Arrestation arbitraire: trois rastafaris réclament des dommages de Rs 5 M chacun

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Des policiers traînant un rastafari après un rassemblement le 6 mai 2016 à Port-Louis. © Beekash Roopun

Des policiers traînant un rastafari après un rassemblement le 6 mai 2016 à Port-Louis. © Beekash Roopun

Ils sont trois rastafaris à réclamer chacun des dommages de Rs 5 millions à l’Etat, au commissaire de police et au sergent Dinesh Balgobin de la brigade antidrogue (Anti-Drug and Smuggling Unit Headquarters). Leur accusation provisoire de possession de cannabis ayant été rayée en cour de district de Port-Louis en 2017, Wendy Ambroise, Regan Chuttoo et Pascale Sérieuse ont déposé une plainte, par le biais de Mes Erickson Mooneapillay et Roshan Rajroop, en ce 15 mars 2018.

Des heurts ont éclaté entre des rastafaris et des policiers à Port-Louis le 6 mai 2016. © Beekash Roopun

Les trois plaignants estiment que leur arrestation est arbitraire et injuste et qu’elle leur a causé un déshonneur aux yeux des autres rastafaris et de leurs proches. Ils ont dressé une chronologie des événements dans leur plainte.

Le 6 mai 2016, des rastafaris se sont rassemblés au jardin de la Compagnie pour une séance de prière. «Cette assemblée s’est tenue en toute sérénité et nous chantions nos prières de façon disciplinée», racontent-ils. Pascale Sérieuse, était, elle, accompagnée de son partenaire et de son enfant.

Rassemblement de rastafaris le 6 mai 2016 au jardin de la Compagnie. © Beekash Roopun

Des policiers de la Special Supporting Unit en civil, selon eux, ont fait irruption et les ont saisis par les bras sans explications. «On a essayé de raisonner avec eux mais ces policiers ont agi de façon énergétique. Tout ce que nous avons compris, c’était les propos ramassé ramassé», précisent-ils.

Des policiers sont intervenus durant le rassemblement de rastafaris au jardin de la Compagnie le 6 mai 2016. © Beekash Roopun

Ils ajoutent que les policiers les ont projetés par terre. Quoiqu’ils n’aient démontré aucune résistance, les policiers, selon leurs dires, auraient utilisé la force pour les emmener et les traîner jusqu’à un véhicule de police.

Des policiers entourant un rastafari à terre le 6 mai 2016 en face des Casernes centrales. © Beekash Roopun

«Gas was released and they used batons», peut-on lire dans le document dans lequel Wendy Ambroise et Regan Chuttoo affirment avoir été placés en état d’arrestation sans que la police leur ait communiqué leurs droits constitutionnels dont la raison de leur arrestation. «Ils ont plutôt utilisé une force excessive envers nous et on peut facilement identifier ces policiers car ce sont eux qui avaient porté l’accusation en Cour», poursuivent les deux plaignants.

Affrontements entre policiers et rastafaris le 6 mai 2016 à Port-Louis. © Beekash Roopun

Quant à Pascale Sérieuse, elle soutient qu’elle s’est rendue aux Line Barracks pour s’enquérir de ses amis. Toutefois, elle a elle aussi été placée en état d’arrestation. «Ce jour-là, mon enfant a dû subir ce gaz émis par la police et l’enfant a été traumatisé de par ces évènements.»

Des policiers entraînant un rastafari jusqu’aux Casernes centrales le 6 mai 2016. © Beekash Roopun

Les plaignants ont d’emblée allégué avoir subi des brutalités policières le jour de leur arrestation. Ils avaient comparu devant la justice le lendemain mais leur charge a été radiée un an après. Estimant que leur détention est arbitraire et que leur réputation a été ternie, Wendy Ambroise, Regan Chuttoo et Pascale Sérieuse demandent des dommages conjointement aux trois défendeurs.

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