Une des jumelles manquante: «Trois médecins ont affirmé la venue de deux bébés»

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Akash Sookun demande que justice soit faite.

Akash Sookun demande que justice soit faite.

«Je garde mes réserves concernant cette affaire et je révélerai les preuves en temps et lieu. Pour le moment, j’attends un rapport du ministère de la Santé pour décider de la marche à suivre.» Ainsi s’exprime Akash Sookun, meurtri par l’absence d’une de ses jumelles. L’express est allé à sa rencontre hier, vendredi 23 mars, à Goodlands. Cet habitant de Triolet, âgé de 34 ans, nous a expliqué qu’il n’est pas près de lâcher l’affaire car le domaine de la Santé concerne l’intérêt public.

La vie du couple Sookun a basculé depuis que Neha Sookun a accouché d’une seule fille au lieu de jumelles, le 16 mars. «Nous n’avons rien pris sur nous pour penser qu’il y a deux bébés depuis le début de la grossesse. Ce sont des informations reçues du gynécologue de l’hôpital du Nord qui a admis avoir échographié deux bébés. Et mon épouse a continué ses traitements à la Medi-Clinique de Triolet», explique Akash Sookun.

Il soutient que son épouse suivait en parallèle des traitements avec le gynécologue de l’hôpital et un autre du privé. Sans oublier qu’il a contacté un radiologue pour une échographie dans un laboratoire. «Les trois spécialistes m’ont confirmé que ma femme aurait des jumelles. Deux d’entre eux m’ont montré à quelle vitesse les deux enfants grandissaient et leur taille

Le père, bouleversé, raconte que sur «une bonne douzaine d’échographies faites, trois différents médecins ont affirmé la venue de deux bébés». Il ajoute que chaque fois qu’une échographie était faite, sa femme et lui ne recevaient pas de film, mais des explications sur l’écran.

Akash Sookun a même demandé à son épouse comment vérifier la position des enfants. «Elle m’a expliqué que les sages-femmes à la Medi-Clinique lui ont montré comment vérifier la position des bébés pendant qu’elles bougeaient. Ma femme pesait dans les 71 à 80 kg, le poids idéal pour une femme enceinte de jumelles. De là à venir nous démentir, je vois cela comme de la mauvaise foi.»

Il constate que cela n’a pas de poids quand on vient lui demander si son épouse passe par une phase de baby blues. «Je préfère vous dire sincèrement que ceux qui ont diagnostiqué des jumelles chez ma femme ont sérieusement le baby blues pour nous induire en erreur. Ou s’ils savent où est mon enfant et ne veulent pas nous dire. Je demande que justice soit faite

Les «insides» de l’échographie

Comment expliquer la «disparition» du second bébé ? Selon le gynécologue Haroon Beebeejaun, il se peut que l’œuf fécondé se divise en deux, en début de grossesse. «Mais il y a 50 % de possibilités que l’un des deux embryons se dissolve pendant le premier trimestre. Lors de la première échographie, le médecin doit aviser la future mère qu’il faudra confirmer cette double grossesse plus tard», dit-il.

Si le Dr Beebeejaun insiste que l’échographie est un moyen sûr pour confirmer une grossesse, c’est son interprétation qui dépend du médecin. D’ajouter qu’une échographie est notamment pratiquée à la douzième semaine de grossesse pour déterminer le nombre et la viabilité du/des embryon(s). Et à la 18e semaine pour voir plus clair la morphologie du foetus. Pour le Dr Beebeejaun, le cas de Neha Sookun n’est pas isolé. À Maurice, il y a eu le cas d’une femme qui a eu des jumeaux alors que le gynécologue avait trouvé, grâce à l’échographie, qu’elle attendait des triplets. Ou encore d’une autre femme dont la grossesse avait été confirmée par le médecin, mais qui s’est révélée fausse. Neuf mois plus tard, il a été trouvé que la femme n’était pas enceinte. Des cas qui n’ont pas été médiatisés.

Les étapes d’un accouchement

Que se passe-t-il dans une salle d’accouchement ? Tout d’abord, dès que la patiente quitte la salle prénatale, elle est admise dans la salle d’accouchement. Là, une nursing wife va vérifier la tension et la dilatation du col. «Si c’est le premier enfant, la dilatation du col sera de 2 cm. On la garde en prénatal. On appelle ça le early labour. Si la dilatation est de 4 cm, on l’envoie dans la salle d’accouchement», nous dit une infirmière. La future maman est accompagnée d’une fiche et d’une cardiotocographie ou monitoring foetal. Cet appareil permet d’enregistrer le rythme cardiaque foetal. Il y a aussi le Sonicaid, qui est un un autre appareil pour surveiller les battements de cœur du bébé. Mais il est moins utilisé.

Selon l’infirmière, le protocole diffère pour un accouchement normal et une césarienne. Elle explique que pour un accouchement normal, la patiente se rend dans la salle où deux sages-femmes et un médecin de la maternité l’attendent. «On lui administre un sérum pour la réhydrater et on la laisse accoucher normalement. S’il y a un problème, le médecin appellera un spécialiste.» Selon elle, normalement pour un accouchement, le personnel comprend trois sages-femmes au maximum, un médecin et un gynécologue qui est on call.

Quid de la césarienne ? Selon l’infirmière, dès que le travail commence, on sait déjà qu’il y a un problème : les battements de coeur de bébé qui sont rapides ou lents, le cordon ombilical autour du cou ou le placenta «ki mal plasé». Une échographie est effectuée avant d’aller en salle d’accouchement. Le personnel médical peut comprendre huit à dix personnes. Après un accouchement, qu’il soit normal ou par césarienne, la patiente est dirigée dans une salle postnatale. «Le bébé reste avec la maman dans un warm corner s’il est en bonne santé. Sinon, il est placé dans une nursery

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