Emeutes à Belle-Vue et à Plaine-Verte après le match Sunrise-Zamalek

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Les postes de police d’Abercrombie et de Plaine-Verte avaient été pris pour cible lors des incidents du 24 mars 1996.

Les postes de police d’Abercrombie et de Plaine-Verte avaient été pris pour cible lors des incidents du 24 mars 1996.

Il y a  22 ans, le 25 mars 1996

La presse du 25 mars évoque les désordres qui ont eu lieu la veille au stade Anjalay et à Port-Louis dans la région de Plaine-Verte plus particulièrement. Le dimanche 24 mars, se dispute au Stade Anjalay un match de football comptant pour la phase préliminaire de la Ligue Africaine des Clubs Champions.

L’équipe mauricienne Sunrise est opposée à celle égyptienne Zamalek pour le match retour. Auparavant, les Cairotes avaient disposé des Flacquois par 4 buts à 3. Le match au Stade Anjalay voit la victoire de Sunrise (2-1), mais cela ne suffit pour que les Mauriciens soient qualifiés. Malgré cela, les partisans du Sunrise veulent entrer sur le terrain pour féliciter les joueurs. Mecontents, ceux de Zamalek protestent et alors surviennent des heurts entre spectateurs.

Les policiers présents qui ont reçu du renfort parviennent à ramener l’ordre aux alentours stade Anjalay après des échauffourées. Cependant, des éléments violents parmi les supporters d’une des deux équipes se dirigent vers la capitale. Sur la route, ils se livrent à des actes de violence, lapident des autobus et saccagent des édifices publics. Arrivées à Port-Louis, les émeutiers vandalisent le mobilier urbain. La police intervient en faisant usage du gaz lacrymogène. Les fauteurs de trouble ripostent. Bilan : plusieurs blessés dont des policiers, des véhicules incendiés et des postes de police attaqués au cocktail Molotov.

Les désordres se poursuivent jusqu’à tard dans la nuit. Le lendemain, le Premier ministre Navin Ramgoolam rend visite aux blessés à l’hôpital Jeetoo. Il dément les affirmations de bavure policière. Le Commissaire de police, Raj Dayal, qui accompagne le chef du gouvernement donne des garanties que toutes les dispositions ont été prises pour assurer l’ordre et la paix dans le pays. 

Cette soudaine poussée de violence surprend la population. Plusieurs personnalités commentent les événements. Le président de la République Cassam Uteem se dit choqué, l’Imam Mustapha Beeharry député correctif blâme la police, le comité des sages par la voix du Révérend Ian Ernest et T. Ponamballum parlent de fractures au sein de la société mauricienne. 

De son côte, Karl Offman, le président du Mouvement Socialiste Militant ( MSM) se dit inquiet et déclare que la question sera à l’agenda de la réunion du bureau politique du MSM. Fait notable, Paul Bérenger, vice premier ministre et ministre des Affaires étrangères se tait. Son attachée de presse, Marie-Josée de Robillard, renvoie les journalistes au Prime Minister’s Office. «  Ces incidents concernent le ministre de l’Intérieur. D’ailleurs, M. Bérenger est très occupé », dit-elle. Les autres dirigeants politiques, notamment ceux du Parti Mauricien Social Démocrate ne se prononcent pas. 

Malheureusement, il semblerait que les responsables politiques n’avaient pas pris la mesure de la gravité des incidents. En mai 1999, après un match de foot, au Stade Anjalay, entre la Fire-Brigade et les Muslim Scouts des incidents ont débuté de la même manière au stade pour se poursuivre à Port-Louis. Et c’est dans ce contexte qu’à eu lieu l’incendie du Casino l’Amicale de Port-Louis, situé à la rue Royale. Cinq adultes et deux enfants y trouvent la mort. Un an plus tard quatre présumés émeutiers sont condamnées à perpétuité. 

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