Rémunération: le boni pas calculé sur le salaire minimal intégral?

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Des Mauriciens faisant des achats de Noël en décembre 2017 à Goodlands. Le salaire minimum aura une incidence sur le boni des travailleurs.

Des Mauriciens faisant des achats de Noël en décembre 2017 à Goodlands. Le salaire minimum aura une incidence sur le boni des travailleurs.

Les syndicalistes sont remontés. Le boni de fin d’année pourrait ne pas être calculé sur le salaire minimum intégral de Rs 9 000. Au sein même du National Wage Consultative Council (NWCC), le débat serait lancé concernant ce calcul.

Au NWCC, on insiste sur le fait que le mécanisme utilisé pour arriver aux Rs 9 000 destinées aux employés hors zone franche comprend la compensation salariale de Rs 360 et une allocation Rs 500 de la Mauritius Revenue Authority (MRA). Pour les travailleurs de la zone franche, le salaire minimum de Rs 8 140 inclut déjà la compensation salariale annuelle de Rs 360. Une allocation mensuelle de Rs 860 est aussi payée par la MRA pour ramener le revenu par mois à Rs 9 000.

 Toutefois, selon les premières indications, le boni de fin d’année pourrait être calculé sur la somme de Rs 8 500 au lieu de Rs 9 000. Un proche du dossier a expliqué à l’express, hier, que celui-ci pourrait exclure l’allocation de la MRA, à moins qu’il y ait une policy decision du gouvernement.

«APARTHEID» Que disent les syndicalistes ? Pour Ashok Subron, iln’y a pas, a priori, un salaire minimum de Rs 9 000 national dans le pays. «C’est là où le bât blesse. Les patrons n’accepteront jamais de calculer le boni de fin d’année sur cette somme car les travailleurs de la zone franche, les travailleurs étrangers et ceux hors de la zone franche ne sont pas considérés de la même manière.»

Le syndicaliste militant devait ajouter qu’à aujourd’hui, avec l’introduction du salaire minimum, l’allocation repas et loyer pour un montant maximal de Rs 2 500 est déduit de la paye des travailleurs étrangers. «Il n’existe actuellement qu’un salaire minimum d’apartheid dans le pays.»

Faizal Ally Beegun, dirigeant syndical de la Textile Manufacturing Industries and Allied Workers Union, partage cet avis. Il affirme que bon nombre de travailleurs de la zone franche l’ont informé qu’ils ont eu des réunions avec les directions des entreprises. Ces dernières leur ont fait savoir que le boni de fin d’année ne sera pas calculé sur le salaire minimal de Rs 9 000. Et encore moins sur la somme de Rs 8 140.

La raison : «Il y a plus de déductions à faire dans le salaire d’un ouvrier étranger que dans celui des Mauriciens. Dans le salaire des ressortissants, les patrons des entreprises ont commencé à déduire le loyer mensuel et l’allocation de nourriture qui avoisinent les Rs 2 300.»

Pour sa part, Reeaz Chuttoo, membre de la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public, soutient qu’il a appris que le boni de fin d’année se- ra calculé sur Rs 8 500. «Au niveau de notre confédération syndicale, nous allons insister, lors de la prochaine réunion du conseil, pour que la MRA top up le boni de fin d’année par Rs 500.» Reaz Chuttoo a aussi insisté sur le fait que l’allocation de Rs 500 ne doit pas être accordée aux employeurs qui ont la capacité de payer. «Si on se lance dans la logique actuelle, on finira par subventionner les salaires des sociétés florissantes dans le secteur de service. Il faut que cette allocation soit accordée uniquement aux entreprises en difficulté.»

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