advance Institute of Motoring (AIM) à Rose-Hill qui viennent de commencer les cours.

Comme lui, Vishnu Camalapen, 53 ans, roule sur des mécaniques depuis 1979. Détenant son permis depuis 1987, il a repris la route des moto-écoles. «On ne finit jamais d’apprendre. Je regarde les motocyclistes et constate qu’ils conduisent mal. Ils sont souvent victimes d’accidents. Cela m’interpelle», indique-t-il. En effet, selon la Road Development Authority, 39 % des accidents de la route impliquent des deux-roues.

Face à cette réalité, Vishnu Camalapen voulait approfondir ses connaissances. Et cela n’a pas tardé. «De samedi à jeudi dernier, j’avais des exercices à maîtriser. Figurez-vous que j’ai eu mal aux pieds avec la pratique. C’est signe que je n’avais pas la bonne technique avant.»

Selon les responsables de l’AIM et de l’Ark Driving School, à Brisée-Verdière, le programme a suscité l’engouement de centaines de Mauriciens. En quoi consiste ce programme qui les mobilise tant ? Tout commence par une évaluation de l’apprenant, précise Jamsheed Sunassy, moniteur à l’Ark Driving School. D’ailleurs, celle-ci est plus que révélatrice : «Nous examinons la conduite du motocycliste. Dans 90 % des cas, nous décelons des fautes graves commises par ce dernier. Par exemple, il ne maîtrise pas les points d’appui nécessaires en conduisant le véhicule. Puis d’autres motocyclistes ont les ‘pieds canards’, c’est-à-dire un mauvais positionnement en s’asseyant. Et en roulant, ils ont tendance à regarder dans une seule direction.»

32 heures de cours

Ce constat est partagé par Devraj Deeljur, instructeur de l’AIM. Le cours du jour dissèque ainsi les intersections. «Le motocycliste doit pouvoir identifier les divers types existants. Souvent, on croit que cela concerne seulement les carrefours, mais il y a aussi les ronds-points. Pour chacun d’eux, les réflexes sont primordiaux. Vous pouvez mal distinguer la route à cause d’un arbre, d’un véhicule, etc.», explique-t-il à la dizaine de participants.

Très attentifs, ces derniers le bombardent de questions. Après l’introduction, les élèves tombent dans les panneaux de signalisation, essaient d’échapper à l’angle mort ou d’évaluer distances et vitesses complexes.

Selon Ekluvya Naga, Managing Director de l’Ark Driving School, qui comprend trois moniteurs, au total, les 32 heures de cours abordent plusieurs thèmes, dont les marquages routiers, la conduite en état d’ébriété, l’entretien de la moto, les distances d’arrêt, de freinage, etc. Ces dernières doivent être complétées par tout étudiant. Décortiquant le programme, Devraj Deeljur affirme que 18 heures sont consacrées à la théorie, 8 heures à la piste et 6 heures à la circulation. Pour la pratique, qui se fait simultanément, les motocyclistes sont appelés à rouler sur la piste lente et rapide. «Dans les deux cas, des exercices comme le freinage d’urgence, la rétrogradation et l’évitement sont effectués», ajoutent les moniteurs.

Manœuvres correctrices nécessaires

Au terme de la formation, les apprenants passent des épreuves orales et pratiques aux Casernes centrales. Ces derniers sont évalués sur la théorie, la vérification, le circuit et le trafic. Si l’apprenant a obtenu son learner avant le 1er mars 2018, il est exempté de la partie théorique. D’ailleurs, en possession de ce document, il peut choisir d’approfondir la théorie ou passer directement à la pratique en formation. «Cette pratique dans ce cas revient à Rs 3 500», déclare Mohammud Hussayn Baulum, formateur et assesseur à l’AIM, qui collabore avec l’AA Drive Tech, institut basé en Grande-Bretagne.D’ailleurs, les moniteurs des deux moto-écoles locales ont dû suivre à leur tour 841 heures de formation dispensées par des spécialistes de La Réunion avant de pouvoir entrer en opération.

Dans le programme théorique et pratique, la circulation entre également en piste. Là il est question de savoir comment se comporter face à des cas précis, comme dans une intersection, un virage, en mauvaise visibilité, etc. «C’est important d’avoir ces mises en situation pour mieux comprendre les erreurs et manœuvres correctives nécessaires», ajoute le moniteur d’AIM.

Pour l’heure, les cours sont dispensés tous les jours en matinée jusqu’en soirée. Les horaires sont flexibles, permettant aux moniteurs de démarrer les programmes en temps voulu. À mesure que l’élève progresse, les étapes de sa formation sont enregistrées dans un livret. À l’achèvement du programme, les apprenants appuient sur l’accélérateur pour réussir aux épreuves orales et pratiques aux Casernes centrales. Ces derniers sont évalués sur la théorie, la vérification, le circuit par les policiers et peuvent alors décrocher leur permis. «Bien que je possède déjà mon permis, je compte bien en décrocher un nouveau. De plus, là je pratique sur une motocyclette d’une capacité de 300cc. Là, avec le permis, je veux le faire sur 650cc. C’est mon vœu le plus cher de piloter une grosse cylindrée», conclut Vishnu Camalapen.

Ces tarifs qui piquent au vif

Contrairement aux auto-écoles, les tarifs pour les deux-roues ne se font pas à la séance. Ceci avait d’ailleurs attisé la polémique au sein de l’opinion publique. Quels sont donc ces frais ? Pour les motocyclettes d’une capacité de 50cc, le coût est de Rs 8 750. L’élève peut payer 40 % à l’enregistrement puis en deux autres tranches, soit à la 16e heure de cours et peu avant la fin de son programme. Les mêmes règles s’appliquent pour les propriétaires des véhicules à plus forte puissance. Par exemple, pour les modèles de 125cc, le tarif est de Rs 9 500. Quant aux motocyclettes dotées d’une puissance de plus de 125cc mais moins de 300 cc, il faudra compter Rs 11 500. Enfin, pour les motocyclettes de plus de 300cc, la formation revient à Rs 13 500. Celle-ci inclut tout le matériel et dispositif de sécurité procuré aux étudiants sur place.

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