Triangle de Chamarel: l’Association socioculturelle rastafari sommée de décamper

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Selon les rastafaris, le Triangle de Chamarel est occupé par leurs ancêtres depuis 450 ans.

Selon les rastafaris, le Triangle de Chamarel est occupé par leurs ancêtres depuis 450 ans.

Le lieu connu comme le Triangle de Chamarel changera bel et bien de visage. L’Association socioculturelle rastafari (ASCR) a perdu son combat contre Case Noyale Ltée, en Cour suprême. Les rastafaris ont été sommés de plier bagage «d’ici à la fin de mai 2018».

Cela fait quelques années que le Triangle de Chamarel fait l’objet d’un litige en Cour. Case Noyale Ltée, entité de la Compagnie sucrière de Bel-Ombre, a entamé des procédures légales pour déloger les rastafaris. Expliquant qu’ils occupent illégalement ces terres où elle compte procéder à la construction de parkings.

Acte notarié

Le juge David Chan Kan Cheong a tranché en faveur de la compagnie après avoir pris en considération plusieurs aspects. Entre autres, le fait que la Compagnie sucrière de Bel-Ombre est bel et bien le propriétaire du terrain de 300 arpents, aussi connu comme La Rousselière, composé de 7 portions, y compris celle occupée par les rastafaris. Elle a produit un acte notarié en ce sens.

La Compagnie sucrière de Bel-Ombre a indiqué, dans sa plainte, avoir appris que l’ASCR occupait illégalement ce terrain et y avait même érigé un cabanon. Les rastafaris se sont défendus en expliquant que leurs ancêtres étaient présents sur ce lieu depuis 450 ans.

Or, a fait remarquer le juge, «cela nous ramène en 1568. Selon les livres sur l’histoire, les Français avaient pris possession de Maurice en 1715 et des colons avaient immigré en 1721. Alors, les allégations de l’association selon lesquelles leurs ancêtres occupaient le terrain, soit en 1567 ou 1667, ne sont pas correctes».

«Flimsy and imprecise averments»

Le juge est, en outre, revenu sur les affirmations de l’ASCR à l’effet qu’elle a le droit d’occuper cette parcelle de terre. Si c’était le cas, pourquoi a-t-elle fait une demande en ce sens au ministère du Logement et des terres, s’est demandé le juge. Qui plus est, bien que les rastafaris aient clamé détenir un droit de superficie,  «une fois encore, ils n’ont pas présenté de preuve». Pour le juge David Chan Kan Cheong, «this is another example of the flimsy and imprecise averments of respondent».

Case Noyale Ltée est représentée par Mes Robert et Doger de Spéville Senior Counsel et Desvaux de Marigny. L’ASCR a, elle, retenu les services de Me Mooneapillay et de l’avoué Appado.

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