Commission d’enquête sur l’affaire Platinum Card: la population veut des réponses

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Jack Bizlall, Nilen Vencadasmy, Reeaz Chuttoo, Rashid Imrith, Radhakrishna Sadien et Faizal Jeeroburkhan sont unanimes à dire qu’une commission d’enquête est nécessaire.

Jack Bizlall, Nilen Vencadasmy, Reeaz Chuttoo, Rashid Imrith, Radhakrishna Sadien et Faizal Jeeroburkhan sont unanimes à dire qu’une commission d’enquête est nécessaire.

Quelles sont les chances qu’une commission d’enquête sur l’affaire Platinum Card soit instituée ? Car maintenant qu’Ameenah Gurib-Fakim a dit qu’elle n’animera pas de conférence de presse après avoir quitté la State House, ou encore que la motion du député mauve Reza Uteem risque de ne pas être présentée à l’Assemblée nationale, les possibilités diminuent. Mais les citoyens lambda, eux, ne lâchent pas l’affaire. Comme l’opposition, des groupes de réflexion, syndicats et internautes font entendre leur voix et la réclament.

Une pétition en ligne a été lancée en ce sens par un groupe de réflexion nommé Nou Repiblik, le mardi 20 mars. «Les citoyens n’ont pas vraiment une plateforme pour réclamer cette commission d’enquête. Cette pétition leur donne l’occasion de se manifester. Il y a trop d’éléments inquiétants. On ne peut pas fermer les yeux en se disant simplement que la présidente de la République a démissionné de son poste», affirme Nilen Vencadasmy, vice-président du groupe.

À 7 heures, ce jeudi 22 mars, plus de 900 personnes avaient déjà signé la pétition en ligne. Celle-ci sera disponible jusqu’à lundi prochain, soit la veille de la rentrée parlementaire. «Le nombre de signatures recueillies jusqu’à présent démontre qu’il y a un intérêt autour de la question», soutient Nilen Vencadasmy. Et d’ajouter que Nou Repiblik déposera une correspondance, annexant la liste des signataires, au bureau du Premier ministre, lundi.

Le groupe Think Mauritius compte, pour sa part, tenir une conférence de presse dans le but d’accentuer la pression pour qu’une commission d’enquête soit mise sur pied. C’est ce que nous a dit Faizal Jeeroburkhan, lorsque nous l’avons sollicité. «Les citoyens se posent des questions. Il y a trop de zones d’ombre dans cette affaire. Et beaucoup de questions sont toujours sans réponse», dit-il.

Largesses de l’homme d’affaires angolais

Faizal Jeeroburkhan souligne qu’il n’y a pas que la présidente qui a bénéficié des largesses de l’homme d’affaires angolais et que ce n’est «qu’un élément, et non des moindres». «Il faut que les responsables soient identifiés et punis. C’est inacceptable que des institutions telles que la Présidence, la Banque de Maurice, la Financial Services Commission et le bureau du Premier ministre aient fait confiance à un homme dont l’argent est soupçonné d’être sale», soutient Faizal Jeeroburkhan. La mise en place d’une commission d’enquête est, pour lui, un must afin que d’autres cas similaires ne se répètent pas.

Sur les réseaux sociaux, des citoyens donnent libre cours à leurs pensées. «Il faut s’asseoir devant l’Assemblée nationale jusqu’à ce qu’une commission d’enquête soit mise sur pied», dit-on. Une internaute n’a pas hésité à s’exprimer en ces termes : «Quelle honte de devoir avoir recours à une pétition pour réclamer ce qui est logique et équitable et qui est dû à la population.» Ou encore : «Si le gouvernement n’est pas d’accord, c’est un signe de culpabilité. Dans ce cas, il va falloir descendre dans la rue», pour ne citer que quelques-uns.

Quant à Jack Bizlall, du Muvman Premye Me, il estime qu’une commission d’enquête est nécessaire afin que des actions soient prises contre tout Mauricien impliqué dans cette affaire. Qu’ils aient pris des pots-de-vin ou aidé à faire blanchir de l’argent.

«Les politiciens font durer le suspens»

Le syndicaliste Reeaz Chuttoo, de la Confédération des travailleurs du secteur privé, déclare que tous veulent connaître les dessous de cette affaire. «Les politiciens font durer le suspens afin de pouvoir tirer un capital politique.»

L’argument du Premier ministre, Pravind Jugnauth, selon lequel il ne peut instituer une commission d’enquête ne tient pas la route, d’après le syndicaliste. «Un président soumet sa démission. Ce n’est pas une chose banale», insiste Reeaz Chuttoo.

Son collègue du secteur public, Rashid Imrith, s’intéresse particulièrement au rôle des fonctionnaires dans cette affaire. «Ce n’est pas parce qu’il y a eu des brebis galeuses que l’image de toute la fonction publique devrait être ternie. Le ministère de tutelle aurait dû inviter les fonctionnaires ayant eu des frottements avec Álvaro Sobrinho à s’expliquer sur les circonstances dans lesquelles cela s’est produit», dit-il. Selon lui, les fonctionnaires corrompus doivent être dénoncés.

Radhakrishna Sadien se joint aussi à la vox populi : «La population a le droit de savoir. L’affaire Sobrinho comporte trop de zones d’ombre.»

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