Bharat Karnad: «L’objectif de l’Inde: s’approprier l’océan Indien»

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Bharat Karnad est professeur d’études sur la sécurité nationale, ancien membre du National Security Advisory Council, et formateur en stratégie nucléaire auprès de l’armée indienne.

Bharat Karnad est professeur d’études sur la sécurité nationale, ancien membre du National Security Advisory Council, et formateur en stratégie nucléaire auprès de l’armée indienne.

Agaléga couvert sous un épais manteau de mensonges et de demi-vérités. Alors que les spéculations ont repris de plus belle sur la cession de l’île à l’Inde, Menteur Menteur apporte la preuve que des militaires indiens sont déjà très actifs dans l’île. L’émission a publié deux correspondances qui démontrent que l’Inde a dépêché trois militaires auprès de l’Outer Islands Development Corporation pour assister à la construction de la jetée et de la piste d’atterrissage sur Agaléga.

Pour boucler son enquête, la production s’est rendue à New Delhi où elle a rencontré Bharat Karnad, professeur d’études sur la sécurité nationale, ancien membre du National Security Advisory Council, et formateur en stratégie nucléaire auprès de l’armée indienne. 

Pourquoi l’Inde considère-t-elle l’océan Indien comme étant d’une portée stratégique ?

L’Inde est située à cheval sur l’océan Indien. La particularité de cet océan est qu’il est fermé avec des délimitations précises, contrairement aux océans Pacifique et Atlantique qui s’étendent jusqu’aux pôles. L’océan Indien est bordé par des surfaces et, donc, l’Inde est située juste au milieu.

Quelques années de cela, les Chinois avaient déclaré que le nom est peut-être Indian Ocean, mais en aucune façon India’s Ocean. Donc, je crois que cela devrait être le plus grand objectif stratégique de l’Inde : faire de l’Indian Ocean lndia’s Ocean.

Vous écrivez dans votre livre que l’Inde aurait déjà dû installer une base militaire à Agaléga. Et vous dites que c’est ce qui est mentionné dans l’accord signé en 2015 entre sir Anerood Jugnauth et Narendra Modi. Pourtant, à Maurice, rien n’indique pour l’heure que tel est le cas ?

Nous sommes en train de parler d’Agaléga, formé de deux îlots – les îles du Nord et du Sud. Ces deux îles sont uniques dans le sens où la profonde baie donne un très bon positionnement naval pour nos navires. L’autre îlot a une piste d’atterrissage qui peut accueillir des avions militaires ; et on peut étendre la piste. Je suis assez confiant de dire que ce sont des infrastructures destinées à l’usage militaire.

Le gouvernement Modi a parlé de Greater India ; les personnes vivant hors de l’Inde, comme aux Seychelles et à Maurice, sont une extension de l’Inde. Donc, c’est dans notre intérêt de garantir leur sécurité. C’est un concept généralement admis depuis le temps de sir Anerood Jugnauth, alors Premier ministre.

Mais en nous basant sur des questions parlementaires et des déclarations officielles, nous avons compris qu’il s’agit simplement d’une piste d’atterrissage et d’une jetée pour les civils. Donc, vous insinuez qu’il y a des parties cachées dans cet accord ?

Écoutez, je ne sais pas ce qui a été dit dans votre Parlement. Honnêtement, je ne sais pas. Je ne sais pas ce que le gouvernement dit sur l’utilisation d’Agaléga, etc. Mais vous devez sûrement être au courant que Maurice a toujours bénéficié des tax treaties. Il y a toujours eu des échanges de faveur où Maurice a bénéficié des avantages commerciaux.

Ce que vous dites, donc, c’est qu’Agaléga est une contrepartie du traité de non double imposition entre l’Inde et Maurice ?

Non, je ne dis pas contrepartie. On pourrait appeler ça compromis. Je dis tout simplement que les pays ne font pas de faveurs sans aucune raison. C’est du bon sens. De toute façon, il y a toujours eu des accords secrets entre pays et ça sera toujours le cas, surtout lorsqu’il s’agit de sujets sensibles. Aucun pays ne veut avouer la vérité…

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