ML: Muvman Liberater ou Muvman Lagaf ?

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Ivan Collendavelloo et ses acolytes Anil Gayan, Vijaya Sumputh et Ravi Rutnah.

Ivan Collendavelloo et ses acolytes Anil Gayan, Vijaya Sumputh et Ravi Rutnah.

Elle sera bientôt connue comme l’ancienne présidente de la République. Et, c’est le Muvman Liberater (ML) – avec l’accord de son allié le MSM, bien entendu – qui a proposé qu’Ameenah Gurib-Fakim aille «s’installer» au château du Réduit. Après l’affaire Platinum Card, il s’agit d’une énième «gaffe» qui colle à la peau d’Ivan Collendavelloo et de ses acolytes, souvent empêtrés dans des épisodes burlesques ou tragiques, suscitant l’indignation et la colère de la population. Gaston a-t-il des soucis à se faire ? Le ML est-il un boulet pour le MSM ? Retour sur quelques épisodes marquants qui ont émaillé le mandat, jusqu’ici, du Muvman censé libérer, mais pas tout à fait délivré des bévues et autres scandales, semble-t-il.
 

Ivan Collendavelloo : faux pas et faut pas

Sa présence aux côtés d’Ameenah Gurib-Fakim, mercredi, a relancé la polémique. C’était lors du lancement de l’ouvrage Du réduit à la State House, signé la présidente elle-même. La question : Ivan Collendavelloo faisait-il un pied de nez à Pravind Jugnauth, alors que la veille, le Premier ministre avait clairement fait comprendre qu’il s’était désolidarisé de la femme de science ? Existe-t-il seulement quelque alchimie entre les deux hommes ou se contentent-ils de cohabiter ? Pour justifier sa présence, l’adjoint au Premier ministre a expliqué qu’il était «féru de littérature et d’histoire et que c’était un honneur pour [lui] d’être présent».

Par ailleurs, les sceptiques ne peuvent s’empêcher de s’interroger sur le timing du voyage du leader du ML, qui sera de retour demain, dans la matinée. Le but de sa visite : assister à une conférence de l’International Solar Alliance, programmée «a long time ago» selon un communiqué de presse.

Est-ce vraiment une coïncidence si c’est en son absence que le Premier ministre a, lors du conseil des ministres, vendredi, donné son aval pour que les procédures de destitution de la présidente soient enclenchées ? Que les négociations ont abouti à un «accord à l’amiable» pour qu’Ameenah Gurib-Fakim s’en aille après le 12 mars ?

Quoi qu’il en soit, Ivan Collendavelloo avait également provoqué un tollé lorsqu’il avait déclaré, à la radio, que le courant était bien passé entre le controversé homme d’affaires Alvaro Sobrinho et lui. Il a suffi qu’il le «regarde dans les yeux» pour voir qu’il était propre comme un sou neuf.
 

Anil Gayan : bat dan latet ?

Il n’avait pas vu de requin lors de sa sortie en bateau, alors qu’il visitait les fermes aquacoles de Grand-Gaube, en janvier. Mais ce n’est pas la seule fois où Anil Gayan, ministre du Tourisme, s’est retrouvé en galère face à l’opinion publique.

D’autres déclarations resteront dans les annales, voire en travers de la gorge des Mauriciens. «We’ll have a whole country who will be ‘nissa’ all the time», avait-il déclaré le 29 juin 2016, alors qu’il était ministre de la Santé. Cette phrase emblématique, problématique, prononcée, qui plus est, devant la commission d’enquête sur la drogue, lui avait valu bien des critiques de la part des internautes, notamment. Anil Gayan citait en fait la raison pour laquelle le cannabis ne devait pas être dépénalisé à Maurice.

Le président de la commission, Paul Lam Shang Leen, lui avait alors demandé si l’alcool ne devrait pas être banni, si l’on suit cette logique. «Once you get high, you want to get higher.» Selon le ministre ML, ceux qui consomment de l’alcool dessoûlent à un moment alors que ceux qui prennent du cannabis en veulent toujours plus…

Plus grave encore, la déclaration d’Anil Gayan – également responsable de l’arrêt du traitement à la méthadone – sur la drogue synthétique, communément répertoriée sous l’appellation «bat dans latet». Tandis que la presse et les ONG tiraient la sonnette d’alarme sur ce fléau qui ne cesse de prendre de l’ampleur chez les jeunes, Anil Gayan, lui, affirmait que «la situation n’est pas alarmante».

Quelques jours plus tard, le vice-président de la République, Paramasivum Pillay Vyapoory devait lui donner la réplique : «Un mort à cause de la drogue, c’est un mort de trop.» Les responsables des ONG avaient invité le ministre à descendre sur le terrain. Les internautes avaient conclu, sur le ton de l’humour mêlé à de la consternation, que le ministre «inn bat dan latet».

Sinon, en pleine polémique autour de l’affaire Sobrinho, Anil Gayan a déclaré, le 3 mars 2017 : «Je l’ai rencontré une ou deux fois, mais je ne le connais pas personnellement…»
 

Vijaya Sumputh : dame de cœur

Quand l’affaire a éclaté au grand jour, tous les membres du gouvernement étaient mal à l’aise. Sauf Anil Gayan. Lors d’une question parlementaire soulevée en mars 2017, alors qu’il avait fraîchement repris le stéthoscope du ministère de la Santé, Anwar Husnoo, pourtant lui aussi du ML, devait faire de fracassantes révélations concernant le salaire de la directrice du Centre cardiaque de Pamplemousses, Vijaya Sumputh. Écœurés, les Mauriciens apprenaient alors que celui-ci était passé de Rs 200 200 à Rs 323 200. Une belle augmentation approuvée par Anil Gayan lorsque celui-ci s’occupait du portefeuille de la Santé.

Il faut savoir qu’Anil Gayan et Vijaya Sumputh sont des amis proches et membres du ML. Le Premier ministre, qui avait lui aussi eu mal au cœur en entendant ces chiffres, semble-t-il, avait mis sur pied un fact finding committee pour faire la lumière sur toute l’affaire. Le 30 mars 2017, Vijaya Sumputh soumettait sa démission comme directrice du Trust Fund for Specialised Medical Care.

Ravi Rutnah : quelques aboiements plus tard…

His name is Rutnah. Ravi Rutnah. L’homme à la verve inégalée, grand fan de Shakespeare, et membre du ML of course, a provoqué l’ire de nombreux Mauriciens. Certains allant même jusqu’à se demander, «bouchon d’oreille, where art thou ?»

Parmi ses nombreuses frasques verbales, on se souvient de l’une en particulier. Ravi Rutnah avait en effet traité une journaliste de «fémel lisien» lors d’un congrès en septembre 2017, à Rose-Hill. Celle-ci l’avait, dit-il, traité d’aboyeur dans un article, dont personne, pas même lui, n’a jamais retrouvé la trace…

Cette déclaration avait transmis la rage à la population, surtout aux femmes et ONG. Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui était à l’étranger au moment où Rutnah a sorti les griffes et montré les crocs, devait lui demander de présenter ses excuses.

D’autre part, Ravi Rutnah a affirmé qu’il était contre l’utilisation du créole au Parlement, tout en lançant des «ros dan zardin» de ses collègues… «Déjà qu’il y a des députés avec des capacités intellectuelles limitées. Avec le créole, le Parlement deviendrait un bazar», avait lancé le député du ML.

De la verve, on vous dit…

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