Scandale Platinum Card: le compromis PM-présidente irrite le MSM et l’opposition

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Le PM n’a pas voulu répondre aux questions de la presse hier, vendredi 9 mars, suite à son compromis avec la présidente.

Le PM n’a pas voulu répondre aux questions de la presse hier, vendredi 9 mars, suite à son compromis avec la présidente.

En début de semaine, le Premier ministre (PM), Pravind Jugnauth, de par sa prise de position par rapport à l’affaire Platinum Card, confirmait qu’il voulait faire de la politique autrement. Il avait, du coup, amassé un capital sympathie au sein de la population. Mais tel n’est plus le cas en cette fin de semaine. Il y a de l’irritation dans l’air, venant, entre autres, de l’opposition, mais aussi de ses propres rangs.

Le compromis qu’il a pu trouver entre la présidente de la République et lui-même fait pleuvoir une pluie de critiques sur sa personne depuis hier après-midi, vendredi 9 mars. Au moins trois membres du gouvernement disent ne pas comprendre cette décision de Pravind Jugnauth, d’avoir accepté que la présidente repousse sa démission à une date ultérieure.

«C’est dégoûtant cette façon de faire de la politique. Après nous avoir écoutés au bureau politique, samedi, le PM nous avait dit qu’il agira contre la présidente. Mais aujourd’hui, je suis déçu. Et je sais qu’ils sont nombreux ceux qui partagent mon avis. Je boycotterai les festivités», a fait ressortir ce membre du MSM.

Un autre habitué du Sun Trust se demande même si la présidente n’a pas dévoilé d’autres noms associés à ce scandale. Par contre, l’élu du Muvman liberater, Toolseeraj Benydin, estime, lui, que le PM a pu trouver une solution pour que la présidente puisse effectuer une sortie honorable.

«Péi-la anba lao»

Navin Ramgoolam, qui a été le premier politicien de l’opposition à réagir, parle, lui, de mollesse et de faiblesse de la part de Pravind Jugnauth. «Après tant de négociations avec la présidente, Pravind Jugnauth devrait se sentir humilié aujourd’hui, face à la demande d’Ameenah Gurib-Fakim de repousser sa démission».

Le leader du Parti travailliste (PTr) parle d’un méga scandale et affirme qu’il va en parler en long et en large après la fête de l’Indépendance. «Péi-la anba lao. Dayer, yer, an prézans Pravind Juganuth, pavion Moris ti anba lao dan Lycée Labourdonnais. Sé enn sign sa !» Le PTr, dit-il, boycottera toutes les activités où sera présente la présidente de la République.

Le secrétaire général du Mouvement militant mauricien, Ajay Gunness, soutient de son côté que son parti fera de nouveau une demande pour que la présidente parte avant le 12 mars. «Le Premier ministre et la présidente ont pris le pays en otage. Et tout cas, Pravind Jugnauth n’assume pas ses responsabilités.»

Pour Aurore Perraud, du Parti mauricien social-démocrate, le fait que la présidente démissionnera de son plein gré veut dire qu’elle va conserver tous ses privilèges. «Elle sera toujours protégée par la loi. C’est une forme d’impunité.» Le président du Mouvement patriotique, Alan Ganoo, constate, lui, que le compromis trouvé entre le Premier ministre et la présidente ternit la réputation de notre pays.

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Un nouveau scandale défraie la chronique depuis le mercredi 28 février à Maurice. Cette fois-ci cela concerne ni plus ni moins la garante de notre Constitution, son excellence Ameenah Gurib-Fakim, présidente de la République. Elle a dépensé plusieurs centaines de milliers de roupies pour des achats personnels, entre autres, sur une carte de crédit Platinum offerte par la Planet Earth Institute, la fondation d’Álvaro Sobrinho, homme d’affaires angolais hautement controversé. Retrouvez tous les articles concernant cette affaire dans notre dossier spécial : Platinum Card. Une enquête exclusive de l’express.

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