Chinatown: le livre d’histoire de Port-Louis reprend vie

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Il porte à merveille son nom. Chinatown est, en effet, un lieu privilégié par la communauté mauricienne d’origine chinoise, notamment en ce qui concerne le commerce. Et depuis mercredi, le lieu grouille de monde. La raison : des artistes mauriciens et étrangers sont à pied d’oeuvre pour redonner vie et des couleurs à Chinatown qui est en pleine phase de «revamping». Ils veulent avant tout lui permettre de retrouver un peu de sa gloire d’antan. Cette initiative revient à JP Lam (photo), un enfant de la localité…

Le déclic

«Je suis né ici, à la rue Arsenal. J’ai grandi en jouant dans ces canaux en bordure de route quand ceux-ci étaient remplis d’eau», se souvient JP Lam, nostalgique. Et de se rappeler des maisons en bois, des laboutik sinwa avec leur architecture et couleurs propres à elles. Au fil du temps, ce quartier a vu plusieurs générations de familles mauriciennes d’origine chinoise s’y installer. Le premier à y habiter, à la rue Royale dans les années 1821, fut un dénommé Log Choissane, plus connu comme Hamyne. Plusieurs de ses compatriotes lui emboîteront le pas par la suite. C’est d’ailleurs une vague d’immigrations qui a conduit à la construction d’un «quartier chinois» qui finira par être baptisé Chinatown. Des moments de gloire, Chinatown en a connu des milliers. Surtout parce que les rues comme Dr Joseph Rivière, Emmanuel Anquetil ou encore Remy Ollier abritaient des commerces par excellence. On y trouvait de tout. La vente au détail et à crédit, où les comptes étaient notés dans des karné laboutik, à cette époque, rendait la vie moins dure aux habitants. C’était il y a plusieurs décennies. Désormais, Chinatown a perdu de son lustre d’antan. Commerces et bâtiments s’essoufflent alors que le quartier populaire de la capitale qui jadis grouillait de vie se vide peu à peu, laissant place à des espaces lugubres.

Après un séjour de plusieurs années à l’étranger, notamment à Shanghai, JP Lam décide de rentrer au pays. Ce fut la consternation lorsqu’il voit la décrépitude du quartier où il est né et a grandi. C’est à coups de pinceaux que JP Lam envisage, dans un premier temps, de remédier à cette situation. «Notre première étape a été celle de la mise en confiance. Nous avons pensé à redonner de la valeur à plusieurs endroits grâce à l’art», explique celui qui est aussi coordinateur à la New Chinatown Foundation.

Deux artistes chinois, Seven Chi et Yan Jian, travaillent de concert avec les Mauriciens Jeanyves Lonflé et Eric Laviolette pour redonner des couleurs aux bâtiments. D’autres artistes, jeunes, étudiants et aussi bénévoles continuent à se joindre à cet élan qui, précise Jeanyves Lonflé, fait également la promotion de cet échange et du mélange des influences, qui demeurent les points forts de Chinatown.

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