Rivière-Noire: se mettre au cyclisme pour briser les stigmates

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De g. à dr., Lucas Faron, Dylan Nadal et Gilberto Frédéric sont trois jeunes motivés par le cyclisme.

De g. à dr., Lucas Faron, Dylan Nadal et Gilberto Frédéric, trois jeunes qui viennent de découvrir la joie du cyclisme.

Une alternative pour les jeunes qui veulent enrayer les stéréotypes. S'adonner au sport, en l'occurrence au cyclisme.

Ça pédale pour eux ! En effet,L’organisation non gouvernementale (ONG) Safire, avec la collaboration du Kollectif livier Nwar (KRN) et la Fédération de cyclisme, a, depuis le début de l’année, permis à quelques jeunes de se mettre au cyclisme. Cette discipline sportive est considérée comme difficilement accessible aux enfants de familles en difficulté ou défavorisées, notamment en raison du coût d’un équipement de qualité.

Trois jeunes à Rivière-Noire font partie d’une équipe d’apprentissage au cyclisme sur route. Ce programme vise aussi à donner aux jeunes un moyen de ne pas se retrouver coincés dans les stéréotypes d’enfants difficiles ou d’enfants de rue. L’objectif des trois jeunes que sont Lucas Faron, Dylan Nadal et Gilberto Fréderic est une participation aux Jeux des îles de l’océan Indien l’année prochaine.

Jordan Ramasamy, du KRN, qui suit leur parcours.

«Pour le moment, nous faisons ce que nous pouvons, nous réussissons à suivre le parcours d’entraînement mais la première fois, cela a été vraiment difficile», avoue Gilberto Fréderic. «Mais maintenant, ça va mieux, on sait que si on suit les préparations on pourra être prêt pour aller vers les compétitions.»

Gilberto est le plus volubile et le plus ambitieux des trois. Compétiteur de nature, il a l’habitude de pratiquer différents sports et le cyclisme est son nouveau moyen de se dépenser. «Pour le moment, avec les entraînements que l’on suit depuis presque deux mois, on a appris à se tenir correctement sur le vélo, à suivre le tempo par exemple», dit de son côté Lucas Faron.

Les jeunes s’entraînent en moyenne cinq fois par semaine. L’un d’eux, Dylan Nadal, s’est fait remarquer par son assiduité sur les pédales. «J’ai déjà fait de longs parcours, dont la montée de Chamarel », raconte-t-il. «Je n’ai pas pu finir la montée mais j’ai pu continuer à pratiquer.»

Même si, pour le moment, il n’est pas le meilleur des trois, il est celui qui est attendu au tournant. Cela ne décourage cependant pas ses deux camarades, qui n’en démordent pas durant les entraînements.

«Dylan est un garçon motivé et intéressé par le vélo. Et c’est une bonne chose. Nous voulons que les jeunes trouvent un moyen de se concentrer et d’aller dans une bonne direction pour se sortir des préjugés», explique Juanito Beguinot, qui connaît très bien les trois jeunes.

Ce programme sportif est une des avenues possibles pour les jeunes afin de ne pas rester coincés par le stigmate d'enfants de cité  de Rivière-Noire. Le programme a été lancé dans plusieurs régions du pays grâce au partenariat entre Safire et la Fédération de cyclisme. Dans la région Ouest, une quinzaine de jeunes bénéficient de cette opportunité.

«Ce genre de programme permet aux jeunes des régions en difficulté de trouver le moyen de ne pas être pris dans des situations qui pourraient leur être préjudiciables », affirme pour sa part Jordan Ramsamy de KRN. «C’est un moyen comme un autre d’aider ceux qui en ont besoin afin qu’ils puissent se concentrer et éviter des problèmes de scolarité.»

KRN et Safire sont entrés en contact à la fin de l’année dernière et, depuis janvier, des jeunes ont pu faire partie du projet. Ils ont aussi accès au matériel nécessaire à travers le parrainage et le CSR, ce qui permet d’assurer leurs entraînements dans de bonnes conditions. En espérant que l’un de ces jeunes décrochera une médaille – et pourquoi pas celle du plus beau métal ? – aux Jeux des îles de l’année prochaine.

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