Edwy Plenel: «On juge un journal sur sa capacité de révélation quelle que soit la couleur politique des fraudes»

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Edwy Plenel, cofondateur et président de Mediapart.

Edwy Plenel, cofondateur et président de Mediapart. 

Tout comme l’affaire Platinum Card à Maurice, d’autres scandales internationaux, dénoncés par la presse, ont eu un impact sur les personnalités éclaboussées. Quel est le rôle des médias dans ces révélations ? Que faire face à la pression du pouvoir ? Le point avec Edwy Plenel, journaliste et président de «Mediapart», en France.

En 2017, Mediapart dénonçait le scandale d’Airbus, la plus grosse affaire après Elf, avec un détournement de 300 millions d’euros. Tout comme «l’express» à Maurice avec l’affaire Platinum Card. Quel est le rôle des médias dans ces dénonciations financières ?

Le rôle de la presse est de révéler les choses lorsque c’est d’intérêt public. D’ailleurs, on juge un journal sur sa capacité de révélation, quelle que soit la couleur politique des fraudes, conflits d’intérêts, entre autres pratiques inadéquates. Et le journaliste fait cela sans agenda politique. Son indépendance doit primer. Les dénonciations doivent concerner tout autant le pouvoir économique, politique que financier.

Dans plusieurs cas, certaines personnalités impliquées, dont Nicolas Sarkozy qui a été mis en examen, Jacob Zuma et Ameenah Gurib-Fakim, ont dû démissionner. L’impact de cette corruption est donc considérable ? Vous avez raison de

Vous avez raison de souligner ces résonances internationales. On pense également à la démission du président du Pérou, soupçonné lui aussi de corruption. En même temps, il est difficile de généraliser, tant chaque affaire doit être replacée dans le contexte politique, médiatique et judiciaire de chaque pays. En fait, tout dépend du pays et des règles démocratiques qui y prévalent. Il se peut qu’il n’y ait pas de règle dans un pays prônant justice, indépendance et opinion publique. Par exemple, en France, il y a une bataille que mène Mediapart portant sur ces questions-là. Cela repose sur l’indépendance, peu importe si l’affaire est de gauche ou de droite.

Et pour le cas de Maurice, plus précisément ? 

Je ne connais pas assez bien le contexte, mais je pense que toute personne mise en cause peut avoir recours à la justice. Nous ne sommes pas au-dessus des lois. Les personnes impliquées peuvent tout aussi bien se diriger vers ces instances.

Comment la presse peut-elle continuer à exercer son rôle face à la pression du pouvoir pour révéler ses sources, entre autres ?

En mobilisant le public pour faire comprendre les choses. Ce n’est pas un privilège, mais le droit de savoir du public qui prime pour les médias. Et là, pour la pression sur les journalistes, leur seule protection est le soutien du public.

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