Douanes: Rs 2,9 Mds de drogues saisies en 2017

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 Vingt kilos d’héroïne, dissimulés dans deux compresseurs, ont été découverts à bord d’un autre bateau en provenance de Durban, le 24 mars 2017.

Vingt kilos d’héroïne, dissimulés dans deux compresseurs, ont été découverts à bord d’un autre bateau en provenance de Durban, le 24 mars 2017.

C’est un combat sans précédent que mène le gouvernement contre la drogue. L’année dernière, le service des douanes de la Mauritius Revenue Authority (MRA) a intercepté 262, 6 kilogrammes (kg) de drogues, toutes catégories confondues, d’une valeur totale de Rs 2,9 milliards. C’est ce qui ressort des statistiques recueillies auprès du département des douanes. Au hit-parade des drogues saisies figure l’héroïne. Au total, 186 494 grammes ont été saisis pour une valeur de Rs 2,78 milliards.

L’héroïne est talonnée par la drogue synthétique, en se basant sur la valeur marchande. Au total, 8,321 kg d’héroïne, estimés à Rs 71, 9 millions, ont été interceptés. Le cannabis se trouve, lui, à la troisième place. Quelque 64,5 kg de gandia, d’une valeur marchande de Rs 38, 7 millions, ont été saisis en 2017. Le haschisch et la cocaïne figurent, eux, à la quatrième et cinquième place respectivement. Quelles sont les mesures mises en place ?

La Customs Anti-Narcotics Section : Du côté de la MRA, on affirme que pour détecter et intercepter toutes ces cargaisons de drogues à l’aéroport et au port, le département des douanes a dû être renforcé. En effet, plusieurs mesures ont été mises en place. Tout d’abord, la Customs Anti-Narcotics Section a été créée pour effectuer des missions de surveillance et d’intelligence sur une base 24/7.

Deux bateaux puissants : Le MRA Customs dispose de deux bateaux puissants – le Fast Interceptor Boat (FIB) et le Rigid Hull Interceptor Boat (RHIB) –, utilisés pour patrouiller le long des côtes et à l’extérieur du port, où les navires sont ancrés pour le bunkering, le transbordement ou encore le chargement de l’équipage. Le FIB est également utilisé pour la surveillance et l’intervention à l’intérieur et à l’extérieur du port jusqu’à une distance de 100 miles nautiques, afin de lutter contre le trafic de drogue et la contrebande. La MRA dispose aussi d’un patrouilleur de 27 pieds utilisé pour les interventions à l’intérieur du port.

Un système de suivi des navires : Autre mesure : la mise en place d’un Vessel Tracking System, utilisé pour recueillir des informations sur les navires en temps réel : leur position, leurs itinéraires, leur type et des informations sur leur pays d’origine pour un meilleur ciblage. Des scanners sont utilisés aux différents points stratégiques, notamment au terminal des passagers de l’aéroport de Plaisance, au Yu Lounge pour les jets privés, au Postal Office, à l’entrepôt de PATS, au terminal à conteneurs au port, aux Courrier Services et au Terminal Passengers Aurélie Perrine, au Quay D.

Des outils technologiques : Nous retrouvons également des outils technologiques. Parmi eux, le Portable Contraband Buster, qui indique la différence de densité entre l’article de contrebande et l’objet dans lequel il est caché. Mais aussi le Fiberscope, utilisé pour rechercher et détecter des lieux cachés, difficiles d’accès sur des navires, des avions, des véhicules et des marchandises. Ou encore des détecteurs de traces (trace detectors) pour les drogues ou explosifs et des dispositifs de détection à main.

Deux drones et dix chiens renifleurs : Récemment, la MRA a fait l’acquisition de deux drones équipés de caméras à infrarouge pour la surveillance aérienne afin de renforcer le contrôle existant dans le port et ses environs. Ceux-ci peuvent être utilisés dans des conditions climatiques défavorables. L’unité K-9 comprend dix chiens renifleurs qui sont déployés au port, à l’aéroport et au Postal Office, entre autres. Les douanes reçoivent, en temps voulu, des informations électroniques au préalable sur tous les colis transportés par les compagnies aériennes. «Cet échange d’informations a renforcé la gestion des risques de la MRA. Ce qui a permis de cibler efficacement les envois suspects », affirme-t-on du côté de l’organisme fiscal.

Collaboration nationale et internationale : En outre, à la MRA, on affirme collaborer avec des agences locales et internationales pour lutter contre le trafic de drogue. Notamment l’Anti-Drug & Smuggling Unit, Interpol, des organisations non gouvernementales, l’International Narcotics Control Board et l’United Nations Office on Drugs and Crime. D’ailleurs, il s’avère que la douane partage déjà des données et des informations disponibles avec d’autres agences nationales et internationales grâce à des protocoles d’entente avec plusieurs pays tels que l’Afghanistan, le Pakistan, la Corée du Sud, la Tanzanie, le Mozambique, Madagascar, les Comores, les Seychelles et La Réunion.

Des formations à Maurice et à l’étranger : Finalement, l’on souligne à la MRA que la formation joue un rôle prépondérant dans la détection des stupéfiants. Les douaniers reçoivent régulièrement une formation sur les «Drugs Interdiction Techniques», à Maurice comme à l’étranger. Au total, 32 agents ont été formés aux techniques de surveillance et d’intervention par les douanes françaises, en 2016 et 2017. Les représentants de la Drug Enforcement Agency des États-Unis étaient récemment dans les locaux de la Customs House pour dispenser une formation, étalée sur deux semaines, ayant trait aux enquêtes sur les stupéfiants.

Ce que projette la MRA Customs :

  • L’acquisition, en 2018, de trois autres patrouilleurs, soit un FIB et 2 RHIB, pour renforcer la Boat Unit. Cette unité sera ainsi composée d’une flotte de cinq bateaux. Des agents sont actuellement formés par la National Coast Guard en vue d’apprendre à manoeuvrer ces engins.
     
  • L’achat d’un scanner mobile pour le port et de quatre low bed scanners pour renforcer le contrôle au niveau du fret.
     
  • L’installation de 100 nouvelles caméras de surveillance pour augmenter le contrôle et la surveillance de toute la zone portuaire et d’autres zones contrôlées par les douanes.
     
  • Le renforcement de l’unité K-9, avec l’acquisition de 14 chiens renifleurs d’ici 2021. Certains d’entre eux seront utilisés pour détecter des devises.
     
  • La mise en oeuvre de l’Advanced Passenger Information System et du Passenger Name Record avec d’autres organismes gouvernementaux, notamment le bureau du Premier ministre et le département de l’aviation civile. Cet outil permettra à la douane d’obtenir des informations sur des passagers à la réservation du billet d’avion, pour la gestion des risques et le ciblage des passagers suspects.
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