Appareils de radiothérapie en panne: les patients s’impatientent à Candos

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La file d’attente ne cesse de s’allonger à l’hôpital Victoria, à Candos.

La file d’attente ne cesse de s’allonger à l’hôpital Victoria, à Candos.

Ils sont nombreux, ceux qui doivent prendre leur mal en patience. Depuis que les simulateurs de radiothérapie de l’hôpital Victoria, à Candos, sont tombés en panne, la file d’attente ne cesse de s’allonger. Les visages inquiets aussi.

Selon quelques patients rencontrés sur place, cela fait plusieurs mois que cette situation perdure. À tel point que ceux qui ont subi des opérations chirurgicales doivent se rendre en Inde, par groupe de six ou sept, aux frais du ministère de la Santé, pour se faire soigner. Les autres, hélas, doivent patienter «enn démi zourné», parfois plus, pour y avoir droit.

Parmi eux, Emmanuel (prénom d’emprunt). Selon lui, des trois appareils, un seul serait en état de marche. Comme lui, Imrine arpente aussi les couleurs de l’hôpital en ce jeudi soir. «Nou péna swa, ki pou fer ? Inn tann dir éna masinn pa bon mé tous dibwa, mwa mo pa finn opéré ek mo pa bizin al l’Inde. Avan, nou ti pé pasé enn ti mama, aster-la bizin atann boukou létan.»

«Oui, nous n’avons pas le choix», renchérit Emmanuel, âgé d’une soixantaine d’années. La radiothérapie, il y a recours depuis quelques mois. «Quand je venais de débuter ce traitement, j’arrivais tôt le matin et je repartais avant midi. Depuis trois semaines, c’est le K.O. J’arrive à 8-9 heures et j’attends mon tour jusqu’à 13 heures parfois. On ne veut pas nous expliquer ce qui se passe, on nous dit seulement qu’il faut attendre.»

Interrogé sur l’état des simulateurs, un infirmier de l’hôpital s’est contenté de répondre : «Non, non, non, tou lé trwa laparey bon, korek…» Cependant, selon une source officielle au ministère de la Santé, toutes les mesures ont été prises afin que les patients qui doivent avoir recours aux simulations rapidement ne soient pas pénalisés. «Le ministre a fait le nécessaire et nous avons pris en charge les frais liés aux déplacements des personnes qui doivent se faire soigner.»

Dans une déclaration faite à la presse il y a quelques jours, le ministre de la Santé, Anwar Husnoo, a expliqué que «ces simulateurs de radiothérapie datent de plus de 20 ans et qu’ils auraient dû être remplacés il y a déjà dix ans de cela mais rien n’a été fait à cette époque. Les pièces de rechange pour ces appareils qui sont tombés en décrépitude sont difficiles à trouver». Le ministère est au courant du fait que c’est une situation qui cause de nombreux inconvénients mais tous les moyens sont mis en œuvre pour remédier à la situation, a-t-il assuré.

D’autre part, selon le ministère toujours, il n’y aurait pas d’autre alternative, à part espérer que les pièces pourront être remplacées rapidement jusqu’à ce que le nouveau Cancer Centre soit prêt, dans un peu plus d’une année.

Pour rappel, la radiothérapie est l’une des trois techniques médicales utilisées pour traiter le cancer. Cette technique a la particularité d’utiliser des rayonnements ionisants qui, dirigés et concentrés sur la tumeur, sont censés détruire les cellules cancéreuses.

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