Mayendri Antoine: de femme au foyer à businesswoman

Avec le soutien de
Malgré les difficultés auxquelles elle fait face, Mayendri ne compte pas baisser les bras.

Malgré les difficultés auxquelles elle fait face, Mayendri ne compte pas baisser les bras.

Elle a 48 ans et est fière du travail qu’elle a accompli jusqu’à présent. Et Mayendri Antoine, une habitante de Montagne-Blanche, a toutes les raisons de l’être. Il y a sept ans, celle qui était, à ce moment-là, femme au foyer, a décidé de redonner un nouveau sens à sa vie. Ce, tout en aidant son époux, Pierre, employé au sein de la propriété de Fuel, à faire bouillir la marmite.

Lorsqu’elle décide de rejoindre le Woman Centre, à Flacq, son fils Alexandre était, alors, âgé de deux ans. «Avant de me marier, j’ai travaillé dans le textile mais lorsque j’ai donné naissance à mon fils, j’ai arrêté», confie Mayendri. Pendant deux ans, elle a suivi des cours pour débutants dans la fabrication de chaussurespour femmes et enfants. Deux ans plus tard, afin de s’améliorer, elle décide d’aller travailler chez un cordonnier à Rose-Hill. «J’ai suivi des cours plus approfondis là-bas pendant un an et lorsque je me suis sentie prête, je me suis lancée», raconte l’habitante de Montagne-Blanche.

Mayendri décide, alors, d’aménager un atelier chez elle et de convertir son garage en un petit magasin. Pour se procurer ses matières premières, la quadragénaire se rend, une fois par mois, à Port-Louis, pour acheter des semelles, de la colle et autres produits. «J’utilise uniquement des produits locaux. Quelquefois, les Mauriciens ont tendance à croire que cela coûte moins cher, mais c’est totalement faux car les matières premières, elles-mêmes, sont chères», indique Mayendri.

Dans son magasin, les chaussures et les sandalettes sont en vedette. Et surtout elles ne coûtent pas les yeux de la tête. «Les prix sont très abordables et varient entre Rs 250 à Rs 450», souligne la mère de famille. Cela fait désormais neuf ans depuis que Mayendri jongle entre ses responsabilités familiales et son métier. «Je me réveille tôt pour m’occuper de la maison, de mon époux et de mon fils. Ensuite je passe ma journée dans mon atelier. Quelquefois après le repas, j’y retourne pour compléter des commandes qui doivent être livrées rapidement», confie-t-elle. Néanmoins, Mayendri affirme qu’elle peut compter sur le soutien infaillible de Pierre et de son fils, Alexandre.

 Une battante

Par ailleurs, la quadragénaire a l’opportunité de se rendre, trois lundis par mois, au marché de Quatre-Bornes, grâce à sa collaboration avec le Woman Centre. Et avec l’aide de la Small and Medium  Enterprises Development Authority et le Women Entrepreneur Council, Mayendri peut aussi travailler au sein des foires organisées à l’intention des petits entrepreneurs. «Le Women Entrepreneur Council nous aide beaucoup, que ce soit au niveau de l’organisation des foires et d’autres formations sur la gestion de nos affaires», explique-t-elle.

Toutefois, elle se dit attristée par un fait : la façon de faire des propriétaires de magasins qui, confie-t-elle, jouent, souvent, les trouble-fêtes. «Ils sont mécontents lorsque se tiennent des foires. À titre d’exemple, la dernière fois, une foire avait été organisée dans l’enceinte d’un centre commercial et les propriétaires de magasins ont provoqué des problèmes et c’est pire lorsqu’il s’agit de la vente de chaussures. Souvent on ne me laisse pas travailler. J’ai à plusieurs reprises été renvoyée avec mes produits», dit Mayendri avec tristesse. Selon elle, si cette situation persiste, les entrepreneurs seront découragés. «Je lance un appel à ces personnes de coopérer avec nous, car nous travaillons pendant une période uniquement alors qu’eux, ils y sont en permanence. Il faut nous donner notre chance», poursuit la quadragénaire.

Malgré les difficultés auxquelles elle fait face, Mayendri ne compte pas baisser les bras. Ce métier, explique cette maman, n’est pas seulement devenu sa source de revenus mais une passion à laquelle elle s’adonne avec le plus grand plaisir.

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