Élections générales : Nouvelles configurations pour les circonscriptions ?

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Le président de l’Electoral Boundaries Commission, Yusuf Aboobaker (à dr.), et le commissaire électoral, Irfan Rahman, sont concernés par le redécoupage électoral.

Le président de l’Electoral Boundaries Commission, Yusuf Aboobaker (à dr.), et le commissaire électoral, Irfan Rahman, sont concernés par le redécoupage électoral.

Est-ce que 2018 sera la bonne année ? L’Electoral Boundaries Commission (EBC) entame dès le 7 avril des consultations en vue de rédiger un nouveau rapport sur les délimitations des vingt circonscriptions de Maurice. Ce rapport, selon notre Constitution, doit être déposé chaque dix ans. Le dernier en date a été effectué en 2009. Cet exercice devra principalement établir une parité en nombre d’électeurs, dans la mesure du possible, entre les différentes circonscriptions.

Cependant, la crainte que le rapport ne soit laissé au fond d’un tiroir subsiste. Un membre de l’Assemblée nationale craint que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, n’emboîte le pas à son prédécesseur, Navin Ramgoolam, qui n’avait aucunement ouvert les discussions sur le rapport de 2009. «Si, par exemple, un Premier ministre note que le nouveau découpage électoral est défavorable pour lui ou pour son parti, il risque de ne pas l’adopter, ni de présenter une motion au Parlement, pour en débattre», déclare notre interlocuteur.

 Respecter la Constitution

Navin Ramgoolam avait fourni deux explications au Parlement pour ne pas présenter le rapport de 2009. Dans un premier temps, il avait argué qu’il avait eu le rapport en novembre 2009, soit à six mois des élections de mai 2010. Sauf qu’une fois ces élections remportées, l’ancien Premier ministre est venu dire qu’il apporterait plutôt une réforme électorale, jugeant inapproprié d’apporter des changements aux circonscriptions.

Le député du Mouvement militant mauricien, Reza Uteem, qui avait interpellé Navin Ramgoolam sur la question en 2010, lance un appel pour que le nouveau rapport soit débattu au Parlement. «J’estime qu’il faudra respecter la Constitution, laquelle exige un rapport chaque dix ans», dit-il.

Toutefois, la Constitution n’oblige aucunement un Premier ministre de présenter une motion pour faire adopter ou rejeter ce rapport sur les délimitations des circonscriptions au Parlement, explique Alan Ganoo, président du Mouvement Patriotique. Cependant, il estime qu’il faudra néanmoins respecter notre Constitution.

«Notre loi suprême exige qu’il y ait un rapport pour établir un équilibre entre les circonscriptions. Mais nous avons eu deux élections générales sans que les contours de nos circonscriptions ne soient revus. Depuis, le nombre d’électeurs a sensiblement augmenté dans certaines circonscriptions. D’où l’importance d’un débat», dit-il. Par exemple, la disparité est flagrante entre la circonscription no 3, Port-Louis-Maritime–Port-Louis-Est, qui compte 21 383 électeurs, et, par exemple, le no5, Pamplemousses–Triolet, qui a 62 388 votants.

Cependant, le président de l’EBC, Yusuf Aboobaker, affirme qu’il n’est pas toujours évident d’établir cet équilibre, car il faudra notamment prendre en considération l’aspect géographique des circonscriptions, et les facilités infrastructurelles existant dans chaque agglomération, avant de compléter tout découpage.

Le public invité à déposer devant l’EBC

Une dizaine de personnes ont déjà signifié leur intention de déposer devant cette commission. Yusuf Aboobaker invite le public, ou les partis politiques souhaitant faire des propositions à la commission, de prendre contact avec son secrétariat au plus tard le 31 mars.

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