Jardin de Plaine-Verte: quand des ex-toxicos font «nik»

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L’un des kiosques squattés au Jardin de Plaine-Verte.

L’un des kiosques squattés au Jardin de Plaine-Verte.

Un citoyen excédé. Un travailleur social à bout. Un syndicaliste remonté. Faizal Ally Beegun ne mâche pas ses mots. «Le jardin de Plaine-Verte devient pire que le Jardin de la Compagnie.» Qu’est-ce qui vaut cette cynique comparaison ? Premier constat : la présence «gênante» d’anciens toxicomanes qui suivent un traitement à la méthadone. «Zot fer nik kan zot fini bwar zot doz.»

Le citoyen note également qu’un groupe «accapare» l’un des kiosques du jardin pour des jeux d’argent. Le kiosque serait devenu un «klib», un «casino». Une activité qui démarrerait dès 7 heures du matin et qui serait tellement assidue que d’autres usagers n’ont plus accès au kiosque. «Tan ki pa fer nwar, sa bann dimounn-la pa alé.»

Autre cas, même jardin. Des vêtements lavés aux robinets du jardin et mis à sécher sur les arbustes signalent la présence de «dimounn ki pé viv dan zardin. Éna mars san simiz koumadir li lor laplaz». On retrouve même un matelas dans l’un des kiosques. Et il ne servirait pas qu’à dormir. Cet environnement, «malsain», pousserait un groupe à vouloir «agir par la force», prévient le syndicaliste.

Faizal Ally Beegun n’en finit pas de se demander: «Que font les responsables religieux ? C’est aussi leur devoir d’agir dans ces cas-là.»

La police ne peut «agir arbitrairement»

Sollicité pour une réaction, l’inspecteur Shiva Coothen, du Police Press Office, déclare : «La police et l’AntiDrug & Smuggling Unit sont sur le quivive.» Il affirme qu’il y a des patrouilles régulières et que «tous les jours, la police interpelle des gens». Il lance un appel aux citoyens pour qu’ils collaborent avec la police, en lui fournissant des descriptions de personnes louches ou de véhicules qu’ils soupçonnent être impliqués dans des activités illicites.

L’inspecteur Shiva Coothen rappelle que la hot-line 148 est à la disposition du public. «C’est à la source du problème qu’il faut s’attaquer», estime-t-il. «Les consommateurs sont des victimes. Nous ne pouvons pas les retenir longtemps.»

Que peut la police quand des individus à l’allure suspecte squattent le kiosque et des allées du jardin ? «Tant que quelqu’un n’a pas commis de délit ou n’est pas soupçonné d’en avoir commis, il peut aller et venir à sa guise. Nous sommes un État démocratique. Nous ne pouvons pas priver le citoyen de ses droits constitutionnels.»

Dans quelles circonstances la police peut-elle agir ? «Quand un individu a un poignard en sa possession ou qu’on le soupçonne d’avoir des articles volés.» Ou encore dans le cas où une prostituée est vue «sollicitant quelqu’un pour des actes immoraux. Il faut être prudent»

Qu’en est-il des toxicomanes sevrés à la méthadone, qui, après avoir pris leur traitement, passe la journée au jardin ? «Si zot pé zis asizé, nou pa kapav dir zot évakié. On ne peut pas agir arbitrairement.»

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