La police mauricienne: 50 ans au service de la patrie

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On les connaît du nom de leur sigle: SMF, CID, ERS, VIPSU ou autres RSU. La force policière, aussi bien que ses différentes unités, accompagne l’île Maurice indépendante depuis un demi-siècle. Plongeons dans son histoire…

Les origines de notre police remontent au début du 18e siècle, à l’ère coloniale française. Une histoire étalée sur 250 ans, dont l’anniversaire a été célébré avec éclat en août dernier. Après deux siècles sous tutelle française et britannique, la Mauritius Police Force prend en main sa destinée à l’aube de notre Indépendance. Pour servir la patrie.

Une des préoccupations majeures des autorités en 1968 est la fragilisation du tissu social du pays suivant les élections générales de 1967, qui avaient scindé le pays en deux camps, et suite aussi aux bagarres raciales opposant deux composantes importantes de notre jeune nation en devenir. George Bernard McCaffery, commissaire de police en poste, assure la transition et passera le témoin la même année à Jacques Ribet, le deuxième fils du sol à assumer les responsabilités de chef de la police.

La force policière est constituée alors d’un contingent de 1 600 éléments, regroupant la branche régulière, l’unité paramilitaire (la Special Mobile Force), l’unité anti-émeute (la Police Riot Unit), le bureau chargé de recueillir les informations sensibles à la sécurité de l’État (la Special Branch) l’orchestre de la police (Police Band), les branches responsables de l’investigation criminelle (Central Investigation Department), le trafic, et le Bureau chargé de l’immigration et de l’émission des passeports.

Le recrutement de nouveaux policiers sera enclenché avec l’embauche d’un premier groupe de 67 jeunes, pour la plupart âgés de 18 ans, et tous détenteurs d’un School Certificate. Cela se poursuivra annuellement, pour permettre à la police nationale de répondre aux aspirations de notre société et pour assurer un service de proximité. Ainsi, de nouveaux postes de police sont créés à Maurice, à Rodrigues et à Agalega.

De nouvelles unités, spécialisées, sont introduites, notamment l’Emergency Response Service, la Road Safety Unit, la Family Protection Unit, la Very Important Person Security Unit, la Prosecution Unit, l’Information Technology Unit, la Medical Unit, la police de l’Environnement, la police du Tourisme, la police des Jeux, la Brigade des mineurs et, récemment, la Police Research and Development Unit.

Contrairement à la grande majorité des États indépendants, notre pays ne possède pas d’armée. Et pour assurer sa sécurité, cette responsabilité est attribuée à la Special Mobile Force, créée en 1960 alors que le pays est encore une colonie. Cette unité paramilitaire eut pour premier commandant mauricien, en 1978, le colonel Dan Bhima. Elle a connu une expansion significative au cours de ces dernières décennies.

Calquée sur le modèle anglais, pays où nombre de ses officiers ont été formés, notamment à l’Académie militaire de Sandhurst, cette unité a bénéficié aussi de l’expertise des militaires français. Ces derniers aidèrent à mettre sur pied la MobileWing et plus tard le Groupe d’intervention de la police mauricienne, une unité d’élite pour manoeuvres périlleuses. D’autres unités ont été introduites, notamment l’Explosive Unit, l’Engineering Troop et un groupe de commandos entraînés pour opérer dans des situations à haut risque.

Afin d’assurer un contrôle sur sa zone économique exclusive, immense, la police a bénéficié dans un premier temps d’un bateau patrouilleur, le M.N.S Amar, en 1974 – un don de l’Inde. L’équipage, composé de policiers locaux, a été formé dans une académie navale indienne. La Garde-côte nationale (NCG) a été officiellement lancée en 1987. Elle est aujourd’hui en pleine expansion.

La NCG s’est dotée en 1990 d’un Maritime Air Squadron avec une flotte d’avions, dont un Defender et des Dorniers utilisés en appui pour des sauvetages ou en mission pour des recherches dans l’océan. Ces avions servent également pour des voyages à Rodrigues et à Agalega. 

Le don de l’hélicoptère Alouette en 1974, du gouvernement français, a permis la création d’une Helicopter section. Cette section, basée à Plaisance, est maintenant dotée d’une flotte d’hélicoptères de fabrication française et indienne, avec pour personnel des pilotes et des techniciens utilisés pour des opérations de secours ou pour des manoeuvres de sécurité. 

