11 ministres démissionnent du gouvernement MMM-PSM

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Le leadership du PM Anerood Jugnauth soutenu par Harish Boodhoo etait critiqué par Paul Bérenger.

Le leadership du PM Anerood Jugnauth soutenu par Harish Boodhoo etait critiqué par Paul Bérenger.

Il  y a 35 ans, le 22 mars 1983

Le 22 mars 1983 est une date importante dans l’histoire politique mauricienne. Ce jour là, 11 des 18 ministres décident de quitter le gouvernement Mouvement Militant Mauricien-Parti Socialiste Mauricien (MMM-PSM) dirigé par le Premier ministre, Anerood Jugnauth. C’est la cassure du gouvernement issu du premier 60-0 de l’histoire, le 11 juin 1982. 

En effet, ce 22 mars, Paul Bérenger, Jean-Claude de l’Estrac, Jayen Cuttaree , Shirin-Aumeeruddy-Cziffra, Rama Poonoosamy, Cassam Uteem, Krishna Baligadoo, Prem Koonjoo, Swalay Kasenally, Kailash Ruhee et Jocelyn Seenyen signent collectivement une lettre de démission. Ramduth Jaddoo ministre de l’Education en mission au Zimbabwe les rejoint quand il rentre au pays deux jours plus tard. 

Les ministres qui restent aux côtés d’Anerood Jugnauth sont : Harish Boodhoo, Kader Bhayat, Kishore Deerpalsing, Rohit Beedassy, Diwakar Bundhun, et Serge Clair.  

Les relations entre les membres du gouvernement sont tendues. Les ministres MMM reprochent à Anerood Jugnauth un manque de leadership et de trop se laisser influencer par Harish Boodhoo, le Deputy Prime minister. Ce dernier, lui, remet en question la politique menée par des ministres MMM. En réalité, il y a une unité de façade, mais chacun poursuit ses objectifs au sein du gouvernement. L’équipe ministérielle fait preuve d’une cruelle inexpérience de la pratique du pouvoir. Car, à part le Premier ministre, Anerood Jugnauth, tous les autres membres du gouvernement sont à leur première expérience ministérielle.

C’est le limogeage, la veille, soit le lundi 21 mars, de Gaëtan Essoo directeur général (DG) de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) qui met le feu aux poudres. Essoo un nominé du MMM ne souffre pas l’ingérence, qu’il dit quotidienne, du ministre de l’Information, Harish Boodhoo, dans la gestion de la MBC. Mais Anerood Jugnauth dira que ce n’est pas la vraie raison de la cassure, car le cabinet avait déjà discuté du départ du DG de la MBC.

La séance parlementaire du lendemain se déroule dans une ambiance plus que tendue. Le ministre des Finances Paul Bérenger répond de manière cinglante à une question supplémentaire d’Armoogum Parsuramen, le président du Public Accounts Committee. En l’absence d’Alan Ganoo, en voyage, c’est le Deputy Speaker Ajay Daby qui préside les débats. Le ministre des Finances contestera sa décision de permettre au président du PAC de s’adresser à la Chambre après les déclarations ministérielles. 

Durant la pause déjeuner, les ministres MMM ainsi que Kailash Ruhee et Jocelyn Seenyen se réunissent au Commitee Room de l’Assemblée législative. Kader Bhayat arrive mais repart aussitôt. Dans l’après midi, nouvelle réunion. Cette fois le ministre de la Jeunesse et des Sports Diwakar Bundhun manque à l’appel. Les 11 ministres présents signent une lettre de démission collective qu’ils font parvenir au Gouverneur général, Sir Dayendranath Burrenchobay. Les ministres Kasenally et Ruhee seront chargés d’en remettre une copie au Premier ministre

Toutefois, Anerood Jugnauth mis en minorité dans son gouvernement par les membres de son propre parti ne démissionne pas. Il va s’expliquer devant le comité central du parti, mais il essuie un blâme pour des déclarations publiques. Cependant, il parvient avec le soutien du PSM de s’assurer une courte majorité parmi les députés. Il nommera certains d’entre eux à des postes ministériels et un mois plus tard créera son parti, le Mouvement Socialiste Militant. 

C’est à partir des événements du 22 mars 1983, qu’émerge le leader Anerood Jugnauth. Par la suite il devient, le redoutable politicien qui dirige le pays jusqu’en 1995. La cassure du gouvernement MMM-PSM permet au Parti Travailliste et au Parti Mauricien Social Démocrate de se retrouver au gouvernent après les élections d’août 1983. La direction que prend le pays alors est tributaire des événements du 22 mars 1983. 

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