Grand-Port–Savanne: Rs 76 millions de frais illégaux collectées des maraîchers

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De 1990 à 2014, des frais pour l’utilisation des étals du conseil de district de Grand-Port–Savanne ont été collectés alors que le règlement n’a pas été «gazetted».

De 1990 à 2014, des frais pour l’utilisation des étals du conseil de district de Grand-Port–Savanne ont été collectés alors que le règlement n’a pas été «gazetted».

C’est une situation qui dure depuis 1990. Et, depuis, nul ne veut porter le chapeau pour cette faille dans les procédures. De cette période jusqu’en 2014, pas moins de Rs 76 millions ont été recueillies auprès des cinq marchés du conseil de district de Grand-Port–Savanne. Le hic : c’est que la décision de ce conseil de demander des frais de Rs 1 040 à chaque maraîcher pour l’occupation des étals n’a jamais été «gazetted» comme le stipule la loi. Du coup, toute la somme obtenue provient de transactions… illégales.

Un rapport soumis à la Local Government Services Commission en janvier de cette année en fait état. Mais cette situation avait été relevée depuis 2010 lorsqu’un inspecteur sanitaire attire l’attention des auditeurs du gouvernement sur cette anomalie. Celle-ci figure, du reste, dans le Government Audit pour le conseil de district pour l’année financière 2008-2009 (le rapport a été publié en 2011).

Tableau des frais recueillis par le conseil de district de Grand-Port–Savanne pour la période 1990-2014.

D’autre part, un rapport intérimaire a été soumis à l’Acting Chief Executive du conseil de district de Savanne en juillet 2013, et un rapport final le 15 août 2015. Rapport qui est également envoyé au ministère des Collectivités locales. Et entre le 7 septembre 2015 et le 11 avril 2016, le ministère envoie plusieurs courriers au conseil de district pour des explications. En vain.

Des explications internes sont aussi demandées aux responsables des marchés en juillet 2016. Il a fallu attendre février 2017 pour qu’elles arrivent. Si le Principal Internal Control Officer confirme l’anomalie, le Chief Health Inspector s’en prend, lui, à l’inspecteur sanitaire, soutenant qu’il s’agit là plutôt d’une «vengeance personnelle». L’affaire s’ébruite dans la presse le 1er juillet 2017. Quelques jours plus tard, le ministère demande au conseil de mettre sur pied un Audit Committee pour faire la lumière sur toute cette affaire. Il a fallu plusieurs lettres de rappel pour que le conseil s’exécute. Cependant, à l’heure actuelle, le rapport de ce comité se fait toujours attendre.

Mais voilà qu’en mars de cette année, les choses se retournent contre celui qui a levé le lièvre : l’inspecteur sanitaire. Dans une missive au secrétaire permanent du ministère, le conseil de district se dédouane et soutient même qu’au cours d’une réunion en 2012, l’inspecteur sanitaire n’a jamais évoqué cette anomalie. Selon le procès-verbal de cette rencontre, l’inspecteur sanitaire n’était pas présent.

Sollicité, ce dernier soutient avoir référé cette affaire au ministère. «Quant au reste, je laisse le soin aux autorités de faire leur travail.» 

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