Mères célibataires: ce que dit la loi lorsque papa met les voiles…

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Cela fait trois ans depuis que Marie vit à l’étranger avec sa fille.

Cela fait trois ans depuis que Marie vit à l’étranger avec sa fille.

Que se passe-t-il lorsqu’un homme abandonne le toit conjugal ? La réponse est simple : rien. C’est ce que font ressortir les mères célibataires comme Marie, qui a dû se battre contre vents et marées pour avoir la garde de sa fille. Cette mère revient sur son histoire et sa bataille qui a commencé lorsque son compagnon l’a quittée.

Cela fait trois ans depuis que Marie vit à l’étranger avec sa fille. Elle s’est séparée de son mari alors que son enfant était âgé d’un an et demi. «Il me battait, il me trompait et ne faisait rien à la maison», raconte cette mère. Huit ans plus tard, lorsqu’elle trouve à nouveau l’amour, elle s’est vue dans l’obligation de dépenser des fortunes en frais d’avocats pour avoir le droit de quitter le pays avec sa fille.

À l’époque, Marie qui était employée dans un centre d’appels, explique qu’elle a, dans un premier temps, fait la demande aux autorités concernées afin d’obtenir une aide légale. «Je galérais déjà car j’avais toutes les dépenses de la petite à mes frais. J’étais à la fois maman, papa, chef de famille, celle qui prenait les décisions, qui faisait les devoirs, qui m’occupait de la maison et de tout le reste. Je me sentais mal à l’aise d’avoir à demander de l’aide à mon nouveau conjoint.» Mais comme son salaire était légèrement au dessus du seuil requis pour toucher une aide légale, elle a dû mettre la main à la poche pour entamer ses démarches.

Déterminée à aller de l’avant et, grâce au soutien financier de son nouveau conjoint, Marie retiendra les services d’un avocat et d’un avoué dont les honoraires ne lui coûteront pas moins de Rs 45 000. «Il m’a également fallu payer un huissier étant donné que mon ex-mari travaillait et rentrait chez lui aux alentours de 17 et 18 heures.»

Marie raconte que depuis sa séparation avec le père de sa petite fille, ce dernier a rendu visite à l’enfant uniquement deux fois. Ensuite, poursuit-elle, il n’y a plus eu de ses nouvelles ni aucune contribution de sa part. «Je voulais divorcer et avoir la garde exclusive de ma fille car je me suis toujours occupée d’elle seule. Je ne voulais pas de son argent ni de son mea culpa. Mon avocat avait refusé de plaider pour la déchéance de ses droits et de la garde exclusive car selon lui les juges trouveront que cette mesure trop extrême et que cette démarche serait de longue haleine.»

Le procès débute et au bout de plusieurs mois Marie parvint enfin à obtenir son divorce. Mais toujours pas la garde de sa fille. Le papa s’y objectait à chaque fois, et la bataille a continué. Elle a donc sollicité les services d’un nouvel avocat pour que sa fille puisse au moins quitter le territoire mauricien avec elle. «Mon avocate m’a alors conseillé d’essayer de le convaincre par d’autres moyens. Car à Maurice, même si un père s’absente pendant de très longues années cela n’est pas considéré comme une faute grave et il peut partir et revenir quand il le veut.»

Suivant les conseils de son avocate, c’est sans surprise que son ex-mari a cédé face à un échange financier et a signé les documents. Marie obtient, de son côté, un affidavit certifiant son autorité parentale exclusive tant qu’elles seront à l’étranger. Son ex-conjoint a quand même obtenu un droit de visite et d’hébergement, ce qu’il n’a jamais fait après le procès et lors des vacances de sa fille au pays.

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