La particularité de la police mauricienne, qui est unique au monde, c’est qu’elle regroupe en son sein et sous sa commande toutes les forces de sécurité du pays opérant sur terre, en mer ou dans l’air. Avec l’avantage que son personnel est formé pour être polyvalent et peut être utilisé sur différents fronts dépendant des exigences du moment.

Parfois, on ne réalise pas assez l’importance du rôle clef joué par les institutions comme le Bureau du commissaire électoral, le judiciaire, l’opinion publique et la police lors des élections, qui a permis à la vox populi de s’exprimer librement quand elle est sollicitée. La présence de nos forces de l’ordre respectueuses des lois du pays a contribué grandement pour que la transition aux plus hauts échelons de l’État, entre différents gouvernements dans la foulée du verdict des urnes, se fasse plus d’une fois sans heurts et dans le respect des provisions constitutionnelles.

Au cours de son histoire étalée sur un demi-siècle, Maurice a été le théâtre de nombreux événements de grande importance impliquant des mouvements de foule conséquents, comme lors d’élections législatives; de meetings politiques publics; de rencontres sportives, dont les journées de courses hippiques. En l’occurrence, la police a su se montrer à la hauteur et a démontré sa maîtrise de la gestion des foules.

Maurice n’est pas épargné par des catastrophes naturelles, dont des cyclones, qui ont provoqué dégâts énormes, désolation et terreur dans leur sillage. Les victimes et leurs proches, et ceux qui ont tout perdu, gardent un mauvais souvenir de ces ouragans qui avaient pour noms Gervaise, Claudette ou encore Hollanda. Mais une fois encore le pays a su compter sur les pompiers, les policiers et les volontaires qui ont volé au secours de la population.

Dans d’autres événements tout autant dramatiques, comme les violences politiques ou syndicales, et les émeutes, la police a su ramener le calme et la sérénité dans la population et dans le pays. Rappelons- nous des douloureux moments comme les émeutes de février 1999 ou de l’incendie criminel du casino l’Amicale.

La police est en permanence à la disposition du public et ses tâches sont en augmentation. Des requêtes pleuvent aux Casernes centrales pour une présence policière dans les lieux publics, lors des célébrations religieuses ou des activités commerciales, entre autres. Autant leur présence et leurs services sont sollicités, les policiers ne sont pas à l’abri des critiques, notamment pour abus de pouvoir et brutalité. La critique est essentielle quand elle est constructive ; et cela permet de rectifier le tir, de s’améliorer, d’offrir un meilleur service et de se débarrasser des brebis galeuses. D’autant que le représentant de l’ordre se doit d’être un exemple pour le public et les jeunes en particulier.

Cela fait un demi-siècle que nos forces de l’ordre oeuvrent au service de la sécurité et de la paix dans notre république. Nous sommes reconnaissants envers ces hommes et femmes en bleu pour le travail effectué souvent au prix de beaucoup d’efforts, de sacrifices, de courage, d’abnégation et, des fois, au risque de leur vie.

Les défis demeurent, avec la recrudescence de crimes, la montée en puissance de la drogue, l’émergence de cybercrimes et de délits financiers. Pour faire face à cette situation, il est souhaitable que les autorités et la population respectueuse des lois en vigueur fassent bloc derrière notre police pour que notre pays soit toujours ce havre de paix où il fait bon vivre.

En 1968, la force policière était constituée de 1 600 éléments qui se retrouvaient dans différentes unités, comme la SMF, la Riot Unit, le Police Band ou le CID, entre autres.

La une de «l’express» du samedi 2 mars 1968.

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Les jeunes fermiers: entre diversification et mécanisation
Sans pour cela abandonner aucune autre de leurs activités, ou la culture de la pomme de terre, les jeunes fermiers se sont lancés dans celle du riz. Le jeudi 29 février 1968, ils avaient invité le consul des États-Unis, des ministres et autres députés à visiter une petite exploitation expérimentale de riz sur la propriété «Le Bosquet». Une variété de riz, la «Patna», y a été semée fin novembre 1967. C’est un don financier d’Oxfam qui a permis ce projet. Les jeunes fermiers espèrent une bonne récolte fin avril.

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