Panneaux solaires: une formation qui éclaire

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Il est midi. Les rayons de soleil sont brûlants à Rose-Hill. Délaissant stylos et cahiers, quelques hommes se précipitent sur le toit de la School of Electronics. «Là, les élèves sont en pleine pratique. Ils exécutent des tests solaires pour mesurer la quantité de courant et de puissance qu’il est possible de produire. Et lorsqu’il y a de l’ombre, il faut savoir quoi faire. L’orientation d’un panneau solaire est capitale. S’il est mal placé, il ne produira pas efficacement», explique Khemraz Ramduth, le formateur.

Après avoir disséqué le soleil, retour à la théorie. Au fond de la salle, Nickel Law San, 28 ans, fait le plein de notes. «Je viens de Mont-Lubin, Rodrigues. J’adore bricoler. Et naturellement, l’énergie solaire m’interpelle. On a installé des panneaux chez moi. Maintenant, je veux installer des panneaux photovoltaïques partout à Rodrigues», lance-t-il. Le jeune homme ambitionne de créer des villages écologiques alimentés à l’énergie solaire.

Cette perspective d’avenir anime également Anil Kumarsing Awootar, 57 ans, habitant de Rose-Hill. «En mécanique et en électrique, je m’y connais déjà. Mais je suis là pour approfondir mes connaissances en énergie solaire. Comme je suis en préretraite, je veux maîtriser ce domaine dès maintenant. Ainsi, je développerai mon commerce», affirme le quinquagénaire, employé comme PrincipalVehicle Examiner à la National Transport Authority.

Protéger de l’orage et des éclairs

À la School of Electronics, une quinzaine de personnes ont sauté dans le wagon du solaire. Il s’agit du quatrième groupe formé. «Nous avons lancé ce cours depuis un an en vue de promouvoir l’énergie verte et de proposer les compétences pratiques», déclare Abdel Maharaullee, directeur de l’établissement. Focalisé sur l’installation de ce système hors réseau, sans dépendre du Central Electricity Board (CEB), le cours aborde le fonctionnement, le stockage à travers des batteries, la distribution, la sécurité et la maintenance, entre autres aspects.

Vingt séances sont dispensées. «La pratique est largement intégrée. Nous avons aménagé un panneau de 100 watts à capacité de 12 volts sur un autre toit. Les élèves devront faire la connexion, le câblage et établir le système de contrôle. Nous allons aussi voir comment protéger les panneaux de l’orage et des éclairs», précise le formateur.

Génératrices d’emplois

Au laboratoire de communication et d’ingénierie de l’université de Maurice, une vingtaine d’étudiants sont également initiés à l’énergie solaire. Animées par Yatindra Ramgolam, Senior Lecturer, deux formations – niveau débutant et avancé – sont dispensées depuis 2015. «Maurice doit se démarquer avec l’énergie photovoltaïque. Il faut miser sur ces compétences aussi bien écologiques que génératrices d’emplois», affirme-t-il.

Citant le rapport du REN 21 Renewables 2016 Global Stats, Yatindra Ramgolam mentionne que le secteur a créé 8,1 millions d’emplois, selon les estimations de 2015. Et ce n’est que le début. D’ailleurs, ajoute-t-il, cette ressource naturelle attire le plus d’investissement à l’international, à hauteur de 87 % dans les pays développés et à 80 % dans les pays en voie de développement. Ces taux sont supérieurs à l’énergie éolienne, évaluée à 42 % et 67 % dans les deux types d’économies respectives.

Le soleil brille aussi pour les étudiants car les prix des cellules et autres matériaux nécessaires à la construction sont à la baisse. «En 1977, le coût des cellules était de $76,67 par watt. En 2015, le prix était de $ 0,40 en moyenne», précise Yatindra Ramgolam. Cette conscience écologique gagne de plus en plus les Mauriciens. À commencer par Shameera Hosany, ingénieure à l’Energy Services Division, une apprenante. «Au département, nous recevons beaucoup de demandes pour ces installations. En participant à cette formation, j’aurai les clés pour mieux y répondre.»

Pour Anand Bheeca, Senior Audit OfficerTechnical au CEB, cette initiation sera un outil considérable dans son travail. «Nous avons souvent des évaluations et vérifications pour nous assurer du bon fonctionnement du système. D’ailleurs, aujourd’hui, 2 000 Mauriciens bénéficient de facilités pour installer les panneaux photovoltaïques. Et cela passera à 10 000 dans cinq ans.»

Pour nos interlocuteurs, la spécialisation au coeur de cette énergie verte ne fait que commencer. «Il y a beaucoup d’avantages avec le solaire. C’est non polluant et renouvelable. Là, je suis impatiente de passer à la pratique», conclut Shameera Hosany.

Combien ça coûte ?

À la School of Electronics, la formation en énergie photovoltaïque coûte Rs 8 000. La durée est de 40 heures, à raison de deux heures par séance le samedi. Quant au cours de l’université de Maurice, le programme pour débutants est à Rs 10 000, alors que celui du niveau avancé est à Rs 15 000. La durée est de 18 et 21 heures respectivement avec des séances de trois heures. À la School of Electronics, la prochaine formation se déroulera en avril 2018, tandis que celle à l’université débutera vers la fin de l’année.

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