Pêche durable: «pas facile de trouver l’équilibre…», dit Zachary Foco

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Zachary Foco, consultant en croissance bleue pour la Food and Agriculture Organisation.

Zachary Foco, consultant en croissance bleue pour la Food and Agriculture Organisation.

Zachary Foco était à Maurice, à l’invitation de la Commission de l’océan Indien, dans le cadre du Smartfish Trade and Development Forum 4, dont le thème était le business à travers la pêche durable. Le programme régional Smartfish, qui vise une pêche durable et une meilleure gestion marine dans l’océan Indien, est financé par l’Union européenne (UE).

Vous faites part de deux termes différents : croissance bleue et économie bleue. N’est-ce pas là des termes interchangeables ?

Il y a des interprétations et des stratégies différentes. La Food and Agriculture Organisation (FAO) ne voit pas la croissance et l’économie bleue comme étant interchangeables.

L’UE a sa propre stratégie pour la croissance bleue. Quand nous parlons de l’économie bleue, nous évoquons toutes les activités liées à l’océan, leurs ressources et les côtes. La croissance bleue est l’approche stratégique, qu’elle soit régionale ou internationale, pour le développement de la pêche et de l’aquaculture. Comme le concept de l’économie bleue est vaste, les activités économiques vont toujours croiser celles de la croissance bleue.

La cohabitation de différents secteurs est souvent un point de contention. Entre le tourisme, la pêche artisanale, la protection des plages et l’aquaculture, où est l’équilibre ?

Ce n’est pas facile de trouver l’équilibre, loin de là. Il faut que, dès le départ, le travail soit fait avec les différents secteurs en même temps. Ce que nous faisons avec la FAO et les pays avec lesquels nous travaillons, c’est d’organiser des ateliers pour mettre tout le monde à la même table. Notamment les ministères de la Pêche, du Tourisme, de l’Environnement, des Finances, ainsi que différents représentants, surtout ceux qui sont marginalisés.

À Maurice, un projet d’aquaculture dans l’Ouest est vivement contesté. De par votre expérience personnelle, est-ce que la cohabitation existe entre l’aquaculture, la croissance bleue et les autres secteurs qui utilisent des ressources maritimes ?

Il existe un manque de confiance dans l’aquaculture. À mon avis, c’est dû à la façon dont cela a été mis en place. Elle est vue comme une activité où tout est centré sur un seul endroit. Et sans prendre en considération les autres utilisations de la mer.

La FAO a des experts qui travaillent sur la planification marine. Leur travail fait l’objet de discussions lorsque la FAO vient à Maurice et lors des réunions multisectorielles, afin d’éviter les conflits dans une certaine mesure et de trouver un équilibre.

D’autres projets, comme celui du Petroleum Hub, sont très controversés. D’aucuns disent qu’il mettra à mal les autres exploitations de la mer. Quel est l’avis de la FAO sur ce genre de projets ?

Nous ne travaillons pas directement avec des projets pétroliers. Dans le contexte de l’économie bleue, cela correspond à une ressource exploitable. Il est important que le gouvernement prenne tout cela en considération. Il ne faut pas simplement dire que nous allons faire avancer un secteur au détriment d’un autre. Par exemple, des activités autour du pétrole pourraient avoir un impact négatif sur le tourisme et l’environnement. Ce sont des pièces dynamiques d’un même puzzle.

